2 mai 2013

Touche pas à ma violette : le sarkozysme est l'ennemi du bonapartisme

Crédits : Felinda / Fotolia.com

C'est avec un puissant sentiment d'indignation que j'ai appris aujourd'hui que la faction ultra-sarkozyste de l'UMP, la Droite forte, désirait organiser, à l'avenir, chaque premier samedi de Juillet, une "Fête de la Violette", à la gloire de leur ancien grand timonier, Nicolas Sarkozy. Et le père de cette initiative, Guillaume Peltier, ancien militant du Front National, n'a pas honte de la manoeuvre de récupération qu'il mène sur un de nos symboles puisqu'il reconnaît lui-même que la violette est "le symbole de ralliement des bonapartistes".

En effet, la violette est la fleur des bonapartistes depuis la première abdication, les fidèles de l'Empereur espérant qu'il reviendrait avec le printemps et les violettes, d'où le surnom de Père la Violette affectueusement donnée à Napoléon.

Face à cette tentative de récupération sarkozyste du bonapartisme, et, de surcroît, l'initiative venant d'un homme proche des milieux catholiques traditionalistes, ancien militant du Front National, nous nous indignons, et nous rappelons, ici, avec force, les nombreuses différences de fond qui existent entre la dérive sarkozyste et la foi bonapartiste.

En premier lieu, le bonapartisme se construit autour d'un exigent respect de l'idée d'unité nationale, bâtie sur un travail permanent de rassemblement et de réconciliation. Jamais un bonapartiste n'aurait pu mener comme l'a fait Nicolas Sarkozy ces basses manoeuvres politiciennes qui mirent en danger tant de fois l'unité de notre Nation. Les propos clivants et les faux débats, comme l'identité nationale, appartiennent à tout ce que le bonapartisme condamne. Le sarkozysme veut rassembler un camp. Le bonapartisme réconcilie la Nation.

Cette appartenance à un camp, et plus encore à un clan, défendant toujours aveuglément ceux qui font partie de sa clique, ce comportement est antibonapartiste. Nicolas Sarkozy était au service de la Droite et de son parti, il a divisé les français, il a distillé les germes empoisonnés de l'esprit factieux et de l'éclatement de notre peuple. Il n'est pas bonapartiste. Il ne le sera jamais.

Son "autoritarisme" présumé n'était qu'une stérile agitation, et non l'envie d'imprimer une ligne claire et déterminée. On ne peut se prétendre "autoritaire" lorsqu'on passe la moitié de son temps le regard sur les sondages d'opinion, pour savoir comment agir en vue de remporter la prochaine élection. Nicolas Sarkozy n'a pas gouverné la France, il a régenté l'opinion, il n'est pas bonapartiste.

Il a toujours fait passer les contingences et les pressions de l'opinion avant ses propres convictions, revenant sans cesse sur ce qu'il défendait hier encore. Il n'y a rien de commun entre lui et Napoléon III qui sacrifia à  son idéal et à ses convictions la stabilité et l'autorité de son pouvoir personnel.

Il n'a cessé de mentir au peuple français, de se moquer du peuple auquel il devait tout. Au fil de son mandat, il n'a cessé de radicaliser son discours selon la tournure du vent, finissant durant l'entre-deux-tours par mener une des campagnes les plus ordurières de tous les temps. Il est responsable, conjointement avec François Hollande, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, de l'hystérie globale qu'est devenue notre politique.

Il a divisé les français, il a menti aux français, il a nourri les pires démons de notre peuple pour se faire réélire, il a gouverné au service non de l'intérêt général mais d'une opinion versatile. Il a rassemblé son camp au détriment de l'unité de la Nation. Il a piétiné l'acte superbe du général de Gaulle en nous faisant revenir dans le giron de l'OTAN.

Nicolas Sarkozy n'est pas bonapartiste, et il ne sera jamais bonapartiste. Il ne peut prétendre à rien de plus qu'à être une caricature de pseudo-bonapartisme autoritaire.

Le bonapartisme est généreux, le bonapartisme est national, le bonapartisme est humaniste, le bonapartisme est audacieux, le bonapartisme voit plus loin que l'opinion, il est au service de la Nation, de sa grandeur, de son intérêt, de son Histoire. Tout ce que Nicolas Sarkozy ne fut jamais.

2 commentaires:

  1. Je partage tout à fait ce sentiment. Ne faut-il pas écrire à M. PELTIER Guillaume en lui remémorant justement l'appartenance symbolique de la violette au bonapartisme et donc, qu'il ne peut ursuper ce symbole historique puisque il n'est pas et ne sera jamais bonapartiste, comme, d'ailleurs, tous ses amis............

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    1. M. Saforcada a déjà fait ce geste et il était d'ailleurs le seul légitime à le faire.

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