2 septembre 2012

Le chemin de Sedan (étude du programme de France Bonapartiste)

Napoléon abdiquant à Fontainebleau (Paul Delaroche)

Comme prévu lors de notre départ de l'Union Bonapartiste, le 15 août dernier, nous publions aujourd'hui, en ce cent quarante-deuxième anniversaire de la défaite de Sedan, une analyse complète de l'inquiétant programme de France Bonapartiste. On y découvre un programme brouillon et effrayant, mêlant ultra-conservatisme réactionnaire et ultra-libéralisme, manque d'audace et reprise des thèmes et des propositions récurrentes de l'extrême-droite radicale.

Entre fautes d'orthographes, élévation de la Russie de Poutine en modèle, matraquage fiscal, désengagement ultra-libéral de l'Etat, absence de propositions sur de grands thèmes bonapartistes (comme l'Europe et les institutions), le programme de France Bonapartiste transforme le bonapartisme en groupuscule marginal d'extrême-droite condamné à disparaître honteusement.

Il est de notre devoir de confondre et de combattre ces dérives afin que le bonapartisme ne s'enferme pas définitivement dans une défaite de Waterloo perpétuelle. C'est sur le chemin de la rénovation que brille le soleil d'Austerlitz. France Bonapartiste, c'est le chemin de Sedan.


Afin d'être synthétique et concret, nous résumerons les dangers représentés par les dérives du bonapartisme réactionnaire de France Bonapartiste en trois axes d'étude :
  1. Un silence assourdissant sur des problématiques authentiquement bonapartistes ;
  2. Un ultra-conservatisme réactionnaire, flirtant avec l'ultra-libéralisme ;
  3. Un matraquage fiscal aveugle qui anéantirait le pouvoir d'achat des français.
Nous ne consacrerons nulle partie aux nombreuses fautes d'orthographe et aux méconnaissances des réalités concrètes du terrain qui donnerait à notre article un ton professoral alors même que nous tenons à porter la querelle des bonapartismes sur le plan strictement politique, opposition légitime entre les partisans de la Réaction et ceux de l'Audace.

Nous invitons nos lecteurs eux-mêmes à découvrir, par la lecture du programme, ces passages où l'orthographe ("Nous refusons la dissolution de la France dans une Europe fédérale fondait sur le principe de l'argent, des régions et du mépris des peuples") comme la déconnexion d'avec le quotidien des français (instaurer des cours de mécanique, bricolage et cuisine au collège) sont ahurissants.

Animée de nos convictions bonapartistes, nous avons voulu faire de cette étude un exercice de précision, sacrifiant sur l'autel de la fidélité à nos idées une autre exigence, celle de la concision et de la brièveté. Nous proposons donc à nos lecteurs de lire, si nécessaire, cette analyse en plusieurs fois, le découpage en trois parties devant les y aider.

Nous mettons également à votre disposition cette analyse en format PDF (le téléchargement du document est en bas de la page).

Partagez cette analyse, diffusez là, soutenez là, et le bonapartisme ressuscitera.

I. Un silence assourdissant sur des problématiques authentiquement bonapartistes.


Deux flous particulièrement dramatiques car liés à des thèmes particulièrement bonapartistes nous semblent importants à mettre en lumière : l'absence de propositions sur l'Europe et sur les Institutions.

Sur l'Europe, le programme de France Bonapartiste se contente de nous servir l'image non argumentée d'une Europe de l'argent construite pour détruire les édifices nationaux. Une Europe "fond[ée] sur le principe de l'argent, des régions et le mépris des peuples". Une incantation qui ne fait guère avancer le débat.

Imaginant comme une force maléfique tournée contre les édifices nationaux, FB ne développe aucune critique originale de la construction européenne technocratique, alors même que celle-ci ne manque pas de défauts hautement condamnables. On y voit par exemple nulle référence aux traités européens, à l'Histoire de cette construction, au référendum victorieux du 29 mai 2005.

