29 mai 2015

29 mai 2005 - 29 mai 2015 : anniversaire du rejet de la Constitution européenne

Bulletins de vote référendaires

Il y a dix ans, la France exprimait librement, et avec force, son rejet de la construction européenne telle qu'elle est menée par les élites économiques et technocratiques du continent. Par 15,5 millions de voix et 55% des votants, et ce avec une participation record avoisinant 70% (alors que l'an passé, les élections au Parlement européens n'avaient mobilisé qu'un peu plus de 40% des français), la France rejetait le traité établissant une Constitution pour l'Europe.

La France était alors le deuxième pays d'Europe à consulter par référendum sa population sur cette question, l'Espagne ayant déjà approuvé le référendum par une consultation nationale (consultative) en février. Mais la France devint ce 29 mai 2005 le premier pays à rejeter la Constitution européenne qu'on voulait nous imposer. La France brisa le processus de ratification qui fut suspendu dans de nombreux pays (dont le Royaume-Uni, le Portugal, l'Irlande, le Danemark, etc.). Trois jours après, lors d'un référendum (consultatif), le peuple néerlandais rejetait à son tour ce projet avec 61.54% des voix.

La France, fidèle à sa mission historique et au devoir qui a toujours été le sien au fil des siècles d'être à l'avant-garde de l'Histoire, notre Nation a affirmé ce 29 mai 2005 qu'une autre Europe était possible. Que les peuples pouvaient se lever contre la construction hors-sol pilotée depuis Bruxelles. Que les peuples devaient s'opposer à la remise en cause de leurs souverainetés, sacrifiées sur l'autel d'un fédéralisme chimérique et empoisonné. Que les peuples ne se résigneraient pas. Que les peuples ne se résignaient jamais !

Mais cette voix ne fut malheureusement pas entendue. Aussitôt, plutôt que de réfléchir aux alternatives à proposer aux peuples souverains, plutôt que de penser à une nouvelle orientation de la construction du continent, plutôt que de travailler à une refondation démocratique et populaire de l'Europe, les dirigeants politiques du continent vinrent à la rescousse de la technocratie bruxelloise et lui offrit ce qu'on avait osé lui refuser, mais en modifiant le nom. On avait rejeté le traité de 2004 instituant une Constitution, on accepterait le traité de 2007, dit traité de Lisbonne.

Les politiciens français furent malheureusement à la pointe de ce viol des volontés populaires. Se refusant à impliquer de nouveau cet écervelé de peuple souverain (qui ne sait pas voter correctement !), on passa par la case parlementaire, plus docile, et en février 2008, notre représentation pseudo-nationale ratifia ce que le seul souverain légitime avait refusé trois ans auparavant. Quand l'Irlande osa, par un référendum, rejeter ce nouveau traité (par 53,4% de "Non") le 12 juin 2008, on la refit tout simplement revoter seize mois plus tard, et par miracle, entre temps, le peuple irlandais avait changé d'avis (ratifiant le traité par 67,1% de "Oui" le 2 octobre 2009). Rien n'arrêterait l'Europe des technocrates et des marchés.

Le 29 mai 2005 est donc une date à la symbolique forte et à la portée historique. Elle symbolise le refus souverain d'un peuple de se laisser imposer ce qu'il désapprouve, à savoir l'affaiblissement de sa souveraineté. Elle symbolise aussi la possibilité d'une alternative, rêve des peuples, terreur des élites. Elle symbolise enfin la révélation au grand jour de la nature anti-démocratique de la construction de l'Europe par les technocrates de Bruxelles qui, par un tour de passe-passe, adoptent ce qu'un peuple a rejeté, et s'offrent même le luxe d'interroger deux fois une Nation souveraine pour lui permettre de changer d'avis, et de voter "correctement".

Le 29 mai 2005 est une date importante, primordiale, de notre Histoire récente. Symbole d'espoir et d'alternative, mais aussi de droits piétinés et de souveraineté insultée. Elle doit demeurer à notre esprit, perpétuellement, pour nous rappeler que cette Europe qu'on nous impose n'est pas celle que nous désirons et qu'il n'y a qu'une seule voie qui puisse mener à la réforme européenne : la volonté libérée des peuples.

L'Europe se fera avec les Peuples, ou elle ne se fera pas, voilà l'historique leçon du 29 mai !

Pour fêter cet événement, Renouveau Bonapartiste vous invite à découvrir ou redécouvrir les articles consacrés à la question européenne sur ce blog. Nos angles d'approche furent nombreux : l'Europe et la monarchie, l'Europe et l'Empire, l'Europe, le souverainisme et le bonapartisme. Réagissant à l'actualité, nous avons dénoncé le grotesque de la soi-disant "démocratie européenne" qu'on nous a vendu après les élections de 2014. Nous avons formulé des idées et des propositions aussi bien sur la question des équilibres diplomatiques internes au continent que sur le très complexe problème du retour au franc. Mais malgré notre opposition viscérale à l'Europe actuelle, nous avons aussi su prendre position contre les outrances d'un certain euroscepticisme ou bien encore contre les plus fumeuses théories du complot.

Mais surtout, et s'il ne fallait lire qu'un unique article ce devrait être celui-ci, concernant la construction européenne et son avenir nous avons formulé nos propositions, celles d'une refondation de l'Europe à travers une profonde rénovation de ses institutions, aboutissant à l'émergence d'une nouvelle Europe, une Europe confédérale.

4 commentaires:

  1. Bonjour, Renouveau Bonapartiste

    Je suis désolé d'insister mais j'aimerai que vous répondiez à la question que je vous ai posé voilà quelques jours :

    Est-ce que vous acceptez oui ou non de créer un forum ?

    Cordialement

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. L'idée est bonne mais il faudrait l'étudier et la développer. Envoyez donc un mail à l'adresse mail du blog pour pouvoir développer davantage vos projets.

      Supprimer
    2. Bonjour, Renouveau bonapartiste

      Si cela ne vous dérange pas, je préfère vous répondre dans la rubrique commentaire, je suis plus confiant par ce moyen, j'espère ne pas vous offenser.

      Voilà, vous l'avez certainement remarqué mais chaque mouvement politique a un forum qui permet à ses partisans de se rassembler pour discuter de leur projets et pour répondre aux attaques de leur opposants tout comme il leur permet de discuter à leurs opposants. Un forum pourrez permettre à vos partisans et sympathisants d'avoir un endroit virtuel certes pour dialoguer et échanger leurs idées et je pense que ce serai bénéfique pour le mouvement Renouveau bonapartiste. Voilà le but du projet, j'espère qu'il vous convient

      Cordialement

      Supprimer
    3. Bonjours,
      Je trouve cette idée quoi que un peu en retard, de forum fort intéressant et utile.
      J'étais un souverainiste égaré et manipulé par les Le Pen et votre blog ma fait prendre conscience de mes erreurs.
      Si je peux aider pour que ce forum aboutisse n'hésitez pas à me le dire.

      Supprimer