1 mai 2013

Les monarchies européennes, avenir de la construction de l'Europe

S.M. le Roi des Pays-Bas
Depuis hier, mardi 30 avril, le royaume des Pays-Bas a un nouveau souverain en la personne du roi Willem-Alexander (et non Guillaume IV comme on peut le lire parfois de manière erronée).

Il est le premier monarque masculin à monter sur le trône néerlandais depuis 1890, succédant à trois femmes : sa mère (Beatrix), sa grand-mère (Juliana) et son arrière-grand-mère (Wilhelmine). Avec, sur deux siècles d'existence, 123 ans de règne féminin pour 87 ans de règne masculin, et, depuis ce jour, le plus jeune chef d'Etat de l'Union européenne à sa tête (46 ans), la vieille monarchie des Pays-Bas montre un visage singulièrement moderne.

En réalité, et il s'agit là d'une de mes convictions les plus profondes, la monarchie sera, pour l'Europe, pour sa construction et sa consolidation, un allié de poids. Seule cette vieille institution pleine de modernité pourra assurer à merveille le rôle de gardien des indépendances nationales dans cette Europe nouvelle, confédérale, garante de nos souverainetés.

Sur les vingt-sept Etats membres de l'Union européenne, sept pays sont gouvernés par des institutions monarchiques : le grand-duché de Luxembourg (Henri), le royaume de Belgique (Albert II), le royaume des Pays-Bas (Willem-Alexander), le royaume de Danemark (Margrethe II), le royaume de Suède (Carl XVI Gustav), le royaume d'Espagne (Juan-Carlos Ier) et le royaume-uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord (Elisabeth II).

Pour beaucoup de personnes adeptes du politiquement correct, ces couronnes européennes sont des archaïsmes insupportables pour le monde moderne dans lequel nous vivons. Que la monarchie soit une composante essentielle du passé de l'Europe, cela ne fait aucun doute, tellement son Histoire en est habitée ; mais la monarchie est, quoiqu'on puisse en penser, un élément essentiel de l'avenir de l'Europe, si du moins on souhaite un avenir à l'Europe. Pour ceux qui rêvent de l'abaissement de nos pays par le refus aveugle et suicidaire de toute construction européenne ou, fléau symétrique, par une intégration fédéraliste insultante et concevable, les institutions républicaines sont parfaites : elles dissolvent le sentiment national, maintiennent de permanentes guerres civiles d'opérette, et laissent les Nations s'incarner dans des irresponsables politiques, dénués de charisme et de conscience historique (qu'ils se prénomment Nicolas ou François).

La monarchie est la solution institutionnelle de l'avenir. En monarchie, il n'y a pas de peur quant à la construction européenne car on sait toujours que le trône national fera barrage aux excès fédéralistes. Un président peut démissionner ou engager son pays dans la voie insupportable des "Etats-Unis d'Europe", comme le fait aujourd'hui par exemple Giorgio Napolitano, le président italien, en nommant l'europhile Enrico Letta à la tête du Conseil des ministres. Jamais un monarque n'agira comme tel. Un monarque est lié toute sa vie durant, de sa naissance à sa mort, par la conscience de ses devoirs et de sa mission sacrée. Il est lié toute sa vie durant par le serment de défendre la Nation en l'incarnant quotidiennement.

Les institutions républicaines affaiblissent l'incarnation nationale, si bien que, aujourd'hui, en France, il n'existe plus aucun symbole qui puisse rassembler correctement le Peuple et la Nation. Le Président de la République est une baudruche gonflée d'air vicié qui ne cesse de se dégonfler dès les premières semaines de son mandat ; il n'incarne rien d'autre que son camp, sa faction, sa clique.

Un monarque incarne parfaitement, et il rassemble autour de sa personne, il réconcilie, au-delà des clivages partisans et des divisions idéologiques. Plusieurs partis, plusieurs gouvernements possibles, une majorité et une opposition, mais un seul Roi pour une seule Nation. Ainsi, hier, près de 800 000 personnes se sont rassemblés à Amsterdam pour célébrer le roi Willem-Alexander. Or, les Pays-Bas comptent seulement 17 millions d'habitants, ce qui revient à dire que près de 5% des hollandais se sont rassemblés dans la capitale pour fêter leur roi, leur pays, leur peuple, leur Nation. Un habitant sur vingt.

