21 septembre 2013

EVENEMENT. Entretien exclusif avec Thierry Choffat, figure historique du bonapartisme



Evènement exclusif sur Renouveau Bonapartiste. M. Thierry Choffat a accepté de s'entretenir avec moi des questions qui intéressent les bonapartistes d'aujourd'hui. Figure emblématique du bonapartisme contemporain, président du CERB (Centre d'Etudes et de Recherches sur le Bonapartisme), fondateur du RB (Rassemblement Bonapartiste) en 1992 puis de FB (France Bonapartiste) en 2000, il a accepté de répondre à mes nombreuses questions, et je l'en remercie chaleureusement.

Dans le traitement de cet entretien, très long, plusieurs solutions s'offraient à moi. Soit subdiviser l'interview en plusieurs parties, postées à intervalles réguliers, soit retrancher certaines questions pour alléger l'ensemble. Ces deux solutions ne convenaient pas, pour une seule et même raison : l'entretien forme un tout cohérent de réponses extrêmement pertinentes. En retrancher une serait criminel et fragmenter la dynamique de l'interview fort dommage.

Voilà pourquoi, j'ai décidé, au final, de conserver toutes les questions et toutes les réponses, et de publier l'entretien d'un seul tenant.

L'entretien est divisé en parties : "Engagement", "Histoire", "Politique", "Famille impériale". Il s'achève par trois questions en guise de "Conclusion(s)".

Encore merci à Thierry Choffat pour nous avoir consacré tout ce temps.

Bonne lecture.


ENGAGEMENT


Thierry Choffat, vous êtes né en mai 1968. Après des études de droit à Besançon, vous poursuivez vos études à Nancy où vous soutenez votre thèse en Science politique sur Les militants du Front National. Vous enseignez aujourd'hui à l'université de Lorraine (ancienne université de Nancy-II).


A mon directeur de thèse, j'avais proposé un sujet sur le bonapartisme, et notamment sur le bonapartisme depuis 1870. Ne pouvant me diriger sur cette recherche et estimant qu'elle était plus historique que politique, il m'a proposé un autre thème sur les militants du FN. Cela me faisait radicalement changer, d'autant plus que mon mémoire de DEA portait sur Lutte Ouvrière.
J'ai soutenu ma thèse en 1994 et suis maître de conférences en science politique depuis 1995. Outre mes cours magistraux classiques (vie politique, sociologie, histoire, droit des associations, séminaire de science politique...) je donne des sessions de communication écrite et orale à des responsables et militants syndicaux (CGT, CFDT, FO et CGC).

Quand et comment êtes-vous venu au bonapartisme  ?

Le plus simplement du monde. Je suis napoléonien depuis mon enfance.


Au collège déjà, j'étais passionné d'histoire, et plus particulièrement de la période de la Révolution et des deux Empires. Mon attachement à Napoléon était essentiellement axé sur son œuvre civile. Plus que le chef de guerre ou le grand stratège, j'admirais (et j'admire toujours), l'administrateur. J'étais stupéfiait qu'un Chef d'Etat puisse ainsi réformer profondément et durablement le pays. Plus qu'Arcole, Marengo, Austerlitz, Wagram ou La Mosckova, je soulignais les victoires civiles, administratives, financières réalisées en quinze années, les années les plus fécondes de notre histoire : les préfets, les codes civil, pénal, la paix religieuse, le Concordat, la Cour des Comptes, le Franc Germinal, la Banque de France, le Conseil d'Etat, les lycées, le baccalauréat, l'Université, la Légion d'Honneur, les Palmes Académiques, les prud'hommes, les chambres du commerce... Et globalement, deux siècles après, ces institutions demeurent.

Nous sommes déjà sur des aspects politiques. Au-delà de la personnalité même de Napoléon, véritable professeur d'énergie comme l'a qualifié Barrès, quelles étaient les "recettes" pour que ces réformes réussissent à s'imposer ? Ces éléments se retrouvent dans le bonapartisme : le rassemblement des Français autour d'un homme, d'un Chef, par delà les stériles clivages partisans, le refus des corps intermédiaires, la relation directe entre l'exécutif et le Peuple, par le biais des plébiscites (référendums), l'encadrement du pouvoir législatif, la volonté de concilier, d'opérer d'ambitieuses réformes administratives, institutionnelles, financières, le recours à des collaborateurs choisis en fonction de leurs compétences et non en considération de leur passé ou de leur attachement partisan...

J'avoue que je me sentais bien seul avec ces opinions. En 1982, alors que j'avais 14 ans, j'ai appris qu'il existait un parti bonapartiste en Corse, le Comité Central Bonapartiste. Ce CCB tenait encore la mairie d'Ajaccio et avait des candidats et des élus aux élections cantonales et régionales. J'ai contacté le CCB mais le mouvement ne s'intéressait qu'à une implantation sur la Ville Impériale. A force de demandes, j'ai été coopté au sein du comité central en 1985. Mais sans militer, sans avoir de vraies relations politiques.
Localement, j'avais néanmoins rassemblé des amis napoléoniens et bonapartistes, au lycée, puis à la faculté. Sans vraiment créer de mouvement, mais pour échanger sur nos options. Nous n'étions qu'une petite poignée.

