23 avril 2012

Premier tour : quelques vérités à rétablir, quelques enseignements à tirer, et un bonapartisme à rénover





Le premier tour de l'élection présidentielle s'est déroulé hier, 22 avril, et les résultats définitifs ont été proclamés aujourd'hui par le Conseil constitutionnel : François Hollande (28,63%) arrive en tête, coiffant de peu Nicolas Sarkozy (27,18%), premier président sortant à arriver en seconde position ; derrière le duo qui disputera le second tour se tiennent Marine Le Pen (17,90%), Jean-Luc Mélenchon (11,11%) et François Bayrou (9,13%). Enfin, les "petits candidats" ferment la marche : Eva Joly (2,31%), Nicolas Dupont-Aignan (1,79%), Philippe Poutou (1,15%), Nathalie Arthaud (0,56%) et Jacques Cheminade (0,25%) qui recule de trois centièmes par rapport à 1995 ...

Toute la presse nationale et même internationale commente l'évènement dans tout les sens, et c'est à la fois légitime et nécessaire. Je me permets ici cependant de corriger quelques informations sur la base simple et efficace des faits historiques, ainsi que de dresser les principaux enseignements qu'il faut tirer, pour nous français mais aussi, et surtout, pour nous bonapartistes, dont le devoir, dès aujourd'hui, est de reprendre le flambeau souverainiste pour lui rendre l'éclat qu'il a perdu.



Quelques vérités


La première vérité qu'il faut rétablir, et cela à tout prix, est la dramatisation excessive autour du score de Marine Le Pen : certes, 17,9% pour l'extrême-droite en France est une tache honteuse sur notre drapeau, mais pourtant il est faux de dire qu'il s'agit là d'un score historique comme si la Droite ultra-radicale et nationaliste ne cessait de progresser inexorablement en France. En 2002, le total des voix d'extrême-droite (Jean-Marie Le Pen et Bruno Mégret) atteignait 19,2% des voix, un score autrement historique. Il y a, en effet, environ un million de plus pour Marine Le Pen en 2012 qu'il n'y en avait pour son père au second tour de 2002, passant approximativement de 5,5 millions à 6,4 millions : mais en dix ans, cinq nouveaux millions de Français se sont inscrits sur les listes électorales. Il faut donc raison garder, continuer à lutter activement contre le Front National, mais ne surtout pas dramatiser ou penser la France à jamais perdue dans l'intolérance et l'extrémisme.

La seconde vérité est du même ordre, mais concerne l'autre côté de l'échiquier politique, en l'occurrence Jean-Luc Mélenchon : ce dernier totalise 11,11%, ce qui est une défaite pour les troupes néo-communistes (et on pourrait clairement s'en réjouir si le Front National n'était pas si haut). Les médias, et Mélenchon lui-même, présentent le Front de Gauche comme une nouvelle force politique, la seule qui ait percée dans la campagne : en réalité, elle n'a rien de nouveau. En 2002, de nouveau, les forces cumulées de l'extrême-gauche totalisaient 13,81% des suffrages (Arlette Laguiller, Olivier Besancenot, Robert Hue et Daniel Gluckstein) ; aujourd'hui, en 2012, NPA et LO récoltent des suffrages minimes (respectivement 1,15% et 0,56%) tandis que Mélenchon réussit le tour de force, non de faire naître une nouvelle force de Gauche radicale, mais de réunifier la diaspora marxiste et communiste : si on additionne FdG, NPA et LO on obtient d'ailleurs 12,82%.

De même, pour continuer la démonstration, François Bayrou totalise aujourd'hui 9,13% avec un clair décrochage d'une partie de son électorat vers Hollande (ou, dans une moindre mesure, Sarkozy). Qu'en était-il en 2002 ? Bayrou récoltait alors 6,84% des suffrages, mais avec la candidature dissidente du libéral et centriste Alain Madelin, qui récolta 3,91% : l'ensemble donne 10,75%, et si on intègre la désaffection d'une partie des libéraux vers le candidat de l'UMP, on peut affirmer que Bayrou retrouve son socle de 2002, somme toute le poids réel de ce centre mou dans la vie politique française.

Ainsi, le peuple français n'a guère bougé depuis 2002 : l'intense élection de 2007 avait fait bougé les lignes, celle 2012 les a rétablies à peu près là où elles étaient il y a dix ans.


Quelques enseignements


Et maintenant, les enseignements, pour nous, bonapartistes. La candidature de Nicolas Dupont-Aignan rassemble sur elle 644 096 voix, soit 1,79%, score décri par la presse comme "honorable" : à mes yeux, il peut l'être en effet, dans une vision purement arithmétique et bassement politicienne, mais il est avant tout le score d'une grave défaite ! Nicolas Dupont-Aignan n'a pas su proposer des alternatives fortes, construites et audacieuses, s'égarant dans son délire anti-euro à la fois flou et faible dans l'argumentation. Où est la majorité du référendum de 2005 ? Certainement pas chez Nicolas Dupont-Aignan qui a mené une très mauvaise campagne, à la fois mauvaise sur le plan de la communication, des propositions et du positionnement : au lieu de rompre avec l'ancrage abusif du souverainisme dans la Droite radicale, NDA a assumé d'être de Droite ... Il récolte ce qu'il a semé : l'échec ! 


