29 décembre 2012

2012, année perdue : année de toutes les déceptions françaises


Et voici que s'achève la deux-mille-douzième année du calendrier grégorien. Enfin ! serions-nous tentés d'ajouter. L'année fut longue. Pas plus que les autres, matériellement, si on excepte le fait qu'elle fût bissextile ; mais, émaillée de nombreux évènements importants, et notamment de deux scrutins nationaux, elle ne cessa d'apporter son lot de déceptions à un peuple français déjà repu de déconvenues.

En cette fin d'année, retour sur une année politique chargée mais non moins perdue.

Le grand évènement politique de l'année fut la farce bouffonne que les dix candidats à la magistrature suprême nous offrirent au printemps. La mère de toutes les batailles. Un rendez-vous manqué.

Traversée de débats qui n'en sont pas, de mensonges, d'approximations numériques et de promesses creuses, la huitième élection présidentielle de la Ve République fut un moment de démocratie gâché transformé en référendum sur Nicolas Sarkozy. Ceci doit être imputé sans détours à François Hollande, dont le programme était si vide qu'il ne pouvait mener d'autre stratégie. Quant à l'ancien président, il entraîna la Droite républicaine dans une campagne de caniveaux à la poursuite non pas des électeurs mais des idées du Front National.

L'élection présidentielle de 2012 fut également celle de la montée des extrémistes. Si en 2007, le troisième homme avait été François Bayrou, un homme hautement respectable, en 2012 le troisième homme était une femme au sourire aussi carnassier que ses idées : Marine Le Pen, et son programme de haine. Rétrogradé en cinquième position, le leader centriste devait même abandonner la quatrième place à un leader non moins détestable que la cheftaine frontiste : Jean-Luc Mélenchon. Lors de ses meetings populeux, rassemblant autant de curieux que de partisans, et surtout un nombre important d'adeptes de politique spectacle folklorique avilissante pour notre démocratie, le candidat du Front de Gauche parla avec violence, tint des propos outranciers et participa, main dans la main avec Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen, à l'hystérisation de l'élection et à l'abaissement de son niveau.

Heureusement, Jean-Luc Mélenchon découvrit au soir du premier tour qu'il ne suffit pas de crier des outrances pour être fort et audacieux. Son arrogance lui fut renvoyé par le peuple souverain (le vrai !) en pleine figure, et son score honorable (11,1%) fut interprété comme une déconvenue. Suivra la campagne législative de Hénin-Beaumont où le leader social-populiste sera renvoyé manu militari par des électeurs n'appréciant ni le parachutage ni le parfum de guerre civile tant prisé par cette caricature de Georges Marchais.

Hystérique et caricaturale, s'articulant autour de débats creux et ne présentant que l'étalage de programmes démagogues ou populistes, l'élection présidentielle fut un rendez-vous manqué qui se solda davantage par la défaite (méritée) de Nicolas Sarkozy que par la victoire (non méritée) de François Hollande, ce dernier ne récoltant même pas la majorité absolue des votants (par le nombre important de votes blancs). Le soir du 6 mai, la foule vint se masser place de la Bastille pour fêter sa "victoire" sur le camp adverse, offrant à la Nation l'image de sa division et au peuple celle de son immaturité politique, teintée d'une naïveté touchante si elle n'était pas pathétique.

Aujourd'hui, regardons avec le recul de ces quelques mois écoulés cette fête ridicule ... Aujourd'hui, le Président de la République et son Premier ministre s'effondrent dans les sondages. Sa politique se mène à coup de reniements et de déclarations vagues. Le changement, ce n'est pas pour tout de suite. La France enivrée de Bastille se réveille avec la gueule de bois.

Cette illusion présidentielle fut suivie quelques semaines plus tard par l'illusion législative. Les mécanismes iniques de notre démocratie donnèrent à un parti une majorité parlementaire absolue alors qu'il est loin de bénéficier d'un tel appui dans le peuple réel. Le soir des élections, aux vaincus de commencer leur travail d'opposition systématiquement stérile, et aux vainqueurs de triompher, aucun n'estimant utile de noter que malgré tout l'Assemblée nationale ne représente pas grand chose, et moins encore le peuple français.