En 1992, le 18 mai très exactement, jour de la proclamation de l'Empire en 1804, vous fondez, avec d'autres militants, le Rassemblement Bonapartiste (RB), après plus de cinquante ans d'absence de structure militante nationale du bonapartisme. Quelle était votre ambition à ce moment-là ?

En 1992 en effet, avec quelques amis bonapartistes avec lesquels j'étais en relations, nous avons constitué le Rassemblement Bonapartiste. Au début, c'était surtout une "amicale politisée", réunissant des jeunes, des étudiants venus de la région parisienne, du Gard, de la Haute-Garonne, du Nord et de Franche-Comté. Nous ne devions être qu'une vingtaine.
Notre "ambition" était de renouer avec un glorieux passé, de nous retrouver, de démontrer que des bonapartistes existaient encore.
Surtout, nous voulions rénover le bonapartisme, réétudier et actualiser ses idées.
Nous avons choisi le plus âgé, le seul inséré dans la vie active, Hervé Moulin, comme président. Dès la création, je suis devenu le délégué général, chargé de l'implantation en province. Cela a été le début d'une belle aventure. Très vite, nous nous sommes organisés, nous nous sommes développés. De 20, nous sommes vite devenus 100, 200 puis 300. Rapide progression mais qui avait aussi ses inconvénients. Nous étions jeunes, inexpérimentés. Pourtant, nous avons fait un bon travail. Emmanuel Johans, étudiant en histoire à Toulouse est devenu président et moi secrétaire général. Nous avons insisté sur le militantisme, sur la recherche doctrinale.
J'ai surtout été surpris que venus d'horizons divers, nous avions, globalement, les mêmes idées, les mêmes orientations, les mêmes approches.
Ce fut une période féconde. Enfin, les bonapartistes, jusque là isolés, se retrouvaient, tissaient des liens.

Le Rassemblement Bonapartiste avait-il pris position lors des événements politiques que furent le référendum sur le Traité de Maastricht de 1992, les élections législatives de 1993 et l'élection présidentielle de 1995 ?

Nous avons participé à la campagne référendaire contre le traité de Maastricht, noués des contacts avec Philippe Séguin qui nous encourageait...
C'était une concrétisation militante pour beaucoup d'entre nous. Nous avions réalisé des tracts que l'on distribuait au public, dans les meetings de Philippe Séguin ou d'autres ténors du non à Maastricht. Le Rassemblement Bonapartiste a même eu droit à quelques articles de presse dans les médias nationaux et locaux.

Nous n'avons pas vraiment participé aux élections législatives de 1993. Nous n'avions pas de candidats.

Pour les élections présidentielles de 1995; notre action a été limitée. Les plus séguinistes notamment, ont surtout participé à la campagne de Jacques Chirac. Certains militaient en même temps au Rassemblement pour une Autre Politique (RAP) qui rassemblait de jeunes séguinistes, voire y occupaient quelques responsabilités. D'autres membres soutenaient Edouard Balladur. Mais en tant que mouvement, le RB n'a, en fait, que très peu œuvré.

Comment expliquez-vous la durée de vie extrêmement brève, quatre ans (1992 - 1996), du Rassemblement Bonapartiste  ?

Malheureusement, le Rassemblement Bonapartiste a "explosé" fin 1996. Sa vie fut donc, comme vous le dites, extrêmement brève... mais intense !
Plusieurs raisons : un développement sans doute trop rapide (il nous fallait accueillir de nombreux adhérents que nous ne connaissions pas ; mais cela prouvait que les bonapartistes étaient multiples), une implantation qui demandait un réel investissement en temps, en énergie, et puis une ambiguïté sur nos objectifs : devions nous faire uniquement de la politique ou aussi s'intéresser à l'histoire du bonapartisme ? 
Surtout, il ne faut pas oublier que nous étions, pour la plupart, des étudiants, en histoire, en droit, en science politique, sans grands moyens financiers, sans influence, sans expérience politique... Internet n'existait pas, il ne fallait compter que sur nous-mêmes. Nous réalisions (parfois assez artisanalement, mais avec beaucoup d'entrain), des tracts, des affichettes, des autocollants, mais aussi des bulletins, nationaux et même régionaux puisque j'ai alors fondé "L'Abeille Comtoise", revue qui existe toujours mais sans référence politique...
Le RB fut, à mon sens, un moment fort dans l'histoire du bonapartisme. Depuis 1940, nul mouvement ne s'était clairement défini comme bonapartiste sur le continent. Nous étions une résurgence. Nous avons semé, brièvement certes, mais le travail mené pendant 5 ans n'a pas été inutile. Il a permis de relancer une mouvance vieille de deux siècles, de rassembler des bonapartistes isolés, d'amener à nous des gaullistes, des napoléoniens, de nous faire connaître, y compris dans les médias nationaux et régionaux et surtout, de développer et d'actualiser notre "doctrine".