Au-delà de l'absence d'originalité dans le constat et le diagnostic, aucune alternative n'est posée. Aucune audace, aucun projet. Uniquement la défense très vague d'une Europe confédérale réduite aux six pays fondateurs. On commence déjà à entrevoir, malgré le flou de la proposition, la nature ultra-réactionnaire du programme de France Bonapartiste qui propose, pour tout avenir au rêve européen, un retour en arrière de 60 ans, proposant de revenir ainsi à l'Europe telle qu'elle était en 1952. Aveuglé par une haine anti-européenne, ce programme propose de détruire toute la construction européenne et de se borner à une Europe rassemblant seulement l'Allemagne, la France, l'Italie et le Benelux. Et le Danemark ? La péninsule ibérique ? La Pologne ? Le Royaume-Uni ? Pourquoi revenir à une union de pays à la composition induite par une guerre terminée depuis 20 ans ? Voilà une proposition purement réactionnaire, animée du pire anti-européanisme.

De surcroît, France Bonapartiste ose souhaiter "l'effondrement salutaire de l'Europe fédérale". Ne proposant aucune alternative sérieuse, FB se contente d'espérer un cataclysme européen, oubliant au passage que chaque effondrement des structures européennes ont mené, par le passé, à des drames sans précédent, que ce soit en 1914 ou en 1940. Cet espoir placé en un "effondrement salutaire" rappelle les heures douloureuses où l'effondrement de la France était une "divine surprise" pour l'extrême-droite.

Ce manque terrifiant d'importance accordée aux questions européennes se traduit dans un chiffre tout simple. Le programme consacre 4 pages à la Francophonie, sujet important mais secondaire par rapport à l'Europe, et seulement 10 lignes à l'idéal européen.

N'oublions pas que Napoléon Ier le Grand consacra son règne à la construction d'un système européen (unification juridique, unification monétaire, pacification générale, etc.), tout comme son neveu tenta toute sa vie de poser l'idéal d'un ordre européen de Nations souveraines unies dans la paix et le partage. L'idéal européen est un idéal bonapartiste. France Bonapartiste ne semble pas en accord avec nos Empereurs sur ce point ; où est la fidélité à notre héritage ?

Antieuropéen et réactionnaire, France Bonapartiste propose un retour aux années 50 et un repli passéiste de la France sur elle-même, alors même que la mondialisation rend plus que jamais pertinent le chemin d'une grandeur française retrouvée, d'une Nation souveraine par le biais d'une Confédération européenne démocratique respectant les indépendances nationales.

Découvrir les analyses de Renouveau Bonapartiste sur l'Europe :
- Renforcer l'amitié franco-allemande sans exclure les autres axes européens ;
- Quelles alliances pour quelles souverainetés ?

Le second volet de ce flou contre-bonapartiste pose la question des institutions. Le vague des propositions est là encore plus terrible, et de surcroît, l'originalité manque cruellement de nouveau dans ces rares propositions toujours non argumentées.

Retour au septennat présidentiel, fusion du Sénat et du Conseil économique et social en "chambre haute professionnelle" et suppression des régions, voilà tout ce que le programme de France Bonapartiste nous propose. On peut y ajouter les réflexions promises sur le vote obligatoire et le vote blanc. Mais des promesses de réflexions ne sont que des lâchetés quand il s'agit de définir un programme institutionnel bonapartiste, c'est-à-dire original, fort et audacieux.

Pour s'acheter une conscience, le programme reproduit intégralement une "Charte d'éthique des collectivités territoriales", littéralement pompée à l'association Anticor (association de lutte contre la corruption). Il reprend, évidemment, sans l'argumenter ni l'approfondir, le concept central de référendum : une position qui relève plus du dogme que de la proposition concrète. Et quoi de plus étranger à l'idée napoléonienne que le dogme !

Pour un programme qui ambitionne de "bouger la France", pas grand chose ne bouge dans les institutions de la Ve République, alors même que ces institutions posent des problèmes authentiquement bonapartistes, et que, de surcroît, il n'y a peut-être rien de plus bonapartiste que la construction d'un Etat conciliant l'efficacité et la démocratie. Aucune ligne sur les problèmes posés par le processus électoral de désignation du chef de l'Etat. Pire, aucune proposition d'alternative pour le système parlementaire alors même que le bonapartisme, par son héritage anti-parlementaire, est le mouvement du parlementarisme alternatif.