A titre de comparaison, si une telle ferveur devait saisir le peuple français, considérant que nous sommes 66 millions d'habitants, il n'y aurait pas moins de 3 300 000 français rassemblés à Paris pour fêter l'unité et la Nation autour de l'Empereur. Un chiffre dont rêveraient tous ces gris républicains qui ne savent réunir que des camps et de stériles factions. Ainsi, lors de son dernier meeting, le 1er mai 2012, il y a un an, Nicolas Sarkozy rassemblait (selon les organisateurs), 200 000 participants. Un chiffre qui, dans cette médiocrité républicaine ambiante où on s'habitue dramatiquement à l'éclatement de l'unité nationale, apparaissait comme un score extraordinaire.

Pour un pays quatre fois plus petit, ils étaient quatre fois plus nombreux à fêter leur roi, hier, en cette belle journée du 30 avril. Et, comme je l'ai déjà dit, si une telle ferveur devait s'emparer de notre peuple, ils seraient 16 fois plus nombreux que les participants du meeting factieux de Sarkozy.

Le trône, c'est l'ultime barrière, une barrière infranchissable, qui empêchera toujours la Belgique, le Royaume-Uni, l'Espagne ou les Pays-Bas de se fondre dans une entité fédéraliste européenne. Les trônes sont hérités de la plus antique Histoire et ne sauraient disparaître devant des constructions hasardeuses. Et ces protections infranchissables permettent à ces peuples d'avancer tranquillement, sans peur, dans une construction européenne rationnelle et confédérale, respectueuse des indépendances et des trônes, qui puisse garantir nos souverainetés tout en assurant un leadership mondial à l'Europe, grande puissance partagée en tant de Nations souveraines, dont l'indépendance est incarnée depuis toujours et jusqu'à la fin des temps dans ces couronnes insubmersibles.

Construite par les monarchies, l'Europe se construira demain avec elles, dans un esprit de respect des souverainetés et des indépendances, ou alors nos faibles institutions républicaines laisseront place à une Europe technocratique et antidémocratique qui effacera ce glorieux passé dont les couronnes européennes portent, et avec quelle dignité, la dernière trace.

2 commentaires:

  1. Je suis totalement d'accord avec vous quant à la question des indépendances nationales, les monarchies protocolaires ne sont plus que des vitrines d'un folklore local! Je n'ai lu aucun appel de souverain pour se dresser contre le traité de Lisbonne! Même si vous avez raison quant à l'Union Européenne comme institution technocratique et antidemocratique, quel légitimité pour un homme qui n'est qu'un homme pour pour se proclamer plus sage que les autres quant à la direction que doit prendre le pays? Quant à la conscience nationale, je ne crois pas une seconde que le Prince Albert de Monaco, ni le prinçe Harry, tant qu'on y est, puisse tenir tête face à nos dirigeants! Un nom n'est qu'un nom! Une ascendance ne prouve rien, et n'est pas garante de bons princpes, ni de toute éducation!

    "Qui t'a fait duc"
    "Et toi, qui t'a fait Roi?"

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    1. Si je ne m'abuse, le prince Harry n'est pas roi. Et le prince Albert II est un monarque assez particulier. Par contre, que dîtes-vous du fait qu'un peuple monarchique comme la Grande-Bretagne, qui communie de manière assez extraordinaire autour de sa Reine, que dîtes-vous du fait que ce peuple est le seul à combattre le fédéralisme européen tandis que des peuples républicains comme la France, l'Allemagne ou l'Italie s'engagent, contre leurs peuples, dans la déconstruction des Nations ? Il faut aller au-delà des slogans jacobins et anti-monarchiques pour comprendre que la monarchie n'est pas qu'un nom mais un système symbolique qui permet l'incarnation, et donc la défense, du principe national.

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