Après la dissolution du Rassemblement  Bonapartiste en décembre 1996, vous fondez le Centre d'Etudes et de Recherches sur le Bonapartisme (CERB). Présentez-nous cette précieuse institution.

Le CERB correspondait à l'un des axes du RB, à savoir multiplier les recherches scientifiques sur l'histoire du bonapartisme. Le Rassemblement Bonapartisme ayant explosé, le côté politique fut essentiellement repris par Avenir France République qui réunissait alors bonapartistes et gaullistes "orthodoxes". Le groupe était présidé par Bernard Montrichard, ancien militant du RB mais aussi responsable régional de Présence et Action du Gaullisme de Pierre Messmer.
Mais il ne fallait pas seulement agir dans l'immédiat. Certes, l'action politique est noble. Il est nécessaire de militer, médiatiser le combat, mais le bonapartisme avait (et a toujours me semble-t-il) besoin d'être mieux connu, y compris par les militants qui se réclament de cette mouvance.
Dès 1996, avec l'ancien délégué général du RB, Christophe Guay et un ancien militant du Parti de l'Appel au Peuple d'avant 1940, Maurice Silberstein, nous avons donc constitué le Centre d'Etudes et de recherches sur le Bonapartisme (CERB). Nous avons vite été rejoint par des chercheurs, des historiens.

Notre travail consiste surtout à mieux connaître l'histoire du bonapartisme depuis deux siècles : personnages mouvements, élections, idées, événements... Notre principale activité reste la publication d'une revue d'une quarantaine de pages à chaque numéro, 3 fois par an. Pour un prix accessible (18,50 €), nous proposons à tous de multiples articles illustrés sur les Premier et Second Empire, mais surtout, et c'est notre originalité, sur la situation des bonapartistes après 1870. Nos revues donnent également des rubriques régulières, notes de lecture, actualité, chansons napoléoniennes...

Enfin, le CERB a aussi réalisé des brochures, organisé un colloque sur le bonapartisme, des conférences, et décerne un grand prix du bonapartisme au meilleur ouvrage traitant de notre sujet d'études.

Pensez-vous que l'avenir immédiat du bonapartisme se jouera davantage sur le plan du combat culturel et "idéologique" que sur celui du "militantisme" ?

Les deux bien évidemment. Mais, comme vous l'avez compris avec l'évolution du RB entre 1992 et 1996, il est parfois difficile de concilier les deux axes. Le bonapartisme étant une mouvance originale existant depuis deux siècles, il est indispensable de mieux le connaître. On se rend compte que les connaissances (du grand public, des médias, mais aussi des napoléoniens ou des bonapartistes) sont relativement limitées. Que sait-on du bonapartisme, de ses idées, de son évolution après 1870 ? Presque rien. Il est donc utile de travailler dans les archives, de procéder à des rappels "idéologiques", d'approfondir les recherches "culturelles".

Mais si on veut que le bonapartisme "renaisse", un militantisme est lui aussi indispensable. Il faut que des candidats se présentent aux élections sous l'étiquette bonapartiste, que des militants distribuent des tracts, s'expriment dans les médias, prennent des responsabilités publiques.

Peut-on faire les deux conjointement ? Je vous renvoie aux questionnements du RB qui a essentiellement éclaté sur ce sujet. A mon sens, il faut analyser, objectivement (donc de manière neutre, sans implication, scientifiquement) le courant et, d'un autre côté, militer.
Actuellement, j'estime que le CERB peut s'occuper du premier axe, en rassemblant surtout des chercheurs, des universitaires, qui ne sont pas obligatoirement des bonapartistes. France Bonapartiste doit être le vecteur du deuxième axe.

A l'avenir, quelle place, et quelle rôle, ambitionnez-vous d'exercer au sein du mouvement bonapartiste ?

Est-ce à moi d'ambitionner une place ? Pour reprendre notre réponse précédente, je pense que mon rôle est surtout actuellement de poursuivre le travail, scientifique, d'étude du bonapartisme historique.
Il faut aussi laisser le militantisme aux plus jeunes, aux plus actifs.
J'avoue avoir déjà beaucoup milité et pris des responsabilités aux sein des mouvements bonapartistes : délégué général puis secrétaire général du RB, responsable régional en Franche-Comté, candidat aux élections législatives de 1997 (j'avais alors obtenu plus de 3% des voix, ce qui marquait un renouveau du bonapartisme qui n'avait pas eu officiellement de candidat sur le continent depuis 1936), fondateur de France Bonapartisme en 2000... J'ai impulsé pas mal de groupes, regroupé de nombreux militants, parfois montré la voie..