La République de France Bonapartiste serait une République réitérant les fautes du passé et ne résolvant pas les problèmes du présent. En bref, une République anachronique, dénuée de toute originalité et de toute audace nouvelle et rafraîchissante, alignant des propositions ni originales ni argumentées, ayant ainsi tout du dogmatisme. Pour un parti qui ose se prétendre héritier de Napoléon Ier le Grand, dont l'audace institutionnelle ne cesse aujourd'hui encore d'étonner, il s'agit là d'un comble.

Découvrir les analyses de Renouveau Bonapartiste sur nos institutions :
- Introduction au bonapartisme dynastique : une France impériale pour une France souveraine, une et indivisible ;

- Du bon usage du référendum ;
Repenser la campagne présidentielle ;
- L'élection présidentielle : un danger pour l'unité de la Nation ;
- Quelques leçons à tirer des élections législatives ;
- Quelques pistes de réforme pour notre Légion d'Honneur.


II. Un ultra-conservatisme réactionnaire, flirtant avec l'ultra-libéralisme.


La deuxième partie de notre étude contient peut-être les éléments les plus choquants et les plus dangereux du  programme de France Bonapartiste qui se fait souvent plus réactionnaire que les ultra-réactionnaires et plus libéral que les ultra-libéraux.

Nous l'avons déjà vu, la vision européenne de ce programme est ultra-réactionnaire, consistant à effacer un demi-siècle de construction européenne afin de revenir à la situation complètement anachronique d'une Europe à Six.

Il faut y ajouter une vision géopolitique ultra-conservatrice qui pose la Russie de Vladimir Poutine en modèle de grande puissance. Contestant la désignation de M. Poutine comme dictateur (que dire alors des arrestations d'opposants, de la torture ou des élections truquées ?), elle pose la Russie en grande puissance destinée à compter de nouveau, "et pour longtemps". France Bonapartiste semble ne pas connaître les graves crises politiques, économiques et sociétales qui agitent la société russe, pas plus que la crise démographique désormais irréversible qui provoquera un effondrement de la population russe dans les décennies à venir. Pour le peuple français, FB rêve d'une dictature à la russe, dont nous avons vu les méthodes ces dernières semaines lors du procès des Pussy Riots. Non merci.

Mais l'ultra-conservatisme aveugle du programme de France Bonapartiste ne se limite pas à cet amour de la dictature slave. On peut y voir ainsi une proposition de Superficie Urbaine d'Extension Maximale consistant à limiter l'extension des villes françaises, à contre-courant de la nécessité de construire des pôles urbains ambitieux de rang mondial. Limiter la grandeur de nos villes, c'est limiter la grandeur de la France. La suppression des régions s'inscrit dans le même cadre d'un conservatisme extrême, osant même revenir sur une mesure défendue par le général de Gaulle lui-même, et aujourd'hui massivement approuvée par le peuple. Supprimer les régions, c'est supprimer les courroies de transmissions de la grandeur française au sein de l'Europe et de la mondialisation. Le programme de France Bonapartiste veut tout déconstruire aveuglement afin de faire une France à la taille des ces idées conservatrices : minuscule. Et en lieu et place de ce qu'elle détruit, nulle alternative n'est proposée.

Dans le domaine scolaire, le conservatisme est criant et consiste à militariser à outrance le sanctuaire de l'école de la République :

  • mise en place de l'uniforme, sans précision, ni argumentation, ni justification ;
  • uniformisation nationale des fournitures et des manuels, ce qui consiste en réalité à supprimer radicalement la liberté pédagogique des professeurs, soumis alors à la toute-puissante volonté d'un Etat dictatorial directeur de conscience ;
  • mise en place d'un "cours de masse média" destiné à apprendre aux élèves à bien comprendre les informations, soit un cours de propagande officielle ;
  • suppression de la liberté syndicale des professeurs au profit d'un syndicalisme patriotique rappelant des précédents effrayants d'encadrement dictatorial des professions ;
  • diminution des vacances afin de mieux dresser les élèves à la dureté de la vie, sacrifiant la protection de l'enfance dévolue à l'école au profit d'un dressage des masses ;
  • levée des couleurs chaque matin, comme dans les casernes militaires, récitation de la Marseillaise le matin et du Chant des Partisans l'après-midi.

Faire de l'école de la République un outil d'endoctrinement autoritaire et de dressage des masses entièrement sous le contrôle d'un Etat dictatorial, voilà le programme.

