15 août 2014

[Saint-Napoléon] De Bonaparte à Séguin : la galerie des héritiers du bonapartisme

De gauche à droite : Napoléon, Napoléon III, Clemenceau, De Gaulle, Debré, Chaban-Delmas, Chevènement, Séguin

Le bonapartisme stricto sensu est né de sa théorisation dans les années 1830 - 1840 puis de sa pratique sous le Second Empire par Louis-Napoléon Bonaparte, mieux connu comme l'empereur Napoléon III, et ce sur les bases de l'épopée de son oncle, Napoléon le Grand.

Après la chute de l'Empire, le bonapartisme a continué de vivre, se reconstruisant rapidement une étonnante vigueur sous le patronage de l'Empereur déchu puis du Prince impérial. La disparition tragique de ce dernier en 1879 brisa l'élan du renouveau. Et le bonapartisme sombra dans les querelles et les divisions. La majorité de ses cadres d'alors choisirent, malheureusement, une alliance contre-nature avec des forces royalistes, conservatrices et réactionnaires. Quoique le bonapartisme populaire et progressiste survécût en partie, à travers notamment le parti plébiscitaire, l'union conservatrice venait de casser l'idéal impérial.

Mais le bonapartisme peut aussi s'identifier à une certaine énergie patriotique qui transcende cette expérience politique du bonapartisme louis-napoléonien. On pourrait alors facilement se prêter au jeu d'établir une liste des "héritiers" du bonapartisme : ceux-ci ne s'en sont jamais revendiqués mais nous les reconnaissons pourtant volontiers comme les continuateurs de l'oeuvre patriotique et sociale engagée par Napoléon III, sur l'inspiration de Napoléon Ier.

En ce 245e anniversaire de la naissance de Napoléon Bonaparte, Renouveau Bonapartiste vous invite à découvrir, fidèle au quatrième commandement du bonapartisme rénové, le portrait de six de ces héritiers et les raisons précises pour lesquelles nous pensons qu'ils peuvent être reconnus comme tel.

Bonne Saint-Napoléon à tous.

Georges Clemenceau
L'ordre et la patrie

Ce choix est sans doute le plus étonnant, tant Georges Clemenceau (1841 - 1929)  combattit avec férocité le Second Empire de Napoléon III, avant d'embrasser sous la IIIe République les opinions républicaines les plus avancées. Mais l'homme ne peut se réduire à un républicain exalté, et les qualités du Tigre dessinent le portrait d'un homme attaché à l'idéal d'une République patriotique forte que des bonapartistes tels que les jérômistes n'auraient pas rejeté.

Ainsi, il chérira toujours l'idée d'unité nationale, cherchant dans la Commune à rapprocher les deux camps avant de se battre, les année suivantes, pour l'amnistie des vaincus. Ses idéaux avancés de progrès social rejoignent dans leur audace ceux professés par Napoléon III. Son anticléricalisme virulent n'a pas d'équivalent dans le parti impérial mais peut-être que la lutte engagée par l'Empereur à la fin de son règne contre un parti clérical ultramontain turbulent aurait mené à une forme de gallicanisme anticlérical plus ou moins proche. Enfin, à la fin du siècle, il se positionne en première ligne dans la lutte pour la réhabilitation du capitaine Dreyfus : est-il nécessaire de rappeler que d'éminentes personnalités comme l'Impératrice Eugénie elle-même ou le prétendant impérial de l'époque, le prince Victor, défendaient l'innocence de Dreyfus ?

Dans une seconde partie de sa carrière, c'est son pragmatisme qui frappe. Adversaire déterminé du Sénat comme de la Présidence de la République, il sera membre du premier et candidat à la seconde. En 1906, devenu ministre de l'Intérieur (puis, quelques mois plus tard, président du Conseil (1906 - 1909)), il s'affirme comme une personnalité davantage attachée à l'ordre public qu'à des dogmes brumeux. Sur la question des Inventaires, il temporise et fait des concessions en faveur des catholiques, tandis que face à des grèves au caractère quasi insurrectionnel il fait preuve de la plus totale fermeté.

