17 décembre 2014

[Billet d'humeur] Le sidérant spectacle quotidien de la politique française

La politique française est rarement pour la France une raison de se réjouir et de se féliciter. Qu'ils soient incompétents, encore, cela peut se discuter dans un contexte de crise économique, sociale, morale et politique. Mais pourquoi ne parviennent-ils pas au moins à s'épargner le ridicule ? Pourquoi ne parviennent-ils même pas à faire ne serait-ce que semblant d'être plus que de grands enfants enfermés dans un immense jeu aussi débile que funeste pour notre pays ?

Les clowns musiciens de Bernard Buffet

La semaine passée, ce fut "l'affaire" du costume kazakh offert à François Hollande par le président du  Kazakhstan. La belle affaire ! On a dit les communicants de l'Elysée affolés tandis que les anti-Hollande s'en donnaient à coeur joie, avec leur verve pleine de venin : mais où est le problème ?  Le président de la République porte un cadeau offert par son hôte. La photo est cocasse, au final elle est même plutôt sympathique. Paie-t-on vraiment des communicants à la Présidence de la République (à prix d'or, imagine-t-on bien) pour qu'ils s'intéressent à ce genre de non-événement ? Et les opposants au président n'ont-ils pas d'autres combats plus intéressants à mener que déverser leur haine à longueur de journée ?

On nous a aussi rapporté que Laurent Wauquiez, le nouveau secrétaire général ultra-droitier de l'UMP, avait bataillé avec Nathalie Kosciusko-Morizet pour une sombre affaire ... de bureau ! Et on raconte même, sources édifiantes à l'appui, qu'on en serait venu à mesurer la taille desdits bureaux pour s'assurer de leur parfaite gémellité. Malgré cela, un problème demeure : le bureau de NKM est proche de l'ascenseur principal, celui de Wauquiez de l'ascenseur de service ... Des enfants se comporteraient mieux.

On a appris également l'incroyable parcours de la très éphémère secrétaire nationale de l'UMP, Fatima Allaoui. Conseillère générale du Languedoc, elle était adhérente à l'UMP mais aussi au SIEL, un micro-parti souverainiste fondé par Paul-Marie Coûteaux, un proche de Marine Le Pen. Pour obtenir son poste dans l'organigramme de Nicolas Sarkozy, elle a discrètement masqué sa double appartenance. Les médias se sont occupés de rectifier cette erreur. Ejectée, elle se rapproche désormais du FN. Le matin, secrétaire nationale de l'UMP, elle acceptait d'intégrer un parti qui combat le FN ; le soir, évincée, elle rejoignait celui-ci.

Que dire enfin de ce nouveau gadget pondu par François Hollande : le président dîne, ce mercredi 17 décembre, avec dix députés, chacun accompagné d'un administré. Voilà, selon les communicants, qui nous bercent de storytellings savoureux, l'occasion pour le chef de l'Etat de se prémunire du syndrome de la tour d'ivoire et de garder le contact avec les français. Mais les français peuvent-ils se résumer à dix députés socialistes et dix administrés ? Le contact avec les français, François Hollande l'a perdu en mars aux municipales et en juin aux européennes. Ce n'est pas un dîner-gadget qui peut réparer cela, qui plus est avec des élus de la majorité. On ne fréquente pas le "terrain" en restant dans un palais parisien à dîner avec les cadres d'un parti. Qu'il reçoive des députés de l'opposition, des personnalités issues de cette France qui grogne chaque jour de plus en plus fort, et là, peut-être, Hollande agira en homme politique.

Mais nos politiques font-ils seulement encore de la politique ? Ne sont-ils pas devenus de (mauvais) communicants, opportunistes, intéressés principalement par leurs postes et la taille des bureaux afférents ?

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