Pour ce qui est de l'immigration et de l'ouverture de la France sur les autres cultures, France Bonapartiste propose une réaction ultra-conservatrice teintée sur certains points d'ultra-libéralisme, et en tout cas transpirant le racisme et le repli intégriste :

  • suspension du regroupement familial, mesure qui obligerait les migrants légaux à vivre séparés de leur famille, mesure raciste particulièrement inhumaine ;
  • suppression de l'Aide Médicale d'Etat (proposition du Front National), consistant donc à laisser crever les clandestins, la France devenant ainsi un pays d'inhumanité ultra-libérale et raciste ;
  • suspension de toute aide aux sans-papiers au profit des français, mesure d'épuration ethnique qui fait froid dans le dos ;
  • déchéance de la nationalité pour les nouveaux français condamnés, c'est-à-dire création de plusieurs niveaux de nationalité, fragmentant le concept d'unité nationale en plusieurs degrés de pureté nationale contraire à tout idéal humaniste et républicain, et pire, contraire à l'âme du bonapartisme même ;
  • condamnation de "l'endogamie communautariste", refusant ainsi aux étrangers jusqu'au droit de se marier dans leurs cercles proches, et devant préférer les "bons français", sans doute supérieurs aux métèques ;
  • culturellement, "francisation" à outrance des mots étrangers (traders devenant ainsi "trédeurs"), une mesure ridicule qui crache sur la richesse des cultures étrangères et oublie que la formation de la langue française est tissée d'échanges semblables. L'intolérance raciste du programme atteint jusqu'à la langue de Molière ; non content de refermer la France sur elle-même, France Bonapartiste veut même fermer notre belle langue. Et pourtant, ne sommes-nous pas fiers d'entendre nos amis anglais parler de "rendez-vous" ou de "femme fatale", mots directement empruntés au français, perçue comme langue du raffinement.

Que penserait l'Empereur Napoléon III de tout cela, lui qui défendit, avec tant de courage et de vision, d'humanisme, les algériens contre les abus de la colonisation, lui qui voulut se faire chef d'Etat d'un royaume arabe indépendant, lui qui appréciait tant la culture britannique tout en défendant avec tant de fierté la culture française, lui qui défendit toujours une vision ouverte et généreuse de notre Nation. Indiscutablement, Napoléon III, s'il vivait à nos côtés, se joindrait à nous, bonapartistes du renouveau, dans la critique de ce programme intolérant et haineux.

Pensant que les "français purs" sont menacés d'extermination par un génocide ethnique fomenté par les étrangers (un fantasme ahurissant dont nous avions déjà parlé le 15 août dernier), France Bonapartiste riposte en mettant en place une ségrégation ethnique et culturelle ainsi qu'un repli total de la France sur un concept de pureté nationale scandaleux et terrifiant.

Enfin, plus ultra-libéral que l'ultra-libéralisme, le programme de France Bonapartiste propose quelques mesures aveugles et scandaleuses :

  • suppression de toute aide d'Etat aux syndicats, une mesure uniquement inspirée par une haine anti-syndicale surannée, alors même qu'il faut aider les syndicats à assumer un rôle apolitique qu'ils n'assument pas aujourd'hui ;
  • diminution de 50% des dépenses du Centre National de la Fonction Publique et Territoriale ;
  • diminution de 20% de l'aide d'Etat aux associations ;
  • suppression du projet TGV, une mesure qui attristerait profondément notre Empereur, Napoléon III ;
  • passage de 348 à 66 sénateurs ;
  • suppression de l'ENA, une mesure qui scandaliserait à coup sûr Napoléon Ier.

Voilà un programme ultra-libéral et ultra-conservateur coupant aveuglement dans les dépenses de l'Etat : destruction du syndicalisme, destruction de la fonction publique, désengagement extrême de l'Etat, abandon des projets qui font la grandeur de la France, et suppression de l'ENA, institution gaulliste (mesure inspirée par un populisme anti-élitiste terrifiant). 

Ultra-conservateur, ultra-libéral sur certains points, souvent raciste, et en tous points intolérant et fermé, France Bonapartiste propose un abaissement de la France, patrie des Droits de l'Homme et de l'Humanisme transformé en pays de la Haine, de l'Intolérance et du Déclin.