Revenu aux responsabilités en 1917, sa foi patriotique enflammée et sa proximité sincère avec nos troupes mènera à la victoire. Ayant triomphé de la guerre, il ne saura vaincre durablement dans la paix, et le traité de Versailles (1919) qui porte sa marque ne sera qu'un prélude à la seconde guerre mondiale. Un revanchisme malheureux et aveugle auquel on aurait dû préféré un pragmatisme tout louis-napoléonien. 

Au final, Clemenceau, ce sont les idéaux du bonapartisme démocratique handicapés par les faiblesses du républicanisme démagogique de la IIIe République.

Charles de Gaulle
Le dernier grand homme

Quel roman que sa vie ! Au panthéon national de nos héros, les deux plus hautes marches ne peuvent être occupées que par les généraux Napoléon Bonaparte et Charles de Gaulle (1890 - 1970), ce dernier occupant dans le coeur des français une place unique et incontestée, le grand Charles étant le seul français à pouvoir s'enorgueillir d'avoir sauvé sa Patrie par deux fois.

En 1940, Charles de Gaulle s'élève contre la soumission et la défaite, refusant que la Grande Nation au service duquel il a choisi de dédier son existence abdique devant la barbarie hitlérienne. Si la France a perdu une bataille, elle n'a pas perdu la guerre : la métropole perdue, le combat ne cesse pas, car celui-ci se vit à l'échelle du monde. Face à la collaboration avec l'ennemi incarnée par le maréchal Pétain, le général de Gaulle portera en sa personne la continuité d'une France réellement éternelle, tissée d'idéaux patriotiques et généreux. Grâce à lui, le conflit achevé, la France, pays militairement vaincu obtiendra une place au rang des pays vainqueurs.

En 1958, alors que la faiblesse congénitale des institutions de la IVe République laisse le pays s'enliser dans la guerre d'Algérie, le sauveur de la France en finit avec sa traversée du désert pour de nouveau venir au secours de sa Nation. Balayant les anciens partis et les institutions rancies, il offre à son peuple une nouvelle Constitution, taillée à la seule mesure de l'homme qu'il est. Une Constitution qui redonne à la France la grandeur et la force qui font son génie depuis des siècles. En 1958, après plusieurs années d'occultation, le Général de Gaulle redonne à la France son âme capétienne, comme avant lui Napoléon Ier et Napoléon III, sauveurs de la France en 1799 et 1851.

Pour l'attaquer, ces adversaires ne cesseront de le comparer avec l'empereur du Second Empire. Ces personnes médiocres, aveugles et abrutis par leurs dogmes passéistes, ne comprenaient pas alors que c'était là le plus beau compliment possible, pour l'un comme pour l'autre, que de rapprocher deux si grands chefs d'Etat de notre Histoire. On accusa le Général d'être un dictateur et un homme du passé : il renforça la démocratie et posa les bases de la France moderne, tout en conservant à la patrie son unité et sa grandeur.

Animé par une haute idée de ses responsabilités et par une certaine idée de la France, il laisse à la postérité l'image d'un homme d'Etat sans pareil dans notre Histoire récente. Depuis lors, tous nos gris irresponsables politiques paraissent bien petits, noyés dans l'ombre immense du fondateur de la Ve République

La grandeur de Charles de Gaulle est la plus cruelle accusatrice des petitesses de notre politique contemporaine. Il est notre dernier grand homme. Notre dernier empereur.

Michel Debré
L'inaltérable fidélité

Michel Debré (1912 - 1996) est l'âme de la Constitution du 4 octobre 1958. Garde des Sceaux et ministre de la Justice dans le gouvernement Charles de Gaulle (1958), le dernier de la Quatrième, il fut en première ligne lors de la rédaction de la loi fondamentale qui devait donner naissance à la Cinquième.

