16 mars 2013

Une alternative dynastique est possible (anniversaire de la naissance du Prince impérial).

S.A. Mgr le Prince impérial

Il y a cent cinquante-sept ans, le 16 mars 1856, au terme d'un accouchement difficile, tout comme pour le précédent héritier impérial d'ailleurs (le roi de Rome, en 1811), naissait Son Altesse le Prince impérial, successeur désigné de son père, l'empereur Napoléon III, au trône de France.

Né sous le patronyme de Napoléon Eugène Louis Jean Joseph Bonaparte, surnommé Loulou par ses parents, il incarnera de 1873 à sa mort tragique en 1879 l'espoir d'un parti bonapartiste certes foudroyé par Sedan mais ayant cependant rassemblé plus de sept millions de suffrages, quelques mois auparavant, au plébiscite du 8 mai 1870. Aujourd'hui encore, cent cinquante-sept ans après la naissance du dernier héritier de l'Empire, l'espoir dynastique est possible.

La première question qu'on se pose avec une légitimité justifiée est "pourquoi doit-on être bonapartiste dynastique ?". Il faut tout d'abord comprendre que la fidélité dynastique n'est aucunement antinomique du républicanisme. Bien au contraire, l'option dynastique est la meilleure façon de protéger la République d'institutions qu'elle n'induit pas forcément. Il ne s'agit pas d'un combat entre d'une part la République et d'autre part la Royauté, mais d'une opposition entre un principe électif pourvoyeur de divisions et un principe héréditaire vecteur d'unité. Le choix n'est pas entre République et Empire mais entre présidence élective et présidence héréditaire. La question dynastique porte donc uniquement sur la nature, l'importance, le rôle et la symbolique de la charge de Chef de l'Etat. Rien d'autre.

Compris ainsi, la question dynastique doit recevoir, selon nous, une réponse positive, et massivement positive : un oui franc et massif, pour paraphraser le général de Gaulle qui n'aurait pas démenti cette orientation institutionnelle.

Face à une présidence qui divise les français et ne symbolise que très médiocrement la Nation, face à une présidence qui focalise toutes les attentions et nous oblige à une mascarade de guerre civile tous les cinq ans, face à une présidence qui perd son crédit au bout de quelques semaines, le choix d'un chef d'Etat héréditaire est une solution : il assure la continuité et l'incarnation de la Nation mais aussi sa souveraineté. En effet, un président, élu, pourra toujours vendre sa Nation au plus offrant, y compris si celui-ci est une technocratie pseudo-démocratique implantée à Bruxelles. Tandis qu'un monarque, lié à vie par son serment d'intronisation, et défendant avec autrement plus d'efficacité l'intégrité nationale, ne pourra jamais qu'incarner avec ardeur le sanctuaire patriotique.

Pour plus d'informations sur le bonapartisme dynastique, je vous renvoie aux deux articles à ce jour consacrés à cette notion : une introduction globale et une approche plus spécifique sur les rapports entre les monarchies et l'Europe.

La deuxième question qu'il faut se poser est peut-être plus étonnante puisqu'il s'agit de se demander "pourquoi peut-on être bonapartiste dynastique ?" La question soulève un problème central, celui du handicap supposé que représenterait une orientation institutionnelle aussi novatrice et aussi radicale pour un pays aussi républicain que le nôtre.

Tout d'abord, il faut réaffirmer l'idée selon laquelle il ne faut pas adapter nos idées à l'opinion communément admise à un instant t mais davantage travailler ardemment à convaincre cette opinion du bien-fondé de nos idées pour l'avenir. Mais de surcroît, les français ne sont, potentiellement, pas si réticents que cela à l'idée monarchique.

Historiquement attaché à la monarchie et à l'unité nationale, la France est peut-être le dernier pays vraiment "monarchique", au sens ancien du terme, puisque nous donnons tous les pouvoirs à un "monarque", élu, le Président de la République. Comme le disait le général de Gaulle : "La République n'est pas le régime qu'il faut à la France". Et pour une simples raison : l'attachement fondamental du peuple français à son unité et à sa grandeur, deux concepts sans cesse menacés par l'élection du chef de l'Etat.

Appuyée sur de solides argumentations, l'option dynastique peut convaincre. J'ajoute à cela que, selon un sondage BVA, publié le 8 mars 2007, pour France Soir, si seulement 3% des français sont tout à fait favorables à l'institution monarchique, 14% sont plutôt favorables (ce qui représente une belle marge de séduction directe) et 24% sont plutôt opposés (sans l'être fondamentalement, ils peuvent donc être convaincus). Au total, une option dynastique claire, bien argumentée et correctement soutenue peut théoriquement séduire 44% des français. Un score que mille opinions rêveraient d'obtenir.

Cet article s'achèvera sur un regret et un espoir, lié à la logique la plus pure du principe dynastique : le prince Napoléon. Né le 11 juillet 1986, notre Prince, le prétendant au trône impérial depuis le 3 mai 1997, est un jeune homme brillant de 26 ans, dépositaire de la stature et du charisme naturel des Bonaparte. De par son héritage, il est l'héritier de nos Rois comme de nos Républiques, et en cela le parfait héritier de notre Histoire nationale. Nous regrettons tous son silence et son manque d'investissement mais de ce regret sincère il nous faut tirer un espoir. En effet, les prétendants légitimistes et orléanistes, respectivement le duc d'Anjou et le comte de Paris, sont les meneurs de courants engagés, profondément marqués du sceau catholique, ces deux prétendants n'hésitant pas à violer le devoir sacré de réserve que doit respecter tout monarque constitutionnel, préférant défendre des positions partisanes, comme on a pu le voir lors du dramatique pugilat général autour du mariage gay.

Notre Prince est certes discret, si ce n'est absent, mais au moins il ne revendique pas de titre anachronique (les chiffres royaux de Louis XX et Henri VII étant une négation de l'Histoire de France) ni ne prend part à des querelles politiciennes indignes de son rang. En cela, son absence protège son capital impérial. Malgré tout, s'il se garde de l'entamer, peut-être le temps serait-il venu de commencer à le faire fructifie.

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