Mais il faut également penser à une succession... Je sais que certains souhaiteraient que je m'implique plus fortement. Je reste profondément bonapartiste. Si je peux aider au développement de la mouvance, ce sera toujours avec plaisir. Ma place est sans doute plus désormais dans une mission de "sage", susceptible de modérer les uns, de rassembler les autres. Il est nécessaire d'unifier le mouvement, d'empêcher une trop grande dispersion qui nuit à la visibilité du bonapartisme. Si je peux aussi, quelquefois, éviter des dérives, réconcilier, ce sera déjà très bien.

Ne croyez pas que je m'échappe totalement du militantisme. Je suis toujours un élu local (premier adjoint dans une commune de plus de 300 h) et, modestement responsable de circonscription de Debout La République. En effet, DLR réunit une forte proportion de bonapartistes qui retrouvent des points communs nombreux. A ce titre, je suis candidat au conseil national de DLR, aux côtés de militants bonapartistes, en révélant nos orientations napoléoniennes. C'est aussi une manière de mieux faire connaître l'option idéologique à laquelle je me réfère depuis plus de vingt ans.

Disons en somme que je ne postule à aucun poste mais que certains me reconnaissent une autorité morale en raison de mon ancienneté dans le bonapartisme contemporain.

HISTOIRE


Selon vous, à quelle date le bonapartisme politique s'est-il réellement structuré ? Sous le règne de Napoléon Ier, durant l'exil ou, plus tard encore, sous le règne de Napoléon III ?

Le bonapartisme politique s'est surtout structuré après 1870.
Plus tard, Louis Napoléon Bonaparte construit un bonapartisme idéologique à partir de ses lectures (comment ne pas songer au mémorial de Sainte-Hélène), de ses interprétations de l'œuvre de son oncle, de ses propres pensées, et de la situation qu'il rencontre (on pense par exemple à sa vision économique et sociale).


Le bonapartisme idéologique se construit de manière empirique dès le Consulat, en s'appuyant sur la personnalité de Napoléon, sur ses principales idées, ses réalisations et ses méthodes de gouvernement. Mais, soyons honnêtes, il n'y a pas de doctrine, et encore moins de programme figé. Ces notions n'appartiennent nullement au monde napoléonien.
Néanmoins, et presque par définition, le courant impérialiste n'est pas structuré. Il n'existe pas de parti, de groupes ni même de réseaux bonapartistes. Tout tient dans la personnalité (et dans l'action) même du prétendant, élu député, président de la République puis Empereur des Français.  

La structuration du mouvement ne commence qu'après la chute du Second Empire. Il faut alors rassembler les partisans, les élus, les relais. Il faut publier et diffuser des journaux, multiplier la propagande en faveur de Napoléon III puis du Prince Impérial.

Quelle est votre opinion du premier président et dernier monarque de France, l'empereur Napoléon III ? Croyez-vous qu'un jour sa mémoire recevra enfin les honneurs qui lui sont dus ?

Napoléon III est malheureusement beaucoup trop méconnu et décrié. Sa "réhabilitation" a commencé avec Philippe Seguin. Le bicentenaire de sa naissance en 2008 a également permis la publication de nouvelles biographies très positives (lisez notamment les ouvrages de Raphaël Dargent, Eric Anceau, Raphaël Lahlou, David Saforcada, Pierre Milza, Alain Carteret...)
La Troisième République avait réduit notre premier président élu au suffrage universel à un coup d'Etat, à la campagne du Mexique et à Sedan. Raccourci un peu rapide qui laissait de côté le réformateur, l'économiste, l'urbaniste... Son règne a été le plus fécond de toute l'Histoire de France. Le pays et ses habitants étaient riches, ambitieux. L'instruction publique a fait de réels progrès (école gratuite, enseignement pour les filles, obligation d'avoir une école de garçons dans toutes les communes, et une école de filles dans les toutes les communes de plus de 500 h, certificat départemental, enseignement technique et professionnel, mais aussi pour les filles...). Son action sociale est évidente : droit de grève, retraite des fonctionnaires, sociétés de secours mutuels, caisses de retraite pour les ouvriers, chambres syndicales...).

On peut espérer qu'un jour, comme vous le dites, sa mémoire recevra les honneurs qui lui sont dus. Toutefois, il suffit de constater que les connaissances historiques de nos concitoyens restent souvent très limitées.... Bref, la tache est immense.

Quelle est votre position sur la question du retour des cendres de Napoléon III, de l'impératrice Eugénie et de leur fils ? Quel regard portez-vous sur l'évolution de cette question au cours des dernières années ?

Politiquement, je pense que ce serait un excellent moyen de faire connaître les bienfaits de Napoléon III.

Historiquement, ce serait également une utile démarche de "réhabilitation".
Pourtant, il faut impérativement s'interroger sur les conditions de ce retour : où ramener les cendres, dans quel contexte, avec quels moyens matériels pour élever des tombeaux, aménager les lieux, accueillir le public, quelle communication...
La France désire-t-elle recevoir la famille impériale et peut-elle le faire aussi bien que les religieux de l'abbaye de Farnborough ?

En 1877, sept ans après la défaite, le bonapartisme connaît son dernier "triomphe" électoral, en rassemblant 20% des voix et 104 sièges. Aux élections suivantes, en 1881, il retombait à 8,5% et 46 sièges. Fort de votre connaissance de l'Histoire du bonapartisme, croyez-vous que ce courant aurait pu avoir un avenir si le Prince impérial, le fils de Napoléon III, n'était pas mort tragiquement en 1879 ?

Oui, bien sûr. Les chiffres que vous donnez sont très significatifs. Ils le sont d'autant plus quand on sait qu'en réalité, plus les candidats affirmaient leur attachement à Napoléon III et au Second Empire et plus leur nombre de voix s'élevait. La population - notamment rurale - était encore trop attachée à l'Empereur.

Mais un mouvement bonapartiste ne peut avoir d'ambition forte que s'il est incarné - et encore mieux dirigé - par un prétendant, par un Prince qui agit.
Le Prince Impérial était jeune (23 ans lors de sa tragique disparition), dévoué, populaire.
Un peu d'histoire fiction : en 1879, la République n'était pas encore si bien installée. Les réseaux bonapartistes étaient nombreux, militants et féconds. Imaginons le Prince Impérial revenant d'Afrique du Sud auréolé d'un prestige militaire, ayant effectué quelques missions, quelques actions d'éclat. Ses partisans auraient beaucoup communiqué sur sa personnalité, sur l'avenir prometteur qu'il laissait percevoir. Soit par élection, soit par un coup de force ou à des événements forts, Napoléon IV aurait très bien pu devenir Empereur des Français. Ses idées, sur l'organisation de l'Etat notamment, étaient novatrices. L'Empire aurait été en marche. Mais on ne refait pas l'Histoire !

Pourriez-vous brièvement nous rappeler les grandes lignes de cette période méconnue de l'Histoire du bonapartisme qui s'étend de la chute de Napoléon III à la dissolution de l'Appel au Peuple en 1940 ?

Question qui mériterait un livre entier. Aux élections de 1871, les bonapartistes se font assez discrets mais une vingtaine de partisans de Napoléon III sont élus députés. Par la suite, sous la direction de l'ancien ministre Eugène Rouher, le "Vice Empereur", le parti s'organise, le réseau s'intensifie, la propagande se développe, les journaux se multiplient. Les résultats électoraux sont prometteurs. Mais, le Prince Impérial disparaissant tragiquement en 1879, l'avenir du bonapartisme est compromis. Il l'est d'autant plus que la mouvance se divise en deux, schématiquement une branche conservatrice qui soutient le Prince Victor et une tendance plus républicaine et laïque derrière le Prince Jérôme Napoléon (Plon-Plon) père de Victor. La mort de Plon Plon en 1891 tend à réunifier les comités bonapartistes mais il est trop tard. L'espoir d'un retour de l'Empire a disparu. L'aventure boulangiste a paradoxalement raffermi la République.
Par la suite, ce sera une succession de déchirures et de réconciliations de divers comités. Au niveau national, le Prince Victor vit en exil à Bruxelles. Il se désintéresse un peu de la politique mais entretient le culte napoléonien. Des tentatives de développement se font jour régulièrement, avec les comités plébiscitaires, le comité politique plébiscitaire en 1911 et enfin le Parti de l'Appel au peuple en 1923. L'activisme est de retour mais les militants se font rares (environ un millier dans les années trente).
Néanmoins, on signalera qu'il y a toujours eu un ou plusieurs parlementaires bonapartistes de 1871 à 1940, le dernier étant le marquis de Dion, député puis sénateur de la Loire-Inférieure.

Pensez-vous, comme certains intellectuels, au premier rang desquels René Rémond, que le gaullisme est un avatar moderne du bonapartisme ? Ou établissez-vous une distinction nette entre ces deux mouvements politiques français ?

Il existe plus que des ressemblances, ceci est une évidence. Pas seulement avec une comparaison entre Napoléon et de Gaulle, mais surtout dans la démarche et les idées. Sur l'autorité, la souveraineté, l'appel au peuple, voire la participation (association capital / travail), les analogies entre le bonapartisme et le gaullisme sont très nombreuses. Sur ce point, je vous renvoie aux travaux de Francis Choisel. Les deux courants ont donc beaucoup de similitudes. Néanmoins, ils ne sont pas totalement identiques. En particulier en raison des contextes et des époques qui sont très différentes. le gaullisme n'adopte aucunement de position héréditaire. Alors, on peut considérer que le gaullisme est bien un avatar moderne du bonapartisme. Comme pour son devancier, peut alors se poser la question de la pérennité du gaullisme après la disparition de son fondateur. Une telle mouvance a besoin d'un chef, d'un chef charismatique et naturel.

Et qu'en est-il, à la même question, au sujet du boulangisme ?

Généralement, les bonapartistes ont soutenu le général Boulanger. Mais ont-ils cru au boulangisme en tant qu'héritier du bonapartisme ? N'ont-ils pas plutôt considérés que le général "la Revanche" pouvait être un excellent vecteur susceptible de bouleverser la République, permettant, à terme, le retour au pouvoir d'un Napoléon et le rétablissement d'un Empire. Alors, oui, le boulangisme emprunte quelques éléments au bonapartisme mais, comme on le disait, "Boulanger est un Bonaparte qui ne réussit pas". Manque d'audace, de volonté ...

Certains affirment que la politique bonapartiste est la mère des fascismes : partagez-vous cette opinion ?

En partie seulement. Là encore, le recours à un chef est une clef de voûte commune. L'aspect social du fascisme n'est pas négligeable, comme le fut celui du Second Empire. Mais, point de parti, d'encadrement de la société par un univers partisan rigide, pas de recours assez systématique à la violence. Avec le nazisme, les différences sont encore plus nettes puisque le bonapartisme rassemble au lieu de diviser. Avec les Napoléon, pas de référence à une race, à une ethnie, à une religion. Le bonapartisme ne discrimine pas. Au contraire, l'Empereur a toujours agi en faveur de l'assimilation des Juifs, des Catholiques, des Protestants. En fait, et c'est sans doute là que réside la distinction entre le bonapartisme et le fascisme, Napoléon est l'héritier des idéaux de la Révolution Française. Le premier acte politique de l'Empereur en entrant dans un pays était d'abolir le servage, de détruire les restes du système féodal. C'était l'union des Peuples, au nom des Lumières, contre la coalition des rois et des tenants de l'ancien régime. En définitive, 1789 partage bien la sphère politique.

POLITIQUE


Quels sont pour vous les traits principaux de l'idée bonapartiste ? (NB : j'utilise "idée" en lieu et place de "doctrine" ou "idéologie", termes trop étrangers à l'idéal napoléonien)

Je ne vous surprendrai pas en affirmant que le bonapartisme est parfois assez complexe. Tout d'abord en raison de l'évolution de la société. Entre l'arrivée au pouvoir de Bonaparte et la fin du Parti de l'Appel au Peuple, il se passe plus de cent quarante ans. Alors, où est le "vrai" bonapartisme ? Dans les paroles ou les actes de Napoléon ? Dans ceux de Napoléon III ? Dans le Mémorial de Sainte-Hélène ? Dans l'Extinction du Paupérisme ? Dans les programmes et les professions de foi des candidats bonapartistes de la Troisième République ? Tout ceci est parfois contradictoire.
Cependant l'idée napoléonienne se "résume" à quelques notions pérennes : le recours à un Chef charismatique, reconnu, salué par les Français pour son action (militaire ou non), la grandeur de la France, l'ambition du pays qui reste - en 2013 comme en 1800 - une référence mondiale, un guide pour les Peuples libres, la défense de la souveraineté nationale, le recours direct au Peuple (par la pratique de la démocratie directe, le plébiscite / référendum et par l'élection du chef d'Etat au suffrage universel direct), la méfiance vis-à-vis des corps intermédiaires, du pouvoir législatif, des partis et des notables, une nette orientation sociale, la réalisation de grandes réalisations urbanistiques, administratives, sociales ou sociétales (le pouvoir bonapartiste, bénéficiant de la confiance de la population, ne craint pas de lancer de vastes réformes) et (surtout allais-je ajouter), le rassemblement des Français, de tous les Français, autour du chef et de son action, sans distinction de race, de classe ou de religion, en transcendant les clivages partisans...
Vous le voyez, ces notions sont intemporelles. Elles peuvent être d'actualité sous tous les régimes, à tout moment. Simplement, il manque le guide, la volonté... et les circonstances !

Dans les décennies récentes, identifiez-vous des responsables politiques dignes d'être qualifiés de "quasi bonapartistes" ?

Dignes d'être des Napoléons, non, clairement non ! D'être qualifiés de bonapartistes, bien sûr, de Gaulle, Charles Pasqua ou Philippe Séguin par exemple pourraient aisément être considérés comme des héritiers du courant bonapartiste.  Peut-être aussi Dominique de Villepin. Actuellement, avouons-le, Nicolas Dupont-Aignan occupe aussi ce créneau, reprenant d'ailleurs la suite du gaullisme social et du souverainisme, autrefois incarné par Philippe Séguin. Ce n'est probablement pas un hasard si Nicolas Dupont-Aignan était présent à la cérémonie du 5 mai dernier aux Invalides pour l'hommage à Napoléon.  Nombreux sont les bonapartistes qui le suivent, qui militent actuellement au sein de son mouvement Debout La République.

On décrit souvent  Nicolas Sarkozy comme un homme politique bonapartiste (la plupart du temps cette assertion prend la forme d'un violent reproche). Qu'en pensez-vous ?

Je vois mal en quoi Nicolas Sarkozy revêt un caractère bonapartiste... Un peu quand même avec une certaine énergie. Mais cela ne suffit pas pour faire d'un politique un héritier de Napoléon.

Quelle a été votre réaction en apprenant que le courant de l'UMP, la Droite forte, organiserait désormais un rassemblement sarkozyste baptisé "fête de la violette" ? (NB : la violette est la fleur emblème des bonapartistes depuis les Cent-Jours)

(rires). Au moins, cela a permis de remettre dans l'actualité ce vocabulaire, cette référence historique à la Violette, symbole impérial lancé en 1814 (Napoléon reviendrait quand reviennent les violettes... ce fut le retour de l'Ile d'Elbe en mars 1815). Sinon, cette fête est de peu d'intérêt...
Quant à un éventuel retour de Nicolas Sarkozy, il ne ressemblera sans doute pas à celui de 1815 quand Napoléon, sans tirer un coup de feu, sans qu'une goutte de sang ne coule, put reprendre le pouvoir, dans l'enthousiasme, quasi-révolutionnaire, de tout un Peuple !

FAMILLE IMPERIALE


A vos yeux, quelle importance revêt la famille impériale (passée, présente et à venir) ?

Pour le courant bonapartiste, attaché sentimentalement et politiquement, la famille Impériale est d'une importance capitale. Nous avons évoqué d'autres courants parfois considérés comme proches du bonapartisme (gaullisme, boulangisme, fascisme) et souligné leurs différences avec la "doctrine" napoléonienne. Mais, la distinction réside aussi dans le caractère dynastique (que l'on pourrait d'ailleurs discuter) du bonapartisme.


Les bonapartistes ont besoin d'un guide, d'un chef, si possible issu de la Famille Impériale. Sinon ils risquent de sombrer dans ce que de Cassagnac appelait le "N'importequinisme".

Rapidement, votre opinion sur quelques grandes personnalités passées de la famille impériale :

- le prince Napoléon, dit Plon-Plon (1822  - 1891) :

A mon sens, un grand Prince, mais méconnu et probablement trop mal compris, y compris par ses propres partisans. Républicain (mais le bonapartisme doit l'être à sa façon), laïc (et sans doute pas anticlérical comme certains le pensaient), provocateur, surtout avec son "camp"... En définitive, un bonapartiste sincère mais ombrageux, incarnation d'une bonapartisme républicain, social, assez orthodoxe alors que les notables et responsables de son parti étaient sur une ligne plus conservatrice.


- le prince Victor (1862 - 1926) :


Pour mieux le connaître, je ne peux que conseiller la lecture de sa biographie par sa descendante Laetitia de Witt. Politiquement, il a incarné un bonapartisme plus conservateur que son père. Mais il faut avouer qu'il était confronté à des difficultés démesurées, notamment en raison de son exil, de la tendance à l'indépendance des dirigeants des comités plébiscitaires, à la division des bonapartistes... Un autre que lui aurait-il pu faire mieux que lui ? Pas sûr.


- le prince Louis (1914 - 1997) :


Un Prince d'une très haute valeur. Je soulignerai essentiellement son action entre 1939 et 1945, dans la Légion Etrangère, la résistance, le maquis, l'armée française... On regrettera sans doute son refus de relancer les mouvements bonapartistes après la seconde guerre mondiale. Cependant, il ne resta pas inactif, notamment en 1958 en Algérie.



Les circonstances auraient pu lui être favorables.

Quelle est votre perception de l'actuelle famille impériale ? Et plus particulièrement, que pensez-vous des deux principales figures de cette famille, la princesse Alix et le prince Jean-Christophe ?


La Princesse Alix, veuve du Prince Louis Napoléon, réussit parfaitement à maintenir la mémoire de son mari et à entretenir le souvenir de Napoléon aux Invalides. Elle a conservé de très bonnes relations avec certaines instances politiques, associatives et militaires.



Quant au Prince Jean-Christophe Napoléon, j'avoue ne pas avoir la chance d'être en relations suivies avec lui. Beaucoup de bonapartistes attendent de sa part plus d'énergie et de volontarisme.  Il représente l'espoir dynastique. Alors, on comprend l'impatience de certains militants désireux de voir "leur prétendant" s'investir en politique, de prendre leur tête.

Le père de l'actuel prince Napoléon, le prince Charles (déshérité par son propre père en 1997), a fait le choix de l'engagement politique : soutien à l'autonomiste corse Max Simeoni en 1994, candidature à la mairie d'Ajaccio en 2001 où il bat le Comité Central Bonapartiste en s'alliant à la Gauche, candidat MoDem aux législatives de 2007 puis aux municipales de 2008 (à Nemours), soutien à la candidature de François Hollande en 2012. Quel regard portez-vous sur ce choix de l'engagement militant pris par l'aîné des Bonaparte ?