Cinquième République au service de laquelle il voua son existence toute entière, dans la fidélité constante à l'esprit de celle-ci et à la mémoire de son inspirateur, le Général de Gaulle. Résistant et gaulliste, il le demeurera toute sa vie durant. Il travailla avec le Général de Gaulle, comme son premier Premier ministre (1959 - 1962), et parfois à contre-courant de sa propre conviction, comme au sujet de la question algérienne. Au-delà de sa simple personne et de ses intérêts, il y avait la République et la France, l'intérêt général.

Revenu plusieurs fois au gouvernement après son départ de Matignon, il n'exerça que de hautes missions, à la hauteur de l'homme d'Etat qu'il était : sous Georges Pompidou, il est ministre de l'Economie (1966 - 1968) puis des Affaires étrangères, ce qu'il demeure sous Maurice Couve de Murville (1968 - 1969), et enfin ministre de la Défense dans le gouvernement Chaban puis dans le premier gouvernement Messmer (1969 - 1973).

Il acheva sa carrière politique par une candidature à la présidence de la République, en 1981. Quoique sa campagne s'achevât petitement avec 1,66% des suffrages, elle ne manqua ni de souffle ni d'ambition : fidèle à l'esprit gaullien de la Cinquième République, il témoigna de cette certaine idée de la France qu'il avait défendu toute sa carrière durant et appela à un rassemblement national dépassant les clivages partisans. Incontestablement une des campagnes présidentielles les plus "bonapartistes" de l'Histoire récente.

Son retentissant échec présidentiel marque sans doute, en parallèle du score de Jacques Chirac (18%), la fin (dommageable) de la domination gaulliste sur la Droite française et la conversion de cette dernière au conservatisme libéral.

Jacques Chaban-Delmas
L'enthousiasme des audacieux

L'Histoire retient comme successeur du Général de Gaulle son successeur à la présidence de la République, Georges Pompidou. Homme de convictions et de talents, sincèrement attaché à une certaine idée de la France, il n'est pas pourtant le véritable successeur spirituel et politique du Général. Le vrai successeur, que Charles de Gaulle aurait lui-même préféré, c'est Jacques Chaban-Delmas (1915 - 2000).

Grand résistant et, à 29 ans, plus jeune général de l'armée française depuis l'Empire de Napoléon, il descend les Champs-Elysées quelques mètres derrière le sauveur de la France, le 25 août 1944. Fidèle à l'idéal gaullien, il le sert avec fidélité et pragmatisme, notamment sous la IVe République. Au retour du Général, en 1958, il obtient une charge prestigieuse qu'il occupera longtemps et à plusieurs reprises : la présidence de l'Assemblée nationale. Il siégera au perchoir à trois reprises, de 1958 à 1969, puis de 1978 à 1981 et de 1986 à 1988. Il sera nommé en 1996, par Philippe Sèguin, un autre héritier gaullien, président d'honneur de l'Assemblée.

A ce poste il se bat pour les libertés parlementaires et le respect des pouvoirs législatifs de la chambre, montrant par cette position que la démocratie gaullienne ne peut être réduite à l'autorité du chef. Après l'élection de Georges Pompidou, il devient Premier ministre (1969 - 1972), défendant l'idéal d'une nouvelle société, prolongeant les perspectives tracées par le Général lui-même dans le crépuscule de son règne. Son passage à Matignon sera l'âge d'or du gaullisme social, un gaullisme de progrès et de rassemblement dédié au service de l'intérêt national. Parmi les conseillers du Premier ministre, on comptera ainsi Jacques Delors.

Trop indépendant, trop ambitieux, trop audacieux, trop progressiste et trop populaire, Georges Pompidou se méfiera de lui et prendra la décision de le renvoyer après que Chaban ait osé le crime de lèse-majesté de s'appuyer sur la confiance de la majorité parlementaire pour renforcer sa place face à la défiance croissante du Président de la République. Son renvoi marque l'échec du gaullisme social et le triomphe du pompidolisme, un gaullisme conservateur et libéral qui s'éloignera des racines bonapartistes et capétiennes du gaullisme originel dont Chaban était le véritable héritier. 