France Bonapartiste propose une lente et douloureuse décadence pour une Grande Nation destinée à devenir une dictature ultra-nationaliste et ultra-autoritaire fondée sur la haine d'autrui et le repli primitif sur soi.

III. Un matraquage fiscal aveugle qui anéantirait le pouvoir d'achat des français.


Par un matraquage fiscal digne de la Gauche la plus radicale et la plus irresponsable, France Bonapartiste montre son amateurisme et sa déconnexion totale de ce qui fonde normalement un programme authentiquement bonapartiste : la prise en compte des réalités, en d'autres termes le pragmatisme.

Tout d'abord, dans le cadre de sa politique environnementale, France Bonapartiste propose un bonus / malus sur les véhicules, ainsi qu'une taxe préférentielle sur les appareils de grande consommation. Une mesure en partie déjà en place. De nouveau, on voit ici une profonde méconnaissance des réalités concrètes du pays qui pose le fondement même de cette fiscalité aveugle.

Ainsi, France Bonapartiste propose d'imposer les transactions boursières à hauteur de 1%. Inconscient, ce parti propose une taxation extrêmement élevée : n'oublions pas que la taxe Tobin, crée par un prix Nobel d'Economie, ne doit s'élever qu'à hauteur de 0,05% ou 0,2% maximum, et qu'actuellement les projets évaluent cette taxe à hauteur de 0,01%. FB propose une taxation cent fois plus élevée, et de surcroît appliquée uniquement à la France. Les conséquences seraient désastreuses. Fluides et flexibles, les transactions boursières se dirigeraient vers d'autres places (Londres, Francfort, etc.) et la bourse de Paris s'effondrerait, entraînant la France avec elle.

Arguant de pouvoir régler la dette en cinq ou dix ans (une affirmation gratuite et bien farfelue quand on considère les difficultés rencontrées partout autour du globe sur cette question), le programme de France Bonapartiste propose pourtant la suppression de la taxe d'habitation sans envisager que c'est là la source de financement des collectivités locales. De même, il propose de simplifier les impôts en un taux unique compris entre 12,5% et 15%. Des mesures non argumentées ni justifiées, avec des chiffres qui semblent sortis au hasard. Avec la fiscalité, France Bonapartiste joue à l'apprenti sorcier. Une telle baisse des impôts aurait un effet catastrophique, à la fois sur les finances publiques mais aussi sur les classes les plus populaires. En effet, les classes aisées verraient leurs impôts réduits par ce taux unique, alors que des millions de français, aujourd'hui exemptés d'impôts car vivant dans une situation trop précaire, seraient amenés à en payer.

Quant au matraque fiscal, il est décliné en plusieurs taxes nouvelles et aveugles :

  • Mise en place de la TVA sociale, mesure consistant à déplacer les charges patronales directement sur le pouvoir d'achat des français, enrichissant les patrons et appauvrissant les ouvriers ;
  • Mise en place d'une TVA sociale sur les produits agricoles, destinée à alléger les charges des agriculteurs, encore une mesure qui affaiblirait le pouvoir d'achat des français, déjà bien diminué dans le domaine de l'alimentation ;
  • Mise en place d'une taxe de 2€ sur les produits de grande consommation (chaussures, pantalons, lingerie et maillots de bain), France Bonapartiste défendant que cette taxe passerait inaperçue, prouvant de nouveau sa déconnexion totale d'un peuple français ayant bien des difficultés à boucler certaines fins de mois ;
  • Mise en place d'une taxe de 1€ sur les mouvements bancaires, taxe injustifiée, non argumentée, dont la principale conséquence serait de diminuer l'activité bancaire de notre pays et des classes les plus populaires ;
  • Mise en place d'une taxe de 0,05€ sur chaque SMS, grévant encore une fois le pouvoir d'achat des français en le touchant dans des gestes du quotidien, rendant payant des SMS aujourd'hui illimités dans tous les forfaits.

Le projet ? Enrichir les riches, appauvrir les pauvres et ruiner l'Etat et la Nation.
Affaiblissant l'Etat par une politique ultra-libérale, France Bonapartiste jette sur les classes populaires et moyennes de nouvelles taxes, anéantissant le pouvoir d'achat des français. Combinant les défauts de l'ultra-libéralisme et ceux de la Gauche radicale, FB propose un seul avenir pour la France : la ruine.


Conclusion.


