31 mai 2015

La République brisée par les factions : le naufrage partisan du régime républicain

Logotype de la République Française

Cette semaine écoulée aura été marquée par deux grands événements politiques. Le mercredi 27 mai, l'actuel Président de la République, François Hollande, présidait à la panthéonisation de quatre grandes figures de la Résistance. Trois jours plus tard, le samedi 30 mai, Nicolas Sarkozy, ancien Président de la République, présidait aux obsèques de l'UMP, remplacé par un parti au nom polémique : "Les Républicains" (LR).

Ces deux grands moments de l'actualité ont des contenus et des dimensions très différentes mais, à notre sens, ils se rejoignent puisqu'ils illustrent tous deux l'affaiblissement d'une République déchirée par la lutte des factions politiciennes et d'innombrables divisions.

Si elle fut essentielle au processus de consolidation de la Nation française, la République est aujourd'hui un des principaux lieux de la dissolution de celle-ci. Etat des lieux d'un naufrage historique.

Il n'y a plus aujourd'hui en France de République une et indivisible. Il y a aujourd'hui dans notre pays autant de républiques qu'il y a de factions. Et que peut-il y avoir de commun entre les républiques de Jean-Luc Mélenchon, François Hollande, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen ? Chacune d'entre elles se fonde sur le rejet des autres. Si notre pays traverse une crise identitaire, il s'agit au premier chef d'une crise de la République, brisée entre des identités rivales mortellement ennemies les unes des autres.

Il manque à la France une autorité morale et politique capable de s'élever au-dessus des divisions partisanes du quotidien mesquin de la vie nationale pour donner au Peuple le sens de sa profondeur historique.

La cérémonie au Panthéon de ce mercredi 27 mai était symptomatique de ce manque. François Hollande est un président discrédité et rejeté par une très forte majorité des français. Un président qui déjà pense à sa réélection dans deux ans mais doit malgré tout remplir son rôle de chef d'Etat, incarnation d'une unité nationale rendue impossible à réaliser dans le cadre d'institutions républicaines décrépies. Nous n'attaquons pas l'homme, épiphénomène, nous attaquons la fonction, celle de Président du Régime des Partis.

Une cérémonie de panthéonisation devrait appartenir à la Nation toute entière et non à une majorité parlementaire ou à un parti. L'absence d'une grande figure de l'opposition est marquante. Nicolas Sarkozy a été invité mais avait déjà des engagements. La date de l'événement a-t-elle été délivrée au dernier moment ? N'était-elle pas connu depuis longtemps ? Les agendas ne pouvaient-ils pas être arrangés ? De part et d'autre, ne pouvait-il pas y avoir des démarches ? Notamment de la part de la Présidence, en charge de l'unité nationale ?

Quant au discours, quelle tristesse de le voir scruté par les commentateurs politiciens pour y dénicher les sous-entendus. Quelle tristesse d'entendre des critiques s'élever en prenant appui sur un discours de panthéonisation que d'aucuns ont jugé en décalage avec la réalité du pouvoir socialiste. Quelle tristesse de voir des gens rejeter un discours globalement réussi sur la simple base de leur rejet de l'homme. Et quant au public, on a bien vu aux images, relayées notamment par le Petit Journal, et par les commentaires des personnes présentes ainsi mises en relief, que l'assistance était principalement formé de sympathisants du pouvoir en place.

Et voici un événement liée à l'unité de la Nation derrière son Histoire sali malgré lui par la nature intrinsèquement politicien, et non national, de notre République partisane. Accaparement par les factions merveilleusement illustré par le nouveau nom donné à l'UMP : les Républicains. Voici que Nicolas Sarkozy, l'homme qui a le plus remis en cause les fondements démocratiques et humanistes de notre République, s'empare du monopole d'un mot que tout français (y compris monarchiste !) devrait pouvoir réclamer à titre personnel.

Nous la condamnons depuis toujours et voici qu'un ancien président manifeste avec franchise cette prise en otage de la République par les partis. Merci Nicolas de nous fournir un tel argument !

Ces deux événements sont les antithèses de ce que nous, monarchistes de coeur et républicains d'idéal, souhaitons pour notre pays. La cérémonie du 27 comme le congrès du 30 montrent le même visage de notre République : un régime brisé par la lutte des factions. Un régime où l'unité ne se retrouve même plus dans les rangs des partis politiques (puisqu'on a vu Alain Juppé ou François Fillon se faire huer au congrès fondateur de LR). Notre République n'est plus qu'une juxtaposition de factions personnelles : l'écurie de François Hollande contre celle de Nicolas Sarkozy, avec, toujours, en embuscade, l'écurie de Marine Le Pen. Notre République n'est plus rien si ce n'est le terrain de jeu d'égos démesurés qui pourraient reprendre à leur compte le célèbre mot apocryphe de Louis XIV en affirmant avec l'arrogance qui leur est naturelle : "La République, c'est moi !"

Cette République de factieux peuplée de Rois-Soleils d'opérette n'ayant d'autre but que la conquête du pouvoir, sa conservation et son exercice non au service du peuple mais du clan, ce régime à bout de souffle nous n'en voulons plus. S'il se maintient sous sa forme actuelle, il continuera sa funeste entreprise de division de la Nation française et, années après années, les fissures s'élargiront et, un jour, plus ou moins prochain, toute la structure nationale de notre pays s'effondrera, au profit du règne et des communautarismes et de l'expansion paneuropéenne. Notre premier devoir est de combattre cet horizon et de maintenir possible une alternative nationale à cette République partisane.

5 commentaires:

  1. Appelez moi M.W, celui qui vous a proposé le forum

    Bonjour, Renouveau Bonapartiste

    Et oui, en créant la Vème république, De Gaulle voulait créer une république au dessus des partis mais en instaurant un système où le président est issue d'un parti, où il vient au pouvoir en devant appliquer les idées d'un parti et en venant au pouvoir avec son parti il n'a fait que renforcé la particratie de la République.

    Comme vous, je pense que le seul moyen d'avoir véritablement un chef d'Etat au dessus des partis reste la monarchie constitutionnelle. Cependant, j'ai peur que cette idéal ne s'effondre à cause de la mauvaise volonté du peuple. En effet, celui-ci semble préférer l'illusoire égalité républicaine à la douceur d'un Etat monarchique et constitutionnel. Après tout, elle fait rêver la république (avec un petit r pas au sens Raes Publica hein ?) car elle promet l'égalité et l'élection du chef de l'Etat et le peuple ne semble pas vouloir comprendre que seul un chef d'Etat héréditaire est capable d'être hors-