Deux ans après son départ de Matignon, il tentera de briguer l'Elysée, en 1974, mais échouera dans cette entreprise après avoir accumulé nombre de maladresses mais aussi à cause de l'inimitié des gaullistes conservateurs face à ses audaces progressistes. Sa candidature affaiblie, elle sera achevée par la "trahison" de Jacques Chirac, pariant sur Giscard pour barrer la route à Mitterrand. Jacques Chaban-Delmas ne recueillera que 15,1% des suffrages au premier tour de l'élection présidentielle. Il se retirera alors dans son rôle de "duc d'Aquitaine" : maire de Bordeaux de 1947 à 1995, il participera à faire de cette ville le bijou qu'elle est aujourd'hui. 

Résistant habité par la conscience historique de la Nation française et homme d'Etat attaché à la défense de l'intérêt général face aux dogmes et aux manoeuvres politiciennes, il demeurera dans notre Histoire comme un grand homme qui a raté son rendez-vous avec la France. L'histoire d'une succession manquée. Un des plus vifs regrets que le peuple français peut nourrir aujourd'hui en regardant son passé récent.

Jean-Pierre Chevènement
Le dernier jacobin

Jean-Pierre Chevènement, né en 1939, est une personnalité politique profondément atypique : homme épris d'une certaine idée de la République, il a connu une carrière singulière, toujours menée avec la même idée : demeurer fidèle à ce vieux (mais pourtant si moderne) credo jacobin qui a façonné la France, et sans lequel elle se défait.

Figure historique du Parti socialiste français, il en a longtemps incarné l'aile gauche, à la tête du Centre d'Etudes, de Recherches et d'Education Socialistes : il défendra le Programme commun, combattra Michel Rocard puis participera à la rédaction du projet de 1981. Malgré cet engagement militant radical, il saura rapidement dépasser les limites partisanes pour embrasser une conception de l'Etat, de la République et de la Nation pouvant séduire au-delà de la gauche socialiste.

Ministre de la Recherche et de l'Industrie (1981 - 1983), il démissionne en 1983 pour condamner, fidèle à ses convictions, le tournant libéral de la Gauche au pouvoir. C'est à cette occasion qu'il signera la phrase passée à la postérité "Un ministre, ça ferme sa gueule, ou ça démissionne." : entre un portefeuille et ses idéaux, Jean-Pierre Chevènement savait trancher sans sourciller. Ministre de l'Education nationale dans le gouvernement de Laurent Fabius (1984 - 1986), il devient ensuite ministre de la Défense après le retour des socialistes au gouvernement en 1988. De nouveau, il démissionne de ses responsabilités en 1991 pour protester contre l'engagement de la France dans la guerre du Golfe.

Choisissant le camp du "Non" au référendum sur le traité de Maastricht en 1992, il quitte le Parti socialiste en 1993 pour marquer son opposition aux dérives "gestionnaires" de son parti d'origine. Nommé ministre de l'Intérieur par Lionel Jospin (1997 - 2000), il achèvera sa carrière ministérielle sur une ultime démission, ne pouvant soutenir les vues gouvernementales concernant la Corse.

S'ouvre alors l'acte ultime de sa riche carrière politique : il est candidat à l'élection présidentielle de 2002. Sa candidature, forte d'un patriotisme jacobin sincère, sera soutenue par nombre de personnes de qualité attachées à la souveraineté nationale. Une candidature pleinement bonapartiste. Partant de 3% d'intentions de vote début 2001, il atteindra 12% un an plus tard, en février 2002, se positionnant comme troisième homme de la course. Mais les deux derniers mois de campagne verront son score s'effriter, pour atteindre finalement 5,33% des suffrages. Une occasion manquée fort dommage pour l'Histoire de France : sans rêver d'un succès total, un score solide aurait sans doute donné une autre trajectoire à la suite de la carrière de ce grand serviteur de l'Etat et de la France.

