4 mars 2013

Le bonapartisme, avenir du souverainisme français

Drapeaux français et européens.

Un peu moins de huit ans après la victoire du "Non" au référendum sur la Constitution européenne, le souverainisme français est, à l'image de notre Nation, affaibli par ses divisions. En 2005, environ 15 500 000 citoyens s'opposaient à la construction européenne telle que Bruxelles entendait la mener. En 2012, à l'élection présidentielle, près de 10 500 000 voix se portaient sur Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, les deux candidats les plus importants proposant une rupture avec l'Europe actuelle. A cela, il faut ajouter un nombre non négligeable de voix souverainistes portées malgré tout sur la candidature de François Hollande et surtout sur celle de Nicolas Sarkozy. 

Le parti du "Non" existe toujours, approximativement au même niveau qu'il y a huit ans. Mais, dissout dans les programmes démagogues des deux principaux nominés par le PS et l'UMP ou capturé par les programmes populistes des extrémistes des deux Fronts, il échoue dramatiquement dans son combat contre les dérives actuelles de l'Europe bruxelloise et pour la régénération de nos souverainetés. Nicolas Dupont-Aignan autoproclamé candidat des souverainistes en 2012 ne rassembla ainsi sur son programme que 644 000 citoyens, loin des millions de nonistes de 2005.

Le souverainisme vit au coeur du peuple français mais n'est qu'un nain politique, pulvérisé parmi divers candidats et courants, de qualités et audiences variables.

Seul le bonapartisme peut en assurer la cohésion, l'unité et le triomphe pour l'avenir. Petit retour sur le passé, le présent et le futur des souverainistes français.

Le souverainisme a derrière lui de belles batailles.
Que ce soit le référendum de 1992 où le talent exceptionnel de Philippe Séguin parvint à disputer jusqu'aux derniers instants la victoire à un "Oui" finalement vainqueur par 51,04%. Ou que ce soit le référendum de 2005 où le peuple français rejeta avec vigueur la Constitution européenne par 54,67% des voix.

Mais le souverainisme a aussi, et surtout, derrière lui des échecs retentissants.
Celui de Philippe de Villiers, porte-drapeau d'un souverainisme issu d'une Droite traditionnelle dans les années 1990, qui rassembla 4,74% à la présidentielle de 1995 puis 2,23% à celle de 2007. Celui de Jean-Pierre Chevènement, défenseur d'un souverainisme transpartisan, un temps pronostiqué troisième homme mais qui acheva sa course de manière désastreuse avec seulement 5,33%, et un électorat marqué à Gauche. Et enfin, plus proche de nous, celui de Nicolas Dupont-Aignan et son très faible score à la présidentielle de 2012 (1,79%), ne parvenant même pas, comme il le revendiquait, à dépasser une candidate écologiste pourtant en chute libre, et faisant moins bien que le très traditionaliste Philippe de Villiers cinq ans auparavant.

Aux élections européennes de 2009, tenues quatre ans après le triomphe du 29-Mai, Debout la République ne rassemblait que 1,77% des voix, dépassé par les listes Libertas, alliance entre la Droite traditionnelle de Philippe de Villiers et celle de Chasse, Pêche, Nature et Traditions, qui atteignit 4,80% des voix. On remarquera au passage que l'assise électorale de DLR n'a pas bougé d'un demi iota entre 2009 et 2012.

Qu'en était-il aux élections législatives consécutives à la Présidentielle de 2012 ?

Prenons un département témoin, et pour cela choisissons celui qui avait rejeté le plus massivement la Constitution européenne en 2005 : il s'agit du Pas-de-Calais (avec 69,49% de "Non"). Les quatre candidats de DLR dans ce département obtiennent, respectivement dans les 2e, 4e, 6e et 10e circoncriptions, 2,46%, 0,58%, 0,71% et 1,18% des voix. On peut imaginer, considérant la couleur politique du département, plus à Gauche, que ce parti souffre de son ancrage à Droite : la présence, dans la 7e circonscription, d'un candidat chevènementiste du MRC indique que cela n'est pas déterminant, puisque ce dernier ne recueille lui-même que 1,76% des voix.

Significativement, un candidat du Parti Fédéraliste (qui propose purement et simplement la création d'Etats-Unis européens !), enregistre, dans la 3e circonscription du Pas-de-Calais, avec 1,30% des voix, un score supérieur à trois des quatre candidats de DLR dans le département.

Cette longue description nous amène à un diagnostic : les partis souverainistes actuels échouent et ne disposent que d'un très faible électorat, même dans des régions hier nonistes.

Dispersés et affaiblis ils ne parviennent pas à faire passer un message original et authentiquement souverainiste. Menacés, à Gauche par Mélenchon et à Droite par Le Pen, ils s'ancrent dans le clivage partisan alors même que le souverainisme, à l'image de la Nation, doit se fonder dans le dépassement des antagonismes. A Gauche, le MRC se radicalise, tout comme DLR se radicalise à Droite avec certains propos tendancieux de M. Dupont-Aignan qui semble trop souvent courir derrière Marine Le Pen.

Aujourd'hui, le souverainisme n'est plus représenté par les partis souverainistes qui ne représentent pas grand chose. L'écrasante majorité des souverainistes sont orphelins.

Les citoyens souverainistes votent Mélenchon ou Le Pen, entrant dans le clivage Gauche/Droite et s'acoquinant avec des programmes extrêmement dangereux et nocifs pour la Nation ou la République (respectivement). S'ils refusent cette dérive vers les extrêmes du souverainisme, ils se voient condamnés à accorder leur voix à un des deux principaux candidats, dont le souverainisme est toujours très épisodique : François Hollande l'a montré dans l'échec des négociations avec l'Allemagne, et quant à Nicolas Sarkozy pouvait-on vraiment lui accorder du crédit, à lui, signataire du scandaleux traité de Lisbonne ?  D'autres enfin se réfugient dans l'abstention et l'abandon des droits civiques.

Souverainistes, demeurez exigeants, demeurez vigilants, demeurez des citoyens intransigeants : ne vous alliez ni avec les extrémismes dont les outrances salissent notre peuple et la politique ni avec les démagogues qui modifient leurs discours selon l'orientation du vent. Ne pardonnez rien, retenez tout. N'oubliez jamais : nous sommes seuls souverains. Nous n'avons pas à nous adapter aux médiocres qui nous dirigent, c'est à eux de s'adapter à nous.

Menacé jusque dans son âme par une alliance soit avec l'extrême et le populisme soit avec la démagogie et l'électoralisme, le souverainisme existe dans la réalité charnelle de notre peuple mais non dans sa représentation électorale et politique. Divisés entre mille chapelles, que ce soit entre le MRC ou DLR, entre les souverainistes de l'UMP ou du PS, ceux du Front de Gauche ou du Front National, les souverainistes français échouent dans leurs revendications par un manque d'unité qui fait d'eux les parfaits instruments de machines politiques très éloignés de leurs vrais convictions (et je veux notamment le croire pour les milliers de souverainistes sincères ralliés à Marine Le Pen). Présents partout, ils ne sont nulle part. Nombreux, ils ne sont rien.

Le souverainisme souffre de plusieurs défauts :
- une incapacité à sortir du clivage Gauche/Droite pour s'ancrer dans un esprit transpartisan au centre de la vie politique française (non pas au sens du centre bayrouiste mou et tiède, mais au sens d'un centre de gravité politique) ;
- un délire monomaniaque anti-européen qui fait du souverainisme une fronde enragée contre des réalités caricaturées, simplifiées et manipulées par des démagogues ;
- une lente dérive vers les extrémismes au pire, et au moins vers les populismes (comme on peut le constater dans le discours trop souvent outrancier et violent de Nicolas Dupont-Aignan) ;
- une explosion en mille chapelles, soit en petits partis indépendants, soit en courants minoritaires de grands partis.

Pour solutionner ces problèmes, le bonapartisme rénové s'impose. Il offrirait au souverainisme plusieurs avantages :
- un passé qui structurera le souverainisme en cessant d'en faire un mouvement né dans les années 1990 pour en faire un courant trouvant ses racines et sa cohérence dans l'Histoire de notre Nation, transformant l'actuelle rage stérile en projet de rénovation profonde de la France et de l'Europe autour de toutes les souverainetés, individuelles, populaires et nationales ;
- une rupture avec les extrémismes et les clivages par la réaffirmation claire et intransigeante des valeurs humanistes et nationales de réconciliation et de rassemblement, au coeur du message bonapartiste ;
- une unité construite sur un idéal de rassemblement qui, par sa réussite à petite échelle, renforcera notre ambition de rassemblement à grande échelle, celle de la Nation toute entière ;
- une unité proclamée qui clarifiera l'offre politique et offrira une nouvelle option aux milliers de souverainistes abstentionnistes ou votants frustrés.

Le bonapartisme n'est pas une chapelle d'un souverainisme éclaté. Envisagé ainsi, le bonapartisme se condamne à mourir, accompagnant la disparition d'un souverainisme moribond.

Le bonapartisme doit être une cathédrale où puisse se retrouver, se rassembler et se réconcilier tous les souverainistes dans un désir d'audace, de rupture et de radicalité humaniste, avant que ce ne soit tous les français qui viennent s'y réfugier. Le bonapartisme doit être ce lieu où les souverainistes pourront enfin être pleinement eux-mêmes sans devoir négocier avec des programmes extrémistes ou démagogiques. Le bonapartisme doit permettre au souverainisme de retrouver son âme, de réaffirmer son identité spécifique et d'élargir son champ d'application et d'ambitions. Le bonapartisme doit permettre aux souverainistes de s'affirmer sans faire une seule concession sur leurs valeurs, concessions qu'ils sont aujourd'hui forcés de faire pour exister, qui auprès de Mélenchon, qui auprès de Le Pen.

Souverainistes, comme je le disais plus haut, soyez exigeants et non moins vigilants, demeurez citoyens et intransigeants. Souverainistes, soyez bonapartistes et le soleil d'Austerlitz se lèvera sur nous, sur le souverainisme, sur la France, l'Europe et le Monde. Pour le Peuple, et par le Peuple.

1 commentaire:

  1. le bonapartisme est le rempart de la democratie en france et pour les peuples europeens,voulu notre empereur bien aime napoléon 1er la seule notion c est la grandeur de la nation,nous francais on est prisonniers du systeme politique actuel avec des clivages l abstention c est un découragement moral, je suis devenu un fervant sympatisant du mouvement bonapartiste je rends aussi hommage a notre empereur son altesse impérial napoléon 3 qui a su donne une valeur de notre pays

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