6 janvier 2013

Humeurs bonapartistes (semaine n°1)


Nous inaugurons aujourd'hui un nouveau rendez-vous sur ce blog : "les humeurs de la semaine". Chaque dimanche à 20h précises, à compter d'aujourd'hui, un nouvel article sera publié sur Renouveau Bonapartiste afin de faire le point sur la semaine écoulée à travers quelques humeurs éparses, cueillies à travers l'actualité. Une manière de porter un regard bonapartiste sur les évènements politiques, sociaux, culturels et internationaux des jours précédents.

En vous espérant nombreux à ce nouveau rendez-vous dominical.

Politique. L'indigne Madame Bardot.

Quelques lignes rapides pour rappeler que le 4 janvier, l'ancienne égérie Brigitte Bardot a menacé de suivre l'exemple de Gérard Depardieu en fuyant la France au profit de la Russie, affirmant qu'elle "ne supporte plus la France". La raison de cette haine ? L'euthanasie prochaine de deux éléphantes atteintes de tuberculose et porteuses potentielles d'une contagion à l'homme.

Insultant toute une Nation pour la cause de deux éléphantes, Mme Bardot évoque aussi toute son admiration pour le président russe Vladimir auquel elle trouve "beaucoup d'humanité". Doit-on rappeler que Vladimir Poutine est à la tête d'une dictature qui enferme les opposants politiques, torture et truque les élections ?

Que ces célébrités qui crachent au visage de notre grande Nation partent donc dans le pays de leurs richissimes amis russes. Les icônes désuètes comme Brigitte Bardot ne nous manqueront pas.

Après tout, la France on l'aime ou on la quitte, qu'on soit jeune immigré ou vieille femme indigne.

Politique. Tribune du Premier ministre : la faiblesse tranquille

Le 3 janvier, jour de rentrée du gouvernement, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a publié une tribune dans le quotidien Le Monde. A travers ces lignes, il entend poser les bases d'un "nouveau modèle français" qui ne brille en réalité ni par son audace ni par ses innovations. Comme toujours dans cette nouvelle République hollandienne, le discours est flou. Au vague, voire à l'absence totale, des propositions s'ajoute des déclarations de principes tristement banales indignes d'un gouvernement qui dit vouloir "rénover" notre pays.

De manière effrayante, dans sa tribune, le Premier ministre ne semble pas saisir le caractère historique, au sens le plus fort du terme, des crises multiples, économiques, sociales, politiques et morales, que nous traversons. Exactement comme dans les discours du Président de la République, on constate une étrange déconnexion des réalités de l'instant. Cette longue liste de principes non suivis de propositions laisse l'impression que nous avons devant nous bien assez de temps pour repousser les décisions nécessaires au maintien de l'unité et de la continuité de notre Nation. On notera également l'acharnement sur un dialogue supposé sain pour la société alors que, par exemple sur le plan social, il consiste à donner un poids disproportionné à des instances qui ne représentent presque rien (je veux parler des syndicats, bien entendu).

Manquant cruellement de souffle et de vue, la tribune de Premier ministre multiplie des principes acquis sur lesquels nous nous accordons tous sans amener ce que nous attendons de notre gouvernement, c'est-à-dire des propositions concrètes. Ne portant pas le regard au-delà d'une politique gestionnaire, Jean-Marc Ayrault ne discerne pas le fond des problèmes qui minent la France depuis une décennie.

Bref, une tribune qui n'apporte rien, si ce n'est de confirmer que le premier acte de François Hollande, la nomination de son premier Premier ministre, fut sans doute aussi sa première erreur.

Démographie. Les villes et territoires de la France de demain.

La démographie française est un de nos principaux atouts en Europe, la population de la France connaissant une croissance près de deux fois supérieure à la moyenne européenne. Alors que la population allemande ralentit, nous continuons notre extension démographique. Un atout déterminant pour l'avenir. Mais toute la France ne connaît pas cette dynamique et il faut, dans un souci de vue politique à long terme, prendre en compte les mutations qui pourraient être celles de notre Nation dans les décennies à venir de par les transformations démographiques du territoire. En effet, si le Nord-Est, et l'Auvergne, connaissent une croissance faible (voire une baisse de la population en Champagne), la palme du dynamisme revient au Sud-Ouest et à la façade atlantique, le Landuedoc progressant de 14,84%, le Midi-Pyrénées de 12,94%, l'Aquitaine de 11,14% et les Pays de la Loire de 10,85% sur la période 2006 - 2010.

Quant à la répartition urbaine, cette étude couronne le triomphe des communes périurbaines, petites communes (- 5000 habitants) placées sous l'influence d'une agglomération proche. Si elles représentent 40% de la population, elles portent en effet 70% du dynamisme démographique. Toutes ces données doivent nous amener à réfléchir sur l'avenir du territoire français et de nos régions, mais sur les nouvelles politiques de la ville, la répartition des services publics, la transformation des centre-villes, la rénovation urbaine et, problème fondamental, la question complexe des réseaux de transport modernes. Des questions épineuses, des débats compliqués, mais des perspectives passionnantes et de futurs atouts stratégiques.

SociétéUne nouvelle pelletée de Légions d'Honneur.

Comme chaque début d'année, le Journal Officiel publie la liste des nouveaux receveurs de la plus haute distinction civile et militaire de notre Nation. Comme chaque début d'année, nous découvrons avec stupéfaction certaines nominations. Pour rappel, la Légion d'Honneur récompense les "mérites éminents au service de la Nation".

Sans entrer dans le détail des promotions, comme nous l'avions fait l'année dernière sur ce blog, nous pouvons déjà nous étonner du chiffre ahurissant de promus : 681. La Légion d'Honneur devient un peu pléthorique et se vide de symbolisme et de poids. Jacques Tardi a d'ailleurs refusé la Légion d'Honneur qui lui était décerné. Il n'est pas le premier et surement pas le dernier à faire ainsi : Emile Littré, Bourvil, Catherine Deneuve, Albert Camus, Simone de Beauvoir, Brigitte Bardot, Gustave Courbet, Jacques Prévert, Jean-Paul Sartre, Pierre et Marie Curie, Guy de Maupassant, George Sand, Claudia Cardinale et Hector Berlioz, entre autres, refusèrent la prestigieuse décoration. Quand la plus haute distinction d'une Nation est ainsi refusée par tant de noms illustres, c'est sans doute qu'il y a un problème ... Philippe Séguin, maître à penser de certains d'entre nous, a lui-même refusé sa décoration arguant que son père, mort en 1944 en combattant ne l'avait pas reçu.

Aujourd'hui, la Légion d'Honneur est décernée selon la procédure suivante : un ministre propose, le conseil de l'Ordre émet un avis (sur la base des statuts et des valeurs de l'Ordre, cadre on-ne-peut-plus flou), le Grand Maître nomme, en l'occurrence le Président de la République. Le conseil est composé du Grand Chancelier, qui le préside, et de dix-sept membres nommés indirectement par lui (quinze dignitaires et commandeurs, un officier, un chevalier). Une procédure archaïque où subsistent des aberrations comme le principe des contingents ministériels.

L'année dernière, Renouveau Bonapartiste vous proposait une ébauche de proposition pour réformer l'Ordre.

International (Etats-Unis). La falaise fiscale évitée, les Etats-Unis continuent leur chute dans le gouffre des divisions.

Barack Obama parvient in extremis a évité le mur budgétaire. La Chambre des représentants a voté, dans la soirée du 1er janvier, le texte adopté la veille par le Sénat. Ces deux derniers mois les Etats-Unis nous ont encore présenté le visage d'un pays divisé et bloqué par ce clivage. On a pu constater que la division d'une Nation est instrumentalisée et grossie consciemment par les responsables politiques dans les chambres parlementaires et dans les couloirs du pouvoir. Un spectacle guignolesque et regrettable pour un pays qui fut un modèle démocratique. Tout l'Occident doit désormais songer à inventer de nouveaux outils démocratiques, vecteurs de rassemblement et de réconciliation, et non plus de guerres civiles raffinées. Nous nous joignons à Barack Obama dans l'espoir qu'il a exprimé qu'à l'avenir les débats soient "un peu moins dramatiques".

Société. Premier bébé de 2013.

Le premier bébé de la nouvelle année s'appelle Sacha, et il a deux mamans, Maude et Delphine. Il est né à Moulins aux premières minutes de 2013, neuf mois après une insémination artificielle réalisée dans une clinique de Bruxelles. Ce petit hasard est un joli symbole. Le 29 janvier prochain, jour de l'ouverture des discussions parlementaires, Renouveau Bonapartiste publiera une opinion argumentée sur ce débat complexe. Le rendez-vous est pris.

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