Et le score de Marine Le Pen, rassemblant elle 6 421 773 voix, soit 17,90% (dix fois que Dupont-Aignan), est une menace pour le souverainisme : perdus dans le délire frontiste, les souverainistes et patriotes authentiques, majoritaires dans le triste vote FN, se perdent eux-mêmes, et perdront, à terme, l'âme du souverainisme, et celle de la France. Nicolas Dupont-Aignan, en cherchant plus à chasser sur les terres de Le Pen qu'à chasser Le Pen et son souverainisme en réalité anti-patriotique, contraire à tout les principes fondateurs de notre Nation, a assumé le positionnement dans la Droite radicale, se présentant presque comme "gentille" alternative à Marine Le Pen. Ainsi, fait significatif, dans son bastion de Yerres (ville dont il est maire), Nicolas Dupont-Aignan est arrivé en tête avec 24,88% des suffrages, devant François Hollande (24,48%) : la chose importante à noter est les scores nettement en dessous des moyennes nationales de Nicolas Sarkozy (19,53%) et surtout de Marine Le Pen (11,61%) : ceci indique bien que l'électorat de M. Dupont-Aignan n'est pas souverainiste, il est juste de Droite.


La candidature de Nicolas Dupont-Aignan finit comme elle a commencé, dans le ridicule. Et nous ne pouvons accepter de voir le souverainisme sur cette pente fatale qui le conduit à la mort, nous ne pouvons accepter de devoir choisir entre un brouillon ridicule et une populiste extrémiste ! Le souverainisme n'est ni à Droite ni à Gauche, et encore moins aux extrêmes ! Le souverainisme doit être refondé, autour d'une grande idée, ambitieuse, audacieuse, humaniste et authentiquement française : l'idée bonapartiste.


Un devoir : le renouveau


C'est en rénovant le souverainisme autour des bonapartistes de leurs combats humanistes, progressistes et démocratiques que nous parviendrons d'une part à faire reculer le vote FN en ramenant les souverainistes perdus à la raison, et d'autre part à rassembler sur une candidature forte tout ces patriotes sincères qui ne peuvent pas se reconnaître dans le populisme au rabais de Dupont-Aignan ou le celui, empoissonné, de Le Pen.

Les souverainistes résistants que nous sommes, nous bonapartistes, devons nous réunir autour d'une idée bonapartiste rénovée et modernisée, afin de construire un vaste rassemblement bonapartiste clairement situé au-dessus des partis, s'inscrivant dans une tradition historique claire, s'érigeant en principal défenseur et de la Démocratie et de la France. Nous réconcilierons les Idées comme les Hommes, et nous proposerons un rassemblement audacieux et fort qui rompra avec la succession des rassemblements mous et consensuels du centre de messieurs Bayrou ou Hollande.

La politique française change de formes mais non de fonds : nous l'avons vu, les rapports de force dans le paysage politique demeurent à peu de choses près les mêmes qu'en 2002, quant aux visages ils changent mais les clans, les réseaux et les dogmes eux demeurent.


Un symbole d'ambition à réhabiliter.


Le bonapartisme a le devoir de se lever, de se rénover, et de se présenter avec sincérité aux français. L'heure de la résurrection du bonapartisme a sonné, mes amis ! Et l'heure de la rénovation du souverainisme doit advenir pour le bien de la France, de la République et du Peuple. Il nous faut réagir ou accepter de voir le souverainisme se fondre et mourir dans la Droite radicale, tout comme le bonapartisme était mort aux lendemains du Second Empire en vendant son âme aux passions ordinaires de la politique conservatrice. Le temps du renouveau est là : à nous bonapartistes, de balayer les paléo-souverainistes et d'assumer notre devoir, historique, citoyen et politique. Balayons les extrêmes, effaçons les haines, réconcilions les Français, et reconstruisons la France : une France redressée, moderne, audacieuse et conquérante au service de l'Humanité.

La France sera souveraine ou ne sera pas.
Le souverainisme sera bonapartiste, ou cessera d'être !

Vive la République.
Vive l'Empereur.
Vive la France.

Tout pour le peuple, tout par le peuple.

PS : merci aux lecteurs de plus en plus nombreux de ce blog ; partagez nos idées et ce blog, ensemble, réunis dans l'apaisement et l'ambition nous rénoverons le bonapartisme, nous reconstruirons le souverainisme et nous redresserons la France.

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