23 janvier 2014

Centième anniversaire de la naissance du prince Louis, "le Prince-Résistant"

S.A.I. le prince Louis

Il y a cent ans naissait, le 23 janvier 1914, le précédent chef de la famille impériale et prétendant au trône impérial de France, le prince Louis, grand-père de l'actuel Prince Napoléon. Il est le second enfant et fils unique du couple formé par le prince Victor, prétendant suite à la disparition du Prince impérial en 1879, et la princesse Clémentine de Belgique, fille du roi Léopold II. Ce dernier ayant fait obstruction à l'union entre sa fille et le chef de la Maison impériale de France, les parents du prince Louis ne purent librement convoler qu'en 1910, un an après la disparition du roi des Belges.

En 1914, Louis incarne l'avenir de la famille Bonaparte pour lequel il est un soulagement. Avant sa venue au monde, son père, le prince Victor avait pour unique héritier son frère cadet, le prince Louis, militaire célibataire. Sans enfant mâle, Victor Napoléon aurait condamné la succession impériale à s'achever avec lui-même ou son frère.

A sa mort, le 3 mai 1926, il ne transmet pas la couronne à Louis, son frère célibataire, qui aurait été à coup sûr le dernier empereur légitime des français, mais à un autre Louis, son fils, âgé alors seulement de 12 ans, sous la régence virtuelle de la princesse Clémentine. Pendant six ans, la ligne de succession du nouveau Prince sera restreinte à cet oncle célibataire, dont la mort, en 1932, abolira virtuellement pour plusieurs années l'horizon de toute succession.

Ces informations dynastiques sont importantes à souligner pour renforcer encore le poids de l'engagement sans failles du Prince Napoléon lors de la Seconde Guerre Mondiale.

Celui-ci, brûlant de servir sa Nation, cherche à intégrer l'armée française, et pour se faire contacte Edouard Daladier, qui s'oppose à l'idée (la loi d'exil de 1886 interdit aux membres des familles princières françaises de rejoindre l'armée). Utilisant les perspectives d'anonymat offertes par la Légion étrangère, Louis Napoléon entre dans l'armée via ce corps, sous le pseudonyme de "Louis Blanchard", le 19 mars 1940. Envoyé en Algérie, dans le camp de la Légion, il ne prend pas part aux hostilités, closes par l'armistice du 22 juin.

Il rejoint alors la Résistance, se faisant arrêter en 1942 à la frontière espagnole, en partance pour la France libre. Grâce à l'intervention de la famille royale d'Italie, il est assigné à résidence. Puis, par l'entremise de son cousin, le (septième) Prince Murat, il entre dans les rangs de l'Organisation de Résistance de l'Armée (ORA), sous le pseudonyme de "Louis Monnier".

Alors que le Prince Murat trouve la mort le 20 juillet 1944, tué par une patrouille de la division SS Das Reich, le camion où se trouve le Prince Napoléon, le 28 août suivant, est frappé par un tir de canon allemand : parmi les six occupants, le Prince, blessé, est l'unique survivant.

S'il avait trouvé la mort ce 28 août 1944, cette date eût été celle de la fin définitive de la succession impériale au trône de France. Mais malgré cette menace que sa mort faisait peser sur l'avenir du trône impérial, le Prince n'hésita jamais à s'engager corps et âme dans la lutte pour la libération et la souveraineté de la Nation française.

Cité à l'ordre de l'armée (croix de Guerre 1939 - 1945) et décoré de la Légion d'Honneur (dont il sera élevé au grade de Commandeur), le Prince-Résistant est démobilisé en 1945 et autorisé, officieusement, à résider en France.

Le 16 août 1949, il épouse Alix de Foresta, impératrice consort de jure, qui, aujourd'hui encore, perpétue avec brio, et une élégance toujours parfaite, la mémoire de son mari et de la famille impériale. Quelques mois après l'abolition de la loi d'exil de 1886 (le 24 juin 1950), elle donne naissance au premier enfant mâle de la famille impériale à naître depuis trente-six ans (et la propre naissance du Prince Napoléon) : le prince Charles, né le 19 octobre 1950 (avec sa soeur jumelle, la princesse Catherine).

Le couple princier donnera naissance par la suite à la princesse Laure, en 1952, puis au prince Jérôme, en 1957. Ce dernier demeurant célibataire, seul leur fils aîné, Charles, donnera une descendance à la famille impériale par son mariage, en 1978, avec Béatrice de Bourbon-Siciles (Caroline en 1980 et Jean-Christophe, actuel Prince Napoléon, en 1986). Leur divorce en 1989, suivi du remariage du prince en 1996, servira de fondement au prince Louis pour déshériter son fils par testament.

En effet, après la mort du Prince-Résistant, le 3 mai 1997 (soixante-et-onze ans jour pour jour après la mort de son propre père, Victor), c'est son petit-fils, Jean-Christophe, âgé de 11 ans, qui lui succède, en application de ses volontés testamentaires.

Il repose aujourd'hui dans la Chapelle impériale d'Ajaccio.

L'engagement, le courage et la perpétuelle fidélité de ce grand Prince à ses valeurs et à sa Nation font de lui un modèle pour tous les bonapartistes. Incontestablement, au côté de nos empereurs, la figure du Prince-Résistant occupe une place d'honneur dans le panthéon impérial.

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