9 janvier 2013

140e anniversaire de la mort de Napoléon III : hommage à un grand Homme

Sa Majesté l'Empereur

Il y a cent quarante ans s'éteignait, le 9 janvier 1873, à Chislehurst, en Angleterre, le premier président et dernier monarque de l'Histoire de France, trait d'union jusque dans ses fonctions entre le passé et l'avenir de notre pays, l'empereur Napoléon III. En ce jour émouvant pour tous les bonapartistes et plus encore pour ceux qui,comme moi, portent une affection particulière au neveu de l'Aigle, il nous faut nous recueillir un instant sur la mémoire de ce grand Homme incompris qui a présidé à la modernisation pacifiée de la France dans la seconde moitié d'un siècle que son oncle illustre avait inauguré dans le fer des épées et le feu des canons.

En ce jour de commémoration, je veux rendre un hommage appuyé à celui qui dirigea avec un talent incontestable le gouvernement de notre Nation durant deux décennies stratégiques. A côté des bassesses indécentes de l'indigne haine du grand Victor Hugo, il faut se souvenir que le non-moins-grand Louis Pasteur disait de Napoléon III que "son règne rester[ait] comme l'un des plus glorieux de notre Histoire". Homme d'Etat remarquable, humaniste authentique, aux sincères préoccupations sociales, l'Empereur développa dans beaucoup de domaines des ambitions visionnaires qui ne cessent d'étonner encore aujourd'hui.

Loin de la caricature insultante de "Napoléon le Petit", Napoléon III s'affirme comme un des plus grands chefs d'Etat de notre Histoire, aux côtés de Louis XIV, Napoléon ou Charles de Gaulle, et sans nul doute celui qui fut le plus sincèrement pénétré d'un idéal social progressiste et généreux.

Sous le règne de Napoléon III, la France connut une période de prospérité et d'expansion mémorable, connaissant un important développement de son industrie et de son économie, ainsi qu'une extension sans précédent de son réseau de chemins de fer. Le système bancaire français se constitua. La France connut parallèlement à cela d'importants progrès sociaux : préfiguration du système de retraites, de secours mutuels, d'assurances, en un mot de Sécurité Sociale, et surtout, en 1864, légalisation du droit de grève. Dans le domaine scolaire, l'accès des filles aux écoles fut améliorée, et à la fin de l'Empire, l'Empereur et son ministre, Victor Duruy, ébauchèrent la future école républicaine, gratuite, laïque et obligatoire.

Notre magnifique capitale, dans laquelle tous les français et tous les visiteurs du monde entier prennent tant de plaisir à se promener, est le Paris de l'Empereur, qui transforma un labyrinthe médiéval en Ville-Lumière et lui permit de resplendir de mille feux lors des Expositions universelles de 1855 et 1867.

Le Second Empire fut aussi l'Empire de femmes remarquables. Ainsi, le règne de Napoléon III vit, en 1861, l'obtention du Baccalauréat par la première femme de l'Histoire, Julie-Victoire Daubié. Fait moins célèbre, le président Bonaparte décerna pour la première fois, en 1851, le titre de chevalier de la Légion d'Honneur à une femme, militaire, Marie Angélique Duchemin, sous-lieutenant des armées révolutionnaires et première femme à entrer à l'Hôtel des Invalides, en 1804.

En 1865, l'Impératrice Eugénie, encore parfois décrite comme une horrible femme conservatrice et cléricale, tint à remettre elle-même l'illustre décoration à Rosa Bonheur, première artiste décorée, ouvertement homosexuelle et portant quotidiennement le pantalon. Rosa Bonheur sera en 1894 la première femme décorée officier : gageons que si l'Impératrice était demeurée plus longtemps sur le trône, il n'aurait pas fallu attendre vingt-neufs ans pour cela.

Visionnaire époustouflant, Napoléon III chercha toujours avec sincérité un règlement diplomatique et collégial des tensions internationales, préfigurant l'ONU. En signant l'Union latine, l'Empereur préfigurait l'Europe d'aujourd'hui. Il anticipa le mouvement irrésistible des Nations souveraines et défendit leur légitime aspiration à l'indépendance, portant l'Italie ou la Roumanie sur les fonts baptismaux.  En Algérie, il mena une politique tolérante et audacieuse, défendant l'intérêt des algériens contre celui des colons, animé du désir sincère d'offrir une pleine liberté à un Royaume arabe qu'il savait ne pas être la France.

Sur le plan institutionnel, on rappelle toujours que son règne s'ouvrit sur un coup d'Etat, sans rappeler qu'il anticipait ainsi un coup de force de l'Assemblée royaliste réactionnaire, puis condamna immédiatement les dérives violentes, et rares, imputables à ses lieutenants. On rappelle aussi trop peu souvent qu'il acheva son règne sur une démocratisation complète des institutions, prévue dès son avènement, et sur un plébiscite triomphal, bénéficiant toujours à l'aube de sa chute du soutien de son peuple.

Souverain autoritaire par nature et nécessité, il n'en était pas moins profondément convaincu de l'avenir démocratique de la Nation française. Conservateur dans certaines domaines, il fut en pointe du progrès social, et lors de ses funérailles en janvier 1873 une délégation ouvrière vint expressément de France pour honorer sa mémoire.

Insulté et calomnié par ses successeurs, il est du devoir de la France de reconnaître la grandeur de notre dernier empereur, et l'immense héritage qu'il nous lègue. Loin des passions de l'époque et instruits de l'Histoire plus récente, nous pouvons enfin rendre à Napoléon III le digne hommage qu'il mérite. Appeler à cette réhabilitation dans nos mémoires et dans nos coeurs d'un des Hommes les plus exceptionnels de notre Histoire, tel est, avec l'aide de notre famille impériale, le devoir sacré de tous les bonapartistes authentiques.

Un jour, "Napoléon III le Petit" retrouvera la seule épithète qui convienne à un homme si remarquable : Napoléon III le Grand.

Pour terminer cet hommage, je citerai Anatole France. "Napoléon III fut combattu et injurié par des gens qui voulaient prendre sa place, et qui n'avaient même pas comme lui, au fond de l'âme, l'amour du peuple."

Vive Napoléon III.
Vive l'Empereur du Peuple.

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