La conclusion de cette étude résidera dans la réponse à deux simples questions.

Que serait une France "bonapartiste" selon le programme de France Bonapartiste ?
Une dictature ultra-conservatrice, entièrement repliée sur elle-même, ne donnant d'autre avenir à la France qu'une lente agonie. Une ruine effrayante : ruine sociale, ruine économique, ruine morale, ruine internationale. Le programme de France Bonapartiste est un tour de magie : transformer la Grande Nation des Droits de l'Homme, de la Révolution et de l'Empire, en paria international, en patrie minuscule et méprisée, inhumaine et mesquine.

Ce programme est-il bonapartiste ?
Clairement, non. Où est l'héritage napoléonien dans ce programme qui défend le repli sur soi, la haine de l'étranger, la destruction de l'Etat, l'écrasement des français sous un matraquage fiscal aveugle ? France Bonapartiste est un parti bonapartiste au sens du bonapartisme corrompu de la toute fin du XIXe siècle. Un bonapartisme transformé en conservatisme autoritaire anti-républicain. Où est le rêve européen de Napoléon Ier ? Où est la fibre sociale et de Napoléon III ? Où est l'audace ?

France Bonapartiste est une caricature de bonapartisme, où nos Empereurs eux-mêmes ne se reconnaîtraient pas. Plus dangereux et plus radical que ne le sera jamais le Front National, France Bonapartiste s'inscrit dans une tradition de dérive ultra-droitière qui a tué le bonapartisme à la fin du XIXe siècle. Nous ne pouvons cautionner cette dérive sans nous faire complice de notre propre disparition.

Certains diront : "La priorité est au rassemblement". Je leur réponds avec force et détermination qu'ils se trompent. Rassembler des troupes plus faibles que jamais autour d'un programme tel que celui-ci, c'est condamner le bonapartisme à la marginalité. C'est enterrer une nouvelle fois nos Empereurs, revivre chaque jour Waterloo et Sedan réunies.

Aujourd'hui, deux dynamiques de rassemblement se présentent à vous.
Se rassembler autour du bonapartisme ultra-droitier défendu par France Bonapartiste et être ensemble autour d'une tombe où descendra bientôt un bonapartisme déjà à l'agonie.
Ou se rassembler autour d'une exigence de rénovation, d'audace et de modernité, dans un Rassemblement Bonapartiste pour le XXIe siècle.

Nos propositions :
- une redéfinition collective et démocratique du bonapartisme, alliant l'audace et la tradition (les Assises de la Rénovation du Bonapartisme) ;
- une approche pragmatique et lucide, progressive et pédagogique, de la stratégie politique à suivre, prenant conscience de nos forces et de nos faiblesses ;
- la construction d'un programme néo-souverainiste articulé autour de la défense des trois souverainetés inaliénables du peuple français (souveraineté individuelle, souveraineté populaire, souveraineté nationale) et proposant des alternatives fortes et audacieuses.

Notre proposition : la construction d'un grand rassemblement bonapartiste assumant un devoir de modernité et de rénovation.

Certains osent affirmer que le bonapartisme est plus fort que jamais. Où est cette force supposée ? Marginalisé, méprisé, incompris, le bonapartisme meurt. Ceux qui continuent à se bercer d'illusions à ce sujet seront comptables de sa disparition. Ne pas avoir l'audace et le courage de rompre avec les dérives exposées dans cette étude, c'est être responsable de la mort définitive du bonapartisme.

Nous sommes à un tournant de notre Histoire.
Aujourd'hui, le bonapartisme peut se relever, ou disparaître à jamais.
La flamme de l'idée napoléonienne peut retrouver son éclat, ou s'éteindre pour toujours.

Camarades bonapartistes, vous êtes libres, vous n'appartenez à aucun parti.
Ecoutez votre coeur. Demandez-vous où se situe l'héritage authentique de nos Empereurs. Regardez dans quel état est le bonapartisme aujourd'hui. Voyez qui sont les responsables. Voyez où sont les solutions. Soyez forts, audacieux, courageux. Soyez dignes de nos Empereurs. Soyez digne de la France.

Le choix est simple. Le destin du bonapartisme est entre vos mains. Les chemins s'ouvrent devant vous.

L'heure est historique ; l'heure est au choix.

Austerlitz.
Ou Waterloo.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire