3 mars 2013

Humeurs bonapartistes (semaine n°9)



Semaine du 25 février au 3 mars 2013
Halte à la boulimie sondagière.
Marine Le Pen, un référendum qui cache bien du vide.


Société. Halte à la boulimie sondagière.

Une des caractéristiques les plus déplorables de la politique moderne est une tendance au "sondage perpétuel". Sans cesse, les instituts de sondages interrogent les français, sur des sujets plus ou moins intéressants, avec des procédés plus ou moins honnêtes, et pour des résultats toujours inutiles. Le scandale des sondages de l'Elysée durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy n'a pas suffit à pousser notre caste politique à se saisir de ce problème, trop occupés qu'ils sont à s'occuper de problèmes qui n'en sont pas.

Les sondages sont une véritable plaie de notre société contemporaine. Ils participent de ces déluges de chiffres qui tombent sur nous, pauvres citoyens. Chiffres parfois faux, sondages souvent interprétés à tort. Et pas seulement par les politiques, les journalistes aussi se donnant un malin plaisir à exécuter les simplifications les plus aberrantes.

Ainsi, aujourd'hui, le Journal du Dimanche titre "Les femmes politiques préférées des français". En réalité de "préférence" le sondage porte sur une sorte de "potentiel d'avenir" des personnalités. Mais, au-delà du raccourci, les résultats eux-mêmes sont ridicules. En tête, Christine Lagarde, femme politique préférée des français mais sans doute aussi femme politique la moins connue des français. Suit Marine Le Pen, avec 31%. 31% de quoi ? On ne le sait pas.

Selon ce classement, des personnalités détestées comme Rachida Dati ou Ségolène Royal sont préférées à des personnalités plus consensuelles et populaires comme Najat Vallaud-Belkacem ou encore Anne Hidalgo. Un sondage absolument ridicule, fondé sur un procédé malhonnête, et destiné à sonder un grand néant de la conscience politique.

Ce sondage est une aberration, et il serait temps que nos politiques comme nos journalistes cessent de nous en servir de tels matin, midi et soir. Il s'agit au mieux de bêtise, ce qui n'est guère pardonnable pour autant, ou au pire de pure et simple manipulation médiatique. Cessons de sonder à tout vent le vide pour laisser plus de place à une expression souveraine du peuple davantage libérée.

PolitiqueMarine Le Pen, un référendum qui cache bien du vide.

Marine Le Pen a demandé à François Hollande la tenue d'un référendum en janvier 2014 sur la sortie de l'Union Européenne. Encore une fois, Marine Le Pen handicape lourdement la bonne marche d'un courant d'opinion pourtant dominant dans la société française, le souverainisme. En demandant un référendum calqué sur le modèle anglais, la leader du Front National décrédibilise encore une fois totalement le message souverainiste.

Il ne s'agit pas pour nous de détruire l'Europe, mais bien de transformer l'Europe. Or, à cause de propos outranciers comme ceux de Marine Le Pen, le souverainisme apparaît comme un délire extrémiste déconnecté des réalités, agissant uniquement par la négation. Enfermée dans un délire monomaniaque morbide, Marine Le Pen dédiabolise peut-être son parti mais diabolise sans cesse le souverainisme. Enfermée dans une obsession de la communication, elle agite des menaces et de nombreuses outrances pour nourrir sa petite boutique familiale.

Un référendum sur la sortie de l'Union Européenne est une idiotie sans nom. Une telle sortie unilatérale ne signifierait rien, n'aurait que des conséquences désastreuses, et ne serait porteuse d'aucune alternative un minimum constructive. Nous ne voulons pas sortir de l'Union, nous voulons transformer l'Union en Confédération de Nations libres. Mais Marine Le Pen, sans cesse, par son outrance, ramène le souverainisme à une forme minable de discours politique.

Je suis las, très las, de tant d'outrances. Le souverainisme a besoin de calme, de majesté et de hauteur sur les choses, pas de ce discours frontiste pathétique et outrancier.

Le souverainisme doit proposer une France au coeur d'une Europe nouvelle, et non pas une France indigne qui abandonne le navire. Ce navire, nous en critiquons vigoureusement le chemin, mais en réaction nous voulons en posséder pleinement le gouvernail, et non pas le saborder.

Plutôt que de demander un référendum qui n'a aucun sens pour nous, français, Marine Le Pen ferait mieux de travailler son alternative à l'Europe actuelle pour mobiliser les millions d'électeurs eurosceptiques si peu convaincus par elle qu'ils ne se déplacent pas pour aller voter lors des élections européennes. Notre rejet de l'Europe actuelle ne passera pas par un référendum insensé mais par un vote massif aux élections européennes pour un programme convaincant d'alternative européenne.

Reste à trouver ce programme ...

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