1 mai 2012

Honte aux diviseurs

Foule lors du 1er mai 1910

Aujourd'hui, premier jour du doux mois de mai, nous assistons à un grand spectacle de ridicule politique qui ne grandit pas une campagne de second tour nous ayant déjà prouvé toute la bassesse de notre caste politicienne. Nation française, combien de divisions ? Beaucoup trop ; en ce jour, notre Nation montre un visage de division et de fragmentation, honteusement instrumentalisée par des politiciens qui construisent leur pouvoir d'aujourd'hui sur la guerre civile de demain.

"Le 1er mai est rouge depuis toujours. Ceux qui sont attroupés avec la moitié folle là-bas devant la statue de Jeanne d'Arc ou avec Nicolas Sarkozy n'ont jamais rien fait d'autre que de nous combattre." Jean-Luc Mélenchon, toujours fidèle à lui-même malgré l'échec de sa candidature au premier tour de l'élection présidentielle (11%, sept points devant Marine Le Pen qu'il ambitionnait de dépasser). Quels propos honteux ! Cet homme, qui se targue d'humanisme et de tolérance, ne cesse d'insulter tant d'électeurs et de proposer une vision tellement simpliste de notre société : ainsi, les électeurs de Mme Le Pen et de M. Sarkozy seraient des adversaires du peuple des travailleurs ? 45% de français sont des rentiers, des fainéants et des adversaires du travail ? M. Mélenchon ferait mieux de disparaître du paysage politique français plutôt que de continuer à dire de telles sornettes.

Il est inacceptable d'entendre de tels propos ! Il n'y a pas une France autorisée à défiler le 1er mai et une autre à qui on l'interdirait ! Il n'y a pas une France du Travail et une France du Capital ! Il n'y a pas deux peuples adversaires, il n'y a qu'un seul et unique peuple français ! Semer la division comme le fait M. Mélenchon est honteux et dangereux. Il se gargarisait, avec ses troupes, de mener seul le combat contre le Front National, aspirant à le faire reculer de manière historique ? Jamais le FN n'a été aussi haut. Insulter des électeurs ne les ramène pas à la raison ; ce n'est pas en disant que Mme Le Pen est une "moitié folle" que ces électeurs ne voteront plus pour elle. Ce n'est pas en jouant la division de la France et l'éclatement de la Nation qu'on convainc les patriotes sincères perdus au Front National de revenir à la raison.

M. Mélenchon fait honte et à la politique et à la Nation. Qu'il pose donc ce drapeau rouge qu'il lève avec plaisir, qu'il taise l'International et baisse le poing : le temps est à l'apaisement, à l'unité dans la Marseillaise, afin de relever le drapeau tricolore piétiné par tant de luttes partisanes et politiciennes.

Face aux propos honteux de M. Mélenchon, qu'avons-nous pour redorer l'image de la politique française ? Un président de la République qui organise une contre-manifestation autour d'un pseudo "vrai" travail ? Le "vrai" travail : alors ceux qui n'adhèrent pas à ses idées sont les partisans d'un "faux" travail ? C'est la France des assistés bruyants contre la France des travailleurs silencieux ? Honte à M. Sarkozy, il brandit le drapeau tricolore mais le salit par ses discours ! Ainsi, il a commencé son discours par "Vous êtes 200 000 ! Vous êtes le peuple de France !". En plus de donner un chiffre invérifiable, cette phrase est très révélatrice de la politique actuelle : 200 000 militants font-ils un peuple ?

Autre chose ? Ah, Mme Le Pen ! Place de l'Opéra, comme toujours un discours plein de violence et de mépris. De nouveau, il y aurait une vraie France face à une fausse France ? Serait-ce le retour de l'anti-France de Charles Maurras ? Qu'est-ce qu'un vrai français ? De nouveau, la présidente du Front National joue la division et la violence. Tout est simplifié, tout est caricaturé, et elle parvient ainsi à charmer des souverainistes authentiques qui perdent leur âme dans cette alliance.

Tous, honte à eux, veulent profiter de la guerre civile, de l'éclatement de la société française. Pourquoi chercher à guérir nos divisions et à apaiser nos querelles quand ces dernières peuvent mener au trône présidentiel ou à un groupe parlementaire (quelles ambitions médiocres !) ?

Comment osent-ils se pavaner en représentants suprêmes de la France alors qu'ils ne représentent que des clans et des cliques ? Le peuple français a toujours eu horreur de ces prétentions : M. Mélenchon, M. Sarkozy ou Mme Le Pen feraient mieux de se taire plutôt que d'agiter les divisions d'une Nation malade. Quant aux syndicats, leur représentativité est minime dans le champ professionnel, et leur politisation extrême une honte.

Toutes ces structures, syndicales ou partisanes, jouent la Division contre la Nation. Honte à eux, ils jettent aujourd'hui sur la Fête du Travail une ombre indigne ; au lieu de se chamailler de manière grotesque, ne devraient-ils pas plutôt rendre hommage aux combats des travailleurs du passé grâce à qui nous vivons aujourd'hui comme des privilégiés alors qu'aux quatre coins de la Terre des enfants meurent sous le poids du travail ?

Honte aux divisions. Vive la Nation.

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