21 janvier 2013

220e anniversaire de la mort du roi Louis XVI : méditations politiques et patriotiques au pied de la guillotine

Le roi Louis XVI en costume de sacre

Cet article décidé à rendre hommage à la mémoire du dernier roi de l'Ancien Régime, balayé par la Révolution française, en étonnera plus d'un parmi vous. Pourtant, pour justifier cet hommage et les réflexions que j'en tire, je veux citer une autorité incontestable, l'empereur Napoléon le Grand lui-même. On peut lire dans le Mémorial de Saint-Hélène :

"Il n'appartenait qu'à moi, disait [l'Empereur], de pouvoir relever en France la mémoire de Louis XVI, et laver la nation des crimes dont l'avaient souillée quelques forcenés et fatalités malheureuses. Les Bourbons, étant de la famille et venant du dehors, ne faisaient que venger leur cause particulière et accroître l'opprobre national. Moi, au contraire, partie du peuple, je soignais sa gloire, en faisant, en son nom, sortir des rangs ceux qui l'avaient souillée [...]."

L'Empereur ajoute plus loin "[...] Carnot n'aurait pas osé écrire un mémoire sous mon règne pour se vanter de la mort du roi, et il l'a fait sous les Bourbons."

La mort sous la lame du "rasoir national", le 21 janvier 1793, du roi de France Louis XVI est un évènement majeur de l'Histoire de notre Nation. Si ce n'est même l'évènement le plus retentissant de celle-ci. L'immense philosophe Ernest Renan affirme ainsi que "le jour où la France coupa la tête de son Roi, elle commit un suicide."

Par cet acte, la surenchère de factions intégristes souilla le message de la Révolution et de la République en foulant aux pieds la notion primordiale de Justice. Malhonnête et perdu d'avance, le procès du roi Louis XVI fut une caricature de procédures judiciaires. Toute forme de procès politique est aujourd'hui condamnée formellement. Celui-ci échappe pourtant à cette règle.

Cette accusation qui salit la mémoire du roi Louis XVI est de la même nature que celle qui a transformé le grand Napoléon III en "Napoléon le Petit". Attachés à l'unité et à la continuité, historique et sociale, de la France, et aux valeurs authentiques de la République, les bonapartistes ne blâment aucune période de notre Histoire, ils ne refusent aucun héritage. Nous assumons la France sans honte. La France de nos Rois comme la France de nos Républiques.

Nous condamnons fermement les dérives de notre grande Révolution. Dès 1789, les révolutionnaires les plus avancés décident sciemment de faire échec au roi, et ce dernier, piégé, ne pouvant agir que dans des marges de manoeuvre extrêmement restreintes, se raidit sur des positions aussi rigides que purent être radicales celles des futurs terroristes. Les passions de cette époque sont évaporées et nous devons pouvoir aujourd'hui porter un regard apaisé sur notre Histoire. Nous devons pouvoir aujourd'hui, en 2013, rendre hommage aux grandes oeuvres de la Révolution comme à la figure du Roi, qui aurait pu s'imposer aux factions comme s'imposera celle de l'Empereur.

La réconciliation française passe aussi par la réconciliation historique. Le parcours personnel de Napoléon, ancien robespierriste reconnaissant à la fin de sa vie le caractère criminel de l'exécution du 21 janvier 1793, doit être un modèle.

Nous pouvons rendre gloire à notre Révolution tout en condamnant ses phases meurtrières et en reconnaissant que Louis XVI n'était pas un tyran mais sans nul doute un de nos monarques les plus sincèrement occupés par son métier de roi et par ses responsabilités vis-à-vis de son peuple. Broyé par une Révolution qui s'apprêtait à assassiner des milliers de français, il est temps de reconnaître ses qualités et l'indignité de sa fin. Nous ne devons pas pour autant en faire un martyr parfait. A partir de 1789, ses erreurs et ses maladresses furent nombreuses, et elles conduisirent à son échec politique. Ce dernier ne justifiait pas un acte aussi clivant et aussi malhonnête. De surcroît, il est loin de porter à lui seul toute la responsabilité de cet échec, ardemment désiré par les factions.

Le bonapartisme peut assurer cette réconciliation autour de Louis XVI. Les républicains continuent aujourd'hui encore d'entretenir l'image d'un roi-monstre tandis que les royalistes tentent de réhabiliter sa mémoire par un extrême inverse, brossant le portrait d'un roi-modèle. Nous rejetons l'un et l'autre. Nous ne voulons que l'image authentique du roi et de l'homme qu'il fut.

La mémoire authentique du 21 janvier 1793, de la Révolution et de Louis XVI, ne doit pas être simplement l'objet d'une réflexion sur l'Histoire et sur la relation apaisée que les français doivent avec leur passé. Elle doit aussi nourrir en nous des réflexions sur la vie politique et la Nation.

En effet, le procès de Louis XVI nous donne le modèle d'un procès tissé de mensonges. Le modèle d'une basse manoeuvre politicienne qui mène à une division profonde et longtemps inguérissable de notre peuple. En lieu et place d'une politique au service de la Nation, nous voyons une Nation menacée par la politique. Ces procès continuent de se poursuivre aujourd'hui sous des formes nouvelles : les mensonges conscients, les approximations malhonnêtes et la politique purement politicienne sont devenus monnaie courante aujourd'hui.

Ajoutons à cela la disproportion totale de la condamnation à mort. Cette exécution peut aujourd'hui être transposée dans les cabales menées contre certains hommes politiques et certaines femmes politiques qu'on préfère exécuter en place publique plutôt que de devoir prendre en compte leurs diagnostics et leurs propositions.

Sa commémoration doit être, de surcroît, l'occasion de condamner avec vigueur tous les procès politiques et de défendre l'intégrité de tous ceux, encore aujourd'hui, tout autour de la Terre, incarcérés ou exécutés pour délit d'opinion. Le 21 janvier devrait devenir officiellement "jour de la mémoire du roi Louis XVI", consacrée à la lutte contre la violence politique, le délit d'opinion et la peine de mort, et à la gloire de l'unité nationale.

On considérera donc avec beaucoup d'intérêt cet évènement majeur de l'Histoire nationale qui peut être perçu comme le moment inaugural d'une dissolution lente et progressive de notre Nation et de notre politique, mais aussi celui d'une contagion généralisée de l'esprit de parti, triomphe de factions au service d'idéologies et de dogmes et non plus à celui du peuple et de la Nation comme devait l'être, par devoir sacré, le Roi.

Au nom de la réconciliation et de l'unité historique de la Nation, ainsi que d'une volonté de condamner toutes les formes de terrorisme intellectuel et d'extrémisme politique, la réhabilitation de la mémoire de Louis XVI nous apparaît comme un devoir authentiquement bonapartiste. Ne laissons pas le monopole de cette figure historique centrale à des républicains et ou des royalistes motivés par la haine d'un adversaire et non par l'amour, intégral, de la France.

Vive la République. Vive le Roi. Vive l'Empereur.
Vive la France.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire