4 août 2013

La nouvelle route Napoléon : le chemin de retour des cendres de Napoléon III

L'Empereur

Il s'agit là d'une chose importante, si ce n'est primordiale, pour nombre de bonapartistes. Injustement insulté, sa mémoire malhonnêtement salie, notre dernier monarque, et premier président, repose en terre étrangère, avec sa femme, l'Impératrice Eugénie, et son fils, le Prince impérial, dans l'abbaye Saint-Michel de Farnborough (Hampshire). Il est plus que temps qu'ils nous reviennent.

Ma vision au sujet du retour des cendres de Napoléon III a déjà été développé dans un article antérieur. Ce qui m'apparaît le plus essentiel relativement à cette question c'est d'assurer à l'Empereur un retour dans la paix et l'unité nationale, l'événement ne laissant prise ni à une récupération politique indigne ni à une nouvelle entreprise de démolissage de sa mémoire. L'Empereur doit revenir au milieu de son peuple, auréolé de la gloire de l'héritage qu'il nous a légué, et sans qu'une seule polémique bassement politicienne ne puisse se greffer sur ce grand événement national. L'idéal serait qu'il nous revienne sous le règne de son lointain héritier.

Mais au-delà de ces contingences, et car il s'agit pour beaucoup d'entre nous d'un combat qui nous tient particulièrement à coeur, je veux vous proposer aujourd'hui un petit exercice d'imagination, purement littéraire, et en même temps engagé. En cette période estivale, où l'actualité est bien moindre qu'en des périodes moins ensoleillées, accordons-nous une petite pause de rêverie sans conséquence.

Imaginez, un instant, que nous sommes au début d'une belle journée de janvier, le 9, dans un avenir plus ou moins proche. La France, après des années d'oubli, se tourne, résolue et reconnaissante, vers son passé, et vers Napoléon III, dont elle organise le retour sur le territoire national. Récit.

Tout commence, inévitablement, en Angleterre, dans cette ville proche de Londres, Farnborough. Un cortège officiel se dirige vers les grilles de l'abbaye Saint-Michel, les franchit et vient s'arrêter devant l'impressionnante bâtisse des moines qui résident ici depuis plus d'un siècle, de par la volonté de l'Impératrice.

L'abbé et ses frères attendent devant l'église abbatiale. Il est bientôt 9h45, heure de la mort de l'Empereur. Des voitures officielles descendent successivement la Princesse Caroline, représentante de son frère, l'Empereur Napoléon IV Jean, le ministre des Affaires étrangères, l'ambassadeur de France en Angleterre, puis des soldats des trois corps d'armée. La Princesse et les officiels saluent l'abbé et les autres moines, avant de lui remettre la lettre de Sa Majesté l'Empereur qui demande à l'abbaye de bien vouloir accepter le retour des cendres de la famille impériale dans leur pays d'origine. Les négociations ont déjà eu lieu, l'abbé accepte formellement, et invite tout le cortège français à venir prendre place dans l'église abbatiale où commence, alors que 9h45 sonne au monastère, une cérémonie en mémoire de l'Empereur Napoléon III et de sa famille.

La cérémonie achevée, la Princesse descend dans la crypte avec les soldats qui en extirpent les trois cercueils, recouverts du drapeau tricolore. La Princesse Caroline dépose une couronne de fleurs devant chaque cercueil de marbre, désormais vides, et remet une seconde lettre de l'Empereur à l'abbé, qui lui demande de continuer à prier et à rendre hommage à la Famille impériale, s'engageant à ce qu'un représentant officiel de l'Empire conduisant une délégation française vienne assister aux messes hommages chaque 9 janvier, 1er juin et 11 juillet.

Le cortège quitte alors Farnborough pour Douvres où l'Empereur Napoléon III, l'Impératrice Eugénie et le Prince impérial vont embarquer sur un navire de l'armée française, pavoisée de nombreux drapeaux tricolores. Le navire s'éloigne, et quelques temps plus tard, il arrive à Calais, où l'attend une nouvelle délégation, composée de l'Empereur Napoléon IV et de l'Impératrice son épouse, des autres membres de la Famille impériale, du Premier ministre et du Gouvernement. Les cercueils sont déposés sous un immense dais, puis résonne la sonnerie aux morts, suivi aussitôt d'une exécution de Partant pour la Syrie avant que n'éclate l'hymne national actuel. La Famille impériale se recueille un instant devant chacun de ses lointains parents, puis le Chef du Gouvernement prend la parole pour un discours d'hommage à l'Empereur Napoléon III et à la France.

Les cendres de la Famille impériale embarquent ensuite dans un moyen de transport qui avait les faveurs particulières de l'ancien monarque : un train, pavoisé de bleu-blanc-rouge, d'aigles et d'abeilles. Il part quelques minutes après celui de la délégation officielle. Arrivée en gare du Nord, richement décorée pour l'occasion, le convoi est accueilli par une foule enthousiaste et une ultime délégation, menée par le Maire de Paris, et comportant nombre de parlementaires et d'élus.

Mais le plus important est que désormais la principale délégation qui accompagnera la dépouille mortuaire de l'Empereur c'est le peuple lui-même, ce peuple qu'il a tant aimé.

Le cercueil de Napoléon III sort alors sur la place Napoléon-III et, placés dans des voitures-corbillards, les trois corps empruntent le boulevard de Magenta jusqu'à celui de Sébastopol, avant d'emprunter les boulevards de Bonne-Nouvelle et de Montmartre. A l'entrée du boulevard Haussmann, le cortège oblique sur celui des Italiens, jusqu'à la place de l'Opéra, où une première station est prévue. La Famille impériale régnante et les officiels y attendaient les cercueils pour de premières allocutions, rendant hommage à l'héritage urbain, artistique et architectural de l'Empereur. Le Chef de l'Etat prend la parole pour un vibrant discours qui clôt tous ceux de la journée.

Le cortège funèbre reprend alors sa route, les officiels suivant cette fois-ci à pied, l'Empereur régnant en tête, les trois cercueils montés sur des fûts d'artillerie. Ils descendent le boulevard des Capucines, jusqu'à la Madeleine, où ils empruntent le boulevard Malesherbes jusqu'à l'église Saint-Augustin. Une seconde cérémonie religieuse a lieu, puis les soldats qui avaient portés les cercueils hors de la crypte de Farnborough, les descendent dans celle de Saint-Augustin, nouveau Saint-Denis de la famille Bonaparte.

A la sortie, après une rapide revue des troupes, Napoléon IV dévoile la nouvelle plaque de rue, le boulevard Malesherbes devenant boulevard Napoléon-III, dans son segment entre Madeleine (temple de la Grande Armée) et le boulevard Haussmann, son fidèle préfet. Un feu d'artifice est alors tiré derrière Saint-Augustin pour le peuple rassemblé sur ce nouveau boulevard.

Sur le parcours entre l'Opéra et Saint-Augustin, la foule aura été massive, malgré le froid. Les cris de "Vive l'Empereur" auront parfois fusé au milieu du respectueux silence dans lequel Paris rendait hommage à cet homme qui lui avait tant apporté. Le soir, un opéra événement sera donné à l'Opéra Garnier, en présence de la Famille impériale. Le lendemain, une exposition au Grand Palais sera inaugurée en l'honneur de la Famille impériale rapatriée. Et nombre de français viendront se recueillir sur la tombe, désormais plus proche qu'elle ne l'était hier de l'autre côté de la Manche.

1 commentaire:

  1. C'est une jolie histoire mais c'est un vœux pieux. Sans être exempt de nombreuses fautes, Napoléon III est l'un des plus grands souverains de notre histoire. La France entière s'est déchargée sur lui de la catastrophe de 1870 et le retour de ses cendres serait bien entendu prétexte à polémiques politiciennes et a tentatives de récupération. Laissons sa dépouille reposer en paix et gardons le à sa place dans le Panthéon national, notre mémoire collective : l'une des premieres

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