11 juillet 2013

2017 : ni Hollande, ni Sarkozy, une nécessité patriotique

François Hollande et Nicolas Sarkozy

La politique française est un système au renouvellement fort peu régulier ; l'Histoire récente en regorge d'exemples. Pendant des décennies, la politique hexagonale fut dominée par les mêmes figures.

François Mitterrand fut ainsi ministre de la IVe République avant de devenir challenger du général de Gaulle en 1965 puis de Giscard en 1974, défaisant ce dernier en 1981, pour une présidence de quatorze ans. Jacques Chirac lui succède en 1995, mais il ne s'agit en aucun cas d'un homme neuf : adversaire de Mitterrand il l'était déjà en 1981 et 1988, après avoir été le tombeur de Chaban en 1974. 1995 et 2002, ce sont les mêmes matchs : Jospin vS Chirac. Le second round, perturbé par une crise majeure de l'Histoire nationale, démontre l'affaiblissement du politique en France.

Il faut attendre 2007 pour voir une élection présidentielle (relativement) "neuve", opposant Nicolas Sarkozy (ministre de Balladur) à Ségolène Royal (ministre de Bérégovoy). Le peuple ne s'y trompe pas et, à l'opposé du désastre d'avril 2002, il participe massivement à ce rendez-vous démocratique.

Aujourd'hui, un an après l'élection présidentielle de 2012, l'avenir semble certain sur certains points. Sauf nouveauté radicalement historique, François Hollande briguera un deuxième mandat. Et sauf avarie judiciaire, Nicolas Sarkozy tentera de récupérer son trône. 2017, revanche de 2012. Une perspective affligeante, car notre système politique gagnerait à trouver une respiration nouvelle. Sans elle, la Nation risque l'asphyxie.

Nous refusons de devoir de nouveau départager ces deux personnalités, égales dans leur incompétence. D'un côté, un homme politique entouré d'affaires politico-financières, ayant clivé le peuple français lors d'une des campagnes présidentielles les plus écouerantes de notre Histoire. De l'autre, un homme politique qui se montre jour après jour incapable d'assumer les grandes responsabilités que le peuple lui a confié.

Des deux côtés, des hommes qui ont renié les promesses les plus simples. Nicolas Sarkozy avait dit qu'il se retirait de la vie politique, aspirant à servir d'une autre façon son peuple. Cette promesse-ci non plus il n'a pas su la tenir, et quelques mois auront suffi pour que tout le monde comprenne son désir farouche de revanche. François Hollande, quant à lui, se sera montré incapable d'être moins clivant que son prédécesseur, laissant le débat sur le mariage gay dériver en l'affrontement ridicule et caricatural de deux blocs non-représentatifs de la Nation. De surcroît, lui non plus n'aura pas su tenir une promesse simple : il avait dit qu'il ne recevrait pas de journalistes à l'Elysée. Promesse brisée dès le 14 juillet 2013. Comment peut-on ainsi renoncer à une promesse (pourtant si simple !) faîte devant le peuple français ?

Nicolas Sarkozy aura été le président du début de la crise. Il n'aura pas su la gérer. François Hollande en aura hérité, ne montrant pas plus de capacité dans cet exercice. Nicolas Sarkozy n'aura pas su donner un idéal solide à Droite, n'assumant aucune politique autre qu'une tactique politicienne décidée au jour le jour. François Hollande n'aura pas su trancher des divergences internes à sa majorité. Des deux côtés, caricatures, simplifications et escarmouches politiciennes dominent.

Vision pour l'avenir, ambition pour la France, pour l'Europe et pour l'Occident, courage politique et audace : aucune de ces vertus n'est à chercher chez ses hommes. Ils ont chacun des qualités, mais en aucun cas des qualités d'homme d'Etat, digne de la Grande Nation qu'ils sont présumés servir.

Le bilan est rude. Sans concession. Et voilà pourquoi ni l'un ni l'autre ne devraient chercher à exercer quelconque pouvoir après 2017. Nicolas Sarkozy a été congédié par le peuple, il doit se plier à cette volonté et assumer sa destinée en servant autrement. François Hollande, quant à lui, doit saisir la chance qui lui est offerte de demeurer dans l'Histoire plutôt que d'en sortir lors d'une élection incertaine. En se libérant de cette perspective électorale, il pourrait s'élever et peut-être devenir un grand Président de la République. Il pourrait alors remettre dans l'ordre dans sa majorité et mener, tambours battants, une politique pleine d'énergie et d'audace pour le redressement de la France. Qu'il laisse les bassesses électorales à d'autres.

Et surtout, qu'il permette ainsi à la politique française de se régénérer. Car, oui, les hommes qui nous gouvernent sont là depuis trop longtemps. François Hollande fut secrétaire du PS de 1997 à 2008, et le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, chef du groupe socialiste à l'Assemblée de 1997 à 2012. Qu'ils laissent à d'autres le soin de la France. Même constant pour Nicolas Sarkozy, omniprésent depuis toujours, mais aussi pour François Fillon qui, après cinq ans à Matignon, aura des difficultés à nous jouer le répertoire de la vierge immaculée.

Pourquoi ce qui a lieu en Amérique ne pourrait-il pas avoir lieu en France ? Barack Obama est un grand président, admiré par le monde entier, porteur de grandes ambitions et d'une véritable vision. Pourtant, il ne disposa que d'un mandat local de sénateur de l'Illinois de 1997 à 2004, avant de devenir sénateur des Etats-Unis. Ce mandat national il ne l'aura exercé que quatre petites années, se déclarant même candidat à la magistrature suprême dès février 2007, soit seulement deux ans et trois mois après cette élection au Sénat. Né en 1961, il avait 47 ans lors de son élection, en 2008. Mitterrand fut élu à 65 ans, Chirac 63 et Hollande 57. Seules "exceptions", VGE avec 48 ans en 1974 et Sarkozy 52 en 2007.

Notre démocratie est vieille, et comme toutes les vieilles choses elle est malade. Ce dont elle a besoin c'est d'énergie et de renouveau.

Que Sarkozy abdique son désir compulsif de pouvoir et que l'actuel président renonce à la prolongation de son mandat pour se consacrer à sa place dans l'Histoire. Place aux jeunes.

En 2017, nous ne voulons ni Sarkozy ni Hollande. Nous voulons avoir un choix neuf et authentique. Place à la nouvelle génération, place à une France nouvelle : Arnaud Montebourg, Manuel Valls, Bruno Le Maire, François Baroin, Cécile Duflot, Delphine Batho, Benoît Apparu, Chantal Jouanno. Tant de noms nouveaux. L'espoir d'un nouveau souffle.

A cette ligne, une seule exception ! S'il faut un homme de grande sagesse et de vaste expérience pour présider à une politique de rassemblement et de réconciliation nationale, il n'y a qu'un nom possible : Alain Juppé, au-dessus des partis, pleinement gaullien, vraiment gaulliste, la sagesse entourée de jeunesse, lui à l'Elysée et un jeune à Matignon. En dehors de lui, qu'un sang nouveau abreuve directement les sillons de l'Elysée !

1 commentaire:

  1. la conclusion de cet article commence ce jour 20 08

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