25 février 2012

Du bon usage du référendum

"Tout pour le peuple et par le peuple"
Nous entendons beaucoup parler ces temps-ci, suite aux propositions du candidat Nicolas Sarkozy, de l'outil référendaire. Et, dans le même mouvement, cela n'est pas une surprise pour nous autres, nous voyons les médias et certains citoyens se ruer sur le vieux raccourci qui allie médiocrité historique et malhonnêteté intellectuelle : "Attention, bonapartisme : la démocratie en danger !".

Quelle réflexion médiocre. La proposition de Nicolas Sarkozy est très éloignée des conceptions bonapartistes. Alors, qu'est-ce qu'un référendum bonapartiste ?

Bien entendu, le référendum ne doit pas s'occuper de sujets trop flous et encore moins de sujets qui diviseraient les français. Le référendum doit pleinement s'inscrire dans sa filiation plébiscitaire et revendiquer sa fonction "unificatrice" : contrairement aux élections présidentielles où les majorités sont contingentes et relatives, les majorités référendaires sont des majorités réelles et transpartisanes (comme le référendum de 2005 sur la Constitution européenne nous l'a magistralement prouvé) : que le candidat François Hollande ose dire que l'élection présidentielle est le seul référendum important montre bien le peu d'intérêt qu'il a pour un authentique rassemblement du peuple français, et combien il chérit la République des partis, régime inique qui volerait en éclat si le peuple reprenait ses droits souverains, notamment par le référendum.

Il est de surcroît complètement contre-nature d'envisager le référendum dans des logiques électoralistes et contingentes comme le fait le candidat Nicolas Sarkozy qui le propose en vue de se faire élire mais aussi dans l'anticipation d'une "cohabitation" avec un Sénat dominé par le Parti socialiste. Le référendum sarkozyste est un outil partisan et cynique là où le référendum bonapartiste est un outil national et civique.

Un outil national parce qu'il forge une réelle majorité transpartisane et invite la Nation souveraine à gouverner directement son destin. Mais aussi un outil civique en ce que le référendum ouvre un espace concret de réflexion politique. L'un des principaux arguments avancé par les pseudo-démocrates adversaires du référendum est le suivant : "Mais, nous n'allons pas demander l'avis au peuple, il n'y connaît rien !". On voit l'estime que ces gens portent au peuple, pourtant seul souverain légitime en ce pays. Mais surtout ils ne comprennent pas que le référendum est l'outil le plus puissant d'éducation politique et d'instruction civique : le recours au référendum c'est l'assurance de plusieurs semaines de campagnes et d'un véritable dialogue citoyen.

Aujourd'hui, nos politiciens instrumentalisent l'opinion à travers les manifestations de rues et les sondages, outils relatifs, antidémocratiques et ne représentant rien, si ce ne sont des intérêts partisans et relatifs. Ils utilisent l'opinion et craignent le peuple ; car quand l'avis de celle-là est aisé à travestir et à manipuler, la souveraine décision de celui-ci est incontournable. L'opinion est manipulée, le peuple éduqué : voilà la différence. Et c'est par le référendum, qui ouvre un espace de discussions, et donc d'éducation, et qui, surtout, responsabilise les citoyens en leur donnant prise direct sur leur destin, que nous transformerons une masse informe d'électeurs en un peuple souverain constitué de citoyens responsables et libres.

Tout pour le peuple et par le peuple.
Vive le référendum. Vive le peuple français.

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