10 mars 2013

Humeurs bonapartistes (semaine n°10)


Semaine du 4 au 10 mars 2013
Royaume-Uni : oui à l'alternative, non à l'europhobie.
La France n'est pas une marchandise.
Dans les coulisses du Front National.
Mauvais président, Sarkozy est encore plus mauvais retraité.
Les étranges couronnes de laurier funéraires tressées à Chavez par Dupont-Aignan.

Europe. Royaume-Uni : oui à l'alternative, non à l'europhobie.

Au lendemain d'une défaite électorale, lorsque de l'élection partielle à Eastleigh, où le parti conservateur a été relégué en troisième position, derrière le parti souverainiste UKIP (United Kingdom Independance Party), Chris Grayling, ministre de la Justice (Lord Chancellor) du gouvernement Cameron, a cru bon franchir une nouvelle étape dans la surenchère europhobe d'un gouvernement en proie aux plus basses manoeuvres électoralistes.

Ce dernier a ainsi annoncé que le Royaume-Uni envisageait de se retirer de la Cour européenne des Droits de l'Homme de Strasbourg. De nouveau, il s'agit là d'une manoeuvre politicienne tout à fait basse, qui agit par facilité là où il y aurait pourtant de véritables réformes à mener, abandonnant le navire plutôt que de tenter d'en modifier la route pour le sauver. De surcroît, le ministre britannique de la Justice s'attaque là à un symbole fort, les Droits de l'Homme, et à une institution du Conseil de l'Europe, organisation autrement moins étouffante que l'Union Européenne.

Bref, encore de la poudre aux yeux où l'europhobie prend le pas sur une véritable alternative à l'Europe de Bruxelles, s'attaquant même aux mauvaises institutions. Quand la haine et la peur prennent le pas sur l'alternative, la politique devient ridicule.

Qatar. La France n'est pas une marchandise.

L'émir du Qatar a acheté cette semaine six îles grecques en mer ionienne (inhabitées pour la plupart), pour la modique somme de 8,5 millions d'euros. La négociation a pris dix huit mois et l'émir a obtenu la suppression d'une loi locale limitant à 250 m² la superficie des villas ; l'émir aurait répondu que ses toilettes seules faisaient 250 m² et que sa cuisine devait en faire 1000. En août dernier, l'opinion française s'était émue du rachat par un investisseur chinois du château de Gevrey-Chambertin, en bourgogne, au domaine viticole réputée.

Tout ceci concourt d'une seule et même chose : affaiblies par la crise, les pays européennes deviennent de vulgaires marchandises en proie à une véritable colonisation économique de la part des nouveaux Etats impérialistes que sont la Chine ou le Qatar.

Il est urgent de redresser la barre et de protéger notre patrimoine, nos terres et notre âme de rachat massif. Nous ne sommes pas une marchandise, nous sommes une Nation souveraine.

Parti. Dans les coulisses du Front National.

Pour ceux qui demeurent convaincus que le Front National est un parti propre, au-dessus des querelles partisanes et loin de la corruption prêtée au pseudo-système UMPS, voici de quoi vous convaincre du contraire, et de vous encourager à parler d'un système UMPSFN, où les rivalités de personnes sont plus fortes que les intérêts de la Nation.

En effet, au conseil régional de Lorraine, le FN disposait après l'élection de 2010 de 10 conseillers régionaux grâce à son score de 18,44% au second tour. Aujourd'hui, le groupe FN ne rassemble que six conseillers, une perte, en trois ans, de quatre membres. Perte due, selon les intéressés, au fait que Florian Philippot, le vice-président énarque aux dents longues du parti, imposerait ses proches et agirait en autocrate sur sa "circonscription" où il n'en demeure pas moins un pur produit du parachutage.

Ces dissensions internes au Front National, où près de la moitié du groupe claque la porte, alors même qu'il ne dispose que d'un gros dixième des sièges, ne donne pas beaucoup envie de leur confier la politique de la Nation ... Des gens qui ne parviennent pas à se rassembler entre membres d'un même parti, comment voulez-vous qu'ils rassemblent la Nation ? L'imposture FN dans tout son art.