Ces illusions électorales sont comme des alcools forts qui font tourner la tête du peuple : ce dernier, avec son petit bulletin de papier, se croit enfin souverain, et les politiques se croient enfin légitimes. Les deux se trompent lourdement, et la désaffection populaire vis-à-vis du pouvoir vient rapidement rappeler à tout le monde que la vérité politique de la France est ailleurs que dans ses caricatures d'élections.

Politiquement, l'année s'acheva sur une troisième farce, celle des élections internes de l'UMP, montrant le respect tout relatif que les politiciens professionnels ont de la démocratie, ainsi que l'état de décomposition avancée de notre système de parti. Il faut d'ailleurs donner à chacun son lot, et rappeler ici l'élection stalinienne du Premier secrétaire du PS, Harlem Désir, au congrès de Toulouse fin octobre, qui n'a rien à envier au putsch de Jean-François Copé de mi-novembre.

Au niveau européen, ridiculisée par la pathétique élection présidentielle, à l'égard de laquelle les commentateurs étrangers sont moins tendres que les commentateurs français, la France passa de nouveau pour un pays immature. Et, pire encore qu'immature, elle montra toute son impuissance, que ce soit dans les effets de manche grossières du candidat Sarkozy contre l'Europe et Schengen (qui nous font bien rire quand on se rappelle que ce monsieur a signé le scandaleux traité de Lisbonne !), ou que ce soit dans les effets de manche non moins grossiers du président Hollande dans sa renégociation ratée du traité européen avec l'Allemagne.

Cette déception européenne doit nous engager, nous, souverainistes, vers l'unité et le redressement pour pallier aux graves carences de ces démagogues professionnels, hommes d'Etat amateurs.

Par effet de comparaison, pendant que la France se divisait en multiples camps, de l'autre côté de la Manche, le peuple britannique fêtait son unité, son Histoire, sa grandeur et son indépendance autour de la figure de son monarque, l'inoxydable reine Elizabeth II, qui vécut en communion avec son peuple un époustouflant jubilé de diamant. A l'été, les Jeux Olympiques montrèrent au monde entier le talent et l'audace du peuple anglais. La France ferait parfois bien de prendre des leçons de politique chez l'ancien ennemi héréditaire.

L'année 2012, ce fut aussi l'année des drames. Drames économiques, évidemment, avec la hausse du chômage, la poursuite des plans sociaux, et l'amplification de la crise, inutile de s'y attarder, nous vivons sous perfusion continue d'information économique.

Mais surtout drame humain avec cet évènement qui doit rester dans notre mémoire : le massacre du 19 mars, où Gabriel, Arieh et Jonathan Sandler (4, 5 et 30 ans) et Myriam Monsonego (7 ans) perdirent la vie sous les balles de Mohamed Merah. Crime haineux, il doit nous rappeler que la haine n'engendre que la haine et que nous devons travailler avec sincérité à reconstruire la solidarité nationale pour permettre à ces milliers de musulmans désireux de vivre paisiblement en France de devenir de vrais citoyens français. Ce crime nous a aussi montré le cynisme et la bassesse du Front National et de Nicolas Sarkozy qui osèrent instrumentaliser électoralement un drame si tragique. Enfin, ce crime nous rappelle que malgré les leçons du passé, l'antisémitisme est toujours une réalité qu'il faut savoir combattre sans jamais négocier avec une telle abomination. Les propos antisémites de certains membres du Front National nous invitent à rejeter en bloc ce parti et ses racines historiques. Défendre le Front National c'es défendre ces haines qui ont coûté la vie à trois enfants.

Année de beaucoup de déceptions et de beaucoup de drames, l'année 2012 doit être pour nous objet de réflexion afin de ne plus avoir à perdre à l'avenir une année comme celle-ci.

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