22 janvier 2012

La France doit rester en Afghanistan

La propension de nos hommes et femmes politiques, de nos dirigeants, à réagir rapidement à des actualités authentiquement dramatiques par des mesures destinées clairement à contenter une population choquée, de manière légitime, montre à quel point la classe politique de notre pays ne réfléchit plus qu'en termes d'impacts sur l'opinion et de gains électoraux. L'électoralisme a tué le courage politique.

L'actualité la plus récente nous en donne un exemple de choix. La mort de quatre de nos soldats en Afghanistan a soulevé une émotion certaine, entretenue par les réactions immédiates des candidats Sarkozy et Hollande appelant à un retrait anticipé des troupes. Cet évènement est bien entendu des plus regrettables. Mais doit-il entraîner, en conséquence, un retrait anticipé ?


On a vu les journaux télévisés interroger les passants, préoccupés par des questions bien plus concrètes, comme les multiples augmentations de ce premier mois de l'année ; et la conclusion est assez claire : la population semble réclamer ce départ. Et certains s'autorisent même à dire qu'il est temps que nos soldats cessent de mourir pour rien. Un propos entretenu par les rhétoriques populistes des candidats à la Présidence (ce que nos responsables politiques sont de la naissance à leur mort aujourd'hui). Nos soldats ne sont pas morts pour rien, et la mort récente de ces quatre français montre bien que notre mission en Afghanistan est inachevée. Les talibans sont là, dans l'ombre, prêts à reconquérir le pays dans les semaines qui suivront le départ des troupes occidentales.

Un retrait anticipé, qui accélérerait le retour des talibans, un retrait anticipé qui abandonnerait les peuples afghans à la folie fanatique de ces intégristes, voilà une décision qui ferait des quatre-vingt deux soldats français morts pour la Liberté des morts inutiles. Des morts pour rien.

Ce serait là un hommage indigne. Les devoirs de la Nation française sont grands : nous sommes le pays des Droits de l'Homme, de la Liberté, de la Démocratie. Le pays de la République. Le pays des Lumières. Notre premier devoir vis-à-vis de nos frères sur toute la Terre est de combattre à leurs côtés face aux Ténèbres et à l'obscurantisme. Si la France abandonne son devoir, si elle abandonne ses rêves, elle trahit son Histoire et sacrifie son identité.

L'émotion légitime que nous pouvons tous ressentir face à ces drames ne peut pas justifier un retrait de nos troupes. La politique ne consiste pas à réagir à l'actualité immédiate, elle consiste à faire les meilleurs choix en ayant pour seul boussole l'intérêt de la France et de son peuple, des idéaux et des rêves pour lesquels des milliers d'hommes sont morts durant toute notre Histoire. Quatre-vingt deux drames ne peuvent justifier d'abandonner ces combats pour lesquels tant d'hommes sont morts avant eux.

Au contraire, ces drames doivent nous faire réagir et nous faire comprendre que notre mission n'est pas achevée, et que nous échouons actuellement. Plutôt qu'un retrait, ce drame doit échauffer nos âmes françaises et nous pousser à désirer ardemment la paix et la liberté pour des peuples afghans que nous ne pouvons abandonner au fanatisme des talibans. Quatre de nos soldats sont morts, mais combien d'afghans mourront si nous les abandonnons ? Le peuple d'Afghanistan ne pourra pas, lui, se retirer de son propre pays. Il devra se battre, et mourir, seul, abandonné par des occidentaux apeurés par des guerres qui tuent.

Oui, la guerre en Afghanistan a tué des soldats français. Mais leur mort n'était pas inutile, ils se battaient pour la Liberté et pour la France, non pour son territoire mais pour ses rêves. Un retrait anticipé serait une insulte à ces quatre-vingt deux morts. Le plus grand hommage que la Nation peut leur rendre est de continuer la mission pour laquelle ils se sont battus pendant dix ans, pour laquelle ils sont tombés, de la mener jusqu'au bout et de faire de leurs sacrifices les éléments héroïques d'une conquête de la Liberté et de la Démocratie.

N'oublions pas : nous battre pour la Liberté d'autrui est la meilleure façon de défendre notre propre Liberté.

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