Politique française. Mauvais président, Sarkozy est encore plus mauvais retraité.

Dix mois seulement après sa défaite, Nicolas Sarkozy s'essaie déjà à un "retour" politique, lui qui annonçait qu'on ne le reverrait plus s'il venait à perdre l'élection présidentielle. Congédié par le peuple, l'ancien président de la République semble convaincu que ce n'est pas lui qui a eu tort mais bel et bien le peuple qui s'est trompé ... Et que ce dernier, se rendant compte de son erreur, aura besoin d'un sauveur messianique. N'est pas de Gaulle qui veut.

De surcroît, quelle tentative de retour pathétique ! Nicolas Sarkozy utilise comme média pour "annoncer" cette démarche Valeurs actuelles, un magazine conservateur clairement marqué à Droite, tout comme il avait utilisé le Figaro magazine en février 2012 pour préparer sa déclaration de candidature. Se revendiquant prêt à servir par devoir pour la France, Nicolas Sarkozy n'en demeure pas moins un piètre homme de clan et de parti.

Mais la chose la plus grave dans l'attitude de Nicolas Sarkozy est la rupture extrêmement rapide d'une tradition démocratique selon laquelle on ne critique pas son successeur sur le plan international, domaine pleinement national et réservé au chef de l'Etat. Or, ici, l'ancien président qui, du temps de sa présidence, affirmait qu'il fallait aider le peuple malien, lui qui a déclenché la guerre en Libye, cause première du conflit au Mali, il ose critiquer l'engagement français dans ce pays africain. Quelle petitesse. Quant à ses propos sur le mariage gay, ils sont tellement vulgaires que nous n'en parlerons pas.

International. Les étranges couronnes de laurier funéraires tressées à Chavez par Dupont-Aignan.

On dira peut-être que je m'acharne sur le président de Debout la République, mais pour une fois je pense que mon étonnement doit être unanime parmi les bonapartistes. En effet, à l'annonce de la mort du président vénézuélien Hugo Chavez, Nicolas Dupont-Aignan a publié un communiqué extraordinairement étonnant sur l'oeuvre du défunt.

Obnubilé par la "liberté" des peuples et la lutte contre le "parti de l'étranger", ce qui rappelle le désastreux appel de Cochin de 1978 (cela date quelque peu), le président de DLR tisse des couronnes de laurier, à mon sens, un peu hâtives au Commandante.

Certes, le fait est indiscutable, Chavez était un chef d'Etat élu démocratiquement ; personne ne peut lui enlever cela. Certes, là aussi les choses sont indiscutables, il a fait reculé l'extrême pauvreté du pays. Mais, luttant contre "la pensée unique", Dupont-Aignan ne tombe-t-il pas dans la "pensée unique" gauchiste ? Il est là digne disciple de Jean-Luc Mélenchon.

Que dire de la corruption endémique répandu dans le pays ? Que dire du clientélisme ? Certes, les résultats électoraux sont acquis démocratiquement, mais une partie d'entre eux ne sont-ils pas achetés par les pétrodollars ? Que vaut la liberté d'un peuple, tant révéré par NDA, si elle est marchandable ? Et que dire des amitiés sulfureuses de Chavez ? Il a soutenu, jusqu'à ses dernières heures, le régime assassin de Bachar El-Assad. Il a soutenu le régime ubuesque de Kadhafi. Et pire encore, le régime terroriste du président Ahmadinejad.

Alors, oui, je m'étonne. Obnubilé par cette "pensée unique" qu'il décrie tant, se la jouant "Copé au rabais", Nicolas Dupont-Aignan encense l'ami du régime syrien ou du boucher libyen. NDA ferait bien d'abandonner un peu ses lubies, il commence à être aveuglé par celles-ci. Si Chavez ne mérite pas l'appellation "dictateur", il ne mérite pas non plus de couronnes de laurier : un peu de décence et de modération dans les propos ne serait pas de refus.

A ce rythme, demain, aurons-nous le droit à l'apologie de la "liberté" du peuple nord-coréen ?

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