Après son échec il devient une grande voix, écoutée et respectée, du débat national. Opposant au traité constitutionnel européen de 2005, il déclare sa candidature aux élections présidentielles de 2007 et de 2012 avant de les retirer suite à un accord plus politicien que politique convenu avec le Parti socialiste. Défenseur enflammé d'une belle idée de la République, la présence de Jean-Pierre Chevènement nous rappelle aujourd'hui combien le socialisme français a abandonné ses idéaux fondateurs.

Philippe Séguin
La liberté souveraine

Philippe Séguin (1943 - 2010) est un des rares hommes politiques de notre époque qui fut davantage animé par la conviction que par son ambition personnelle. Ambitieux, comme tout responsable politique, il l'était mille fois plus pour son pays, la France, qu'il ne pouvait imaginer que grande et indépendante, en un mot : libre. Homme épris de dignité nationale, il fut de tous les combats pour la souveraineté de sa patrie et se fit principalement remarquer lors du référendum sur le traité de Maastricht en 1992. 

Se battant non pas contre l'Europe mais pour une Europe différente, il mena un combat historique qui échoua de peu (48,96%)  face à un parti du "Oui" dopé par l'unanimité des partis et le soutien présidentiel de François Mitterrand. Le premier en France, Philippe Séguin fit entendre une voix différente sur les questions d'indépendance nationale et de construction européenne. Une voix forte et déterminée, entièrement animée par la dignité de l'Histoire nationale. Gaulliste social revendiqué, il ne nous serait pas difficile d'attribuer à l'ancien maire d'Epinal un parfait brevet de bonapartisme.

La carrière de Philippe Séguin se distingue également par un souci de fidélité, tant aux hommes qu'aux idées, souci qu'il ne retrouvera malheureusement pas toujours chez ses camarades. Elu président de l'Assemblée nationale en 1993, il participe à la campagne présidentielle de 1995 où, fidèle à Jacques Chirac, il lui inspire, avec Henri Guaino, le discours de la "fracture sociale". Malgré les pronostics, il n'est alors pas nommé à Matignon mais demeure au perchoir jusqu'en 1997. A cette date il prend la présidence du RPR.

Homme de liberté et de conviction, il s'abstiendra lors du vote du PACS en 1998, ayant même aidé Roselyne Bachelot, unique députée RPR à avoir voté en faveur du texte, à rédiger son discours. En 1999, ne parvenant pas à réunifier les tendances contradictoires traversant le RPR au sujet de l'Europe, il démissionne et se tient un temps en retrait de la vie politique. Il revient en 2001 pour être candidat à la mairie de Paris mais doit de nouveau affronter la petitesse de la politique et la dissidence de Jean Tibéri, laissant la capitale à Bertrand Delanoë alors que la Droite demeurait majoritaire en suffrages. Il restera touché par ce manque de responsabilité politique mais aussi par la "trahison" de Jacques Chirac se refusant à le soutenir. En 2002, il s'opposera à la création de l'UMP comme parti unique de Droite et quittera la vie politique.

Passionné d'Histoire, sa contribution à la réhabilitation de la mémoire de l'Empereur Napoléon III fut à ce titre essentielle, avec son ouvrage Louis-Napoléon le Grand (1990), prix de la Fondation Napoléon. Il y défend avec courage l'héritage d'une période alors encore lourdement condamnée. Sa connaissance du passé de notre Nation faisait de lui un grand homme d'Etat, loin des médiocrités actuelles des technocrates qui nous gouvernent.

Porteur d'une autre idée de l'Europe et d'une certaine idée de la France, la victoire du "Non" au référendum de 2005 est sans doute dû, quoiqu'il se fut déjà retiré de la vie politique, au combat de sa vie, pour lequel il n'a jamais désarmé. Devenu président de la Cour des Comptes (2004 - 2010), il acheva sa carrière publique en démontrant son sens aigu de l'intérêt général et sa capacité à dépasser les clivages et les divisions partisanes pour servir pleinement la haute mission qui lui était confiée. Un homme qu'on regrette n'avoir pas vu exercer des responsabilités plus hautes, à la hauteur de cette idée ambitieuse qu'il avait de son peuple et de son pays.

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