10 décembre 2013

Les approximations de DLR (tome 2) : les élections régionales de 2010


L'approximation semble être une mauvaise habitude du parti Debout la République. Nous avions déjà montré comment ils arrangeaient la vérité autour de la courbe de popularité de leur président, Nicolas Dupont-Aignan. Aujourd'hui, c'est le résultat des élections régionales de 2010 qui est l'objet d'approximations "finement" calculées.

Un montage politicien que nous nous empressons de démonter.

Depuis peu, sur le site de Debout la République, on peut voir cette jolie infographie, invitant à participer à une souscription pour les européennes, et illustrant l'irrésistible ascension de ce parti. Parmi les événements listés, le troisième, à la date de 2010, étonne.

Capture d'écran du site de DLR (10 décembre 2013)

En effet, l'image n'hésite pas à affirmer qu'en 2010 Debout la République fut la "quatrième force politique aux [élections] régionales d'Île-de-France". Quelle information étonnante ! Comment pourrions-nous être passés à côté de ce triomphe romain ? L'étude sérieuse des résultats de cette élection nous invite à plus de mesure que les responsables de DLR.

La liste conduite par Nicolas Dupont-Aignan a récolté aux dernières élections régionales 119 844 voix, soit 4,15% des suffrages exprimés. Elle arrive derrière la Majorité présidentielle de l'époque (en tête avec 27,76% des voix), l'alliance PS - PRG - MRC (25,26%) et la liste écologiste menée par Cécile Duflot (16,58%). Diantre ! Dupont-Aignan serait donc parvenu à dépasser et le FN et le PCF et le MoDem ?

En réalité, l'énumération ne s'arrête pas à Cécile Duflot. Nicolas Dupont-Aignan est derrière la liste FN de Marie-Christine Arnautu (9,29%) et derrière la liste communiste de Pierre Laurent (6,55%). Comment DLR parvient-il à opérer le tour de force de se présenter comme la quatrième force politique quand ils arrivent en sixième position des résultats ?

Simplement en mixant avec dextérité et malice le premier et le second tour. En effet, DLR applique dès le premier tour aux listes socialistes, écologistes et communistes le principe d'Union de la Gauche qui prévaudra au second tour du scrutin, évacuant ainsi le poids des Verts ou du PCF. En fusionnant artificiellement ces trois listes, DLR grimpe alors de la sixième à la quatrième place du premier tour.

Mais l'honnêteté intellectuelle de la manoeuvre est très discutable. Ainsi le PCF parvient seul à rassembler plus de voix que DLR mais puisqu'il accepte de se réunir avec les autres listes de Gauche en vue de la victoire finale, le parti souverainiste refuse au PCF le droit à l'existence en temps que force politique autonome. De même pour EELV qui pourtant atteint le joli score de 16,58%. 

Rappel juridique : aux élections régionales en France, une liste dépassant  5% des voix a le droit de fusionner avec d'autres listes en vue de constituer un rassemblement de second tour, et cela sans remettre en cause leur poids propre acquis au premier (puisqu'au final, les sièges seront répartis proportionnellement). En arrangeant ainsi les résultats des élections régionales de 2010, DLR montre une très étrange perception des forces politiques françaises et des règles électorales démocratiques.

On ajoutera pour clore ce petit exercice de désintox que si DLR dépasse le MoDem ce n'est seulement que de 4861 voix. Or, vous savez que l'Essonne est un département constituant de la région Île-de-France, et que Nicolas Dupont-Aignan est député de la huitième circonscription de l'Essonne ; une circonscription qui a voté à 34,84% pour la liste de Debout la République, lui fournissant 12 171 suffrages, soit 10,15% du résultat global. Et cela pour une circonscription représentant 1,18% de la population d'Île-de-France.

Sans le soutien de cette circonscription (dont Dupont-Aignan est député depuis 1997), il ne fait aucun doute que la liste du MoDem conduite par Alain Dolium aurait fait jeu égal, voire aurait dépassé celle de DLR.

Faire de cette sixième place conquise de peu sur la liste MoDem un jour de gloire pour la quatrième force supposée de l'Île-de-France est une manoeuvre politicienne et grossière. On attend forcément autre chose (par exemple de l'honnêteté !) d'un parti qui prétend rompre avec des décennies de pratiques politiciennes délétères.

2 commentaires:

  1. Qui se cache derrière ce site ?

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    1. "Se cache" ? Envoyez un mail à l'adresse du blog et vous verrez que si c'est caché c'est alors très mal caché, et je suis très mauvais à cache-cache.

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