Je vous renvoie presque à Plon-Plon. Une attitude très provocatrice, surtout vis-à-vis de ses partisans naturels. Politiquement, le Prince Charles Napoléon avait de réelles capacités, une vraie volonté de s'engager, d'excellents réseaux... En 2001, il faut avouer qu'existait chez les bonapartistes un enthousiasme fou. C'était la première fois depuis plus d'un siècle qu'un Bonaparte se présentait devant les électeurs. Mais il faut reconnaître que beaucoup ont été déçus par l'attitude princière après le premier tour. En dépassant les 10% des suffrages exprimés, il pouvait se maintenir. Il a préféré rallier une liste contre une autre alors que le bonapartisme se devait de transcender les courants. Je suis convaincu qu'en se maintenant, il aurait eu un meilleur avenir électoral.


Le prince Napoléon (Jean-Christophe) doit -il s'engager en politique, comme son père, ou conserver une position extérieure aux partis ?


Doit-il s'engager en politique ? La réponse lui revient. Mais il est vrai qu'un Bonaparte a - pour nous - vocation à s'investir. En revanche, il n'aurait aucun intérêt à s'engager trop fortement dans un parti, dans un camp. Un  Bonaparte se doit d'être un recours, un Chef situé au-dessus des formations partisanes, des clans et des coteries. Sa seule place politique est d'être un Bonaparte, suivi par des partisans napoléoniens, reprenant l'axiome originaire : "Ni talon rouge ni bonnet rouge, on ne m'y prendra pas, je suis national".

Le bonapartisme doit refuser d'être unijambiste ou manchot. Il réunit droite et gauche dans une même direction, pour une même ambition nationale. Le Prince se doit donc d'être l'incarnation de cette orientation originale. Tout enfermement partisan lui serait alors reproché ...


CONCLUSION(S)



Croyez-vous que le bonapartisme ait encore un avenir en France, près de cent cinquante ans après la chute du dernier Bonaparte ?


Oui, bien sûr, le bonapartisme a encore un avenir. La principale question à se poser est celle de l'implication d'un Prince Napoléon dans cette renaissance. Je crois à une pérennité d'un courant politique original. Nous l'appelons bonapartisme parce que le général Bonaparte l'a fondé, que Napoléon reste sa référence historique et que Napoléon III l'a en quelque sorte modernisé, développé. En revanche, sans prétendant impérial, la mouvance, que l'on peut aussi qualifier de "césarisme démocratique", peut devenir du "n'importequinisme", du boulangisme ou du gaullisme. La nature ayant horreur du vide, les succédanés de bonapartisme fleurissent et se développent sans référence à son ancêtre direct.


Croyez-vous que la famille Bonaparte ait encore un rôle à jouer dans l'Histoire de France ?


Oui parce que le nom même de Napoléon reste "magique". Il électrise, mobilise. Comme l'indiquait Maurice Barrès, Napoléon est un "professeur d'énergie". Le nom de Napoléon est populaire, connu dans tous les milieux, sur toute la planète. J'en fais souvent l'expérience en me rendant en Pologne, Italie, Russie, Biélorussie...  Napoléon y est célébré, admiré. Savez-vous qu'il existe des partis et comités bonapartistes un peu partout en Europe, en Ukraine, Russie, Allemagne, Kazakhstan, Bulgarie, Biélorussie... 

La Famille Impériale a donc un avenir en France, en perpétuant la mémoire des deux Empires, mais aussi, pourquoi pas, en s'investissant dans la vie politique nationale. En des temps de crise, économique, sociale mais aussi morale, Napoléon demeure un repère. Qu'un Prince s'investisse, se fasse connaître, se rende populaire auprès des Français, et, comme en 1799 ou en 1848, il deviendra vite un recours.

Croyez-vous que la France survivra au XXIe siècle ?


Si pour les deux questions précédentes, mes réponses sont probablement plus passionnelles que rationnelles, pour cette ultime interrogation, ma réaction est évidente : bien sûr, la France survivra. Notre pays, notre Peuple, ont toujours su se ressaisir au moment le plus périlleux. Contre une invasion ou une menace, la France éternelle sait se rassembler et résister. Que le péril soit militaire ou politique, la Nation trouve toujours des ressources.

Vous me direz que le risque est sans doute plus insidieux aujourd'hui qu'hier, que la disparition de la France n'est pas le fait d'armées ennemies, mais d'une construction européenne minant notre souveraineté. Certes mais il faut rester optimiste. Le plus grand péril est dans la perte de notre mémoire nationale, dans la dissolution de la Nation dans un conglomérat sans passé. C'est donc aussi à nous de faire vivre la France en faisant connaître son Histoire, son originalité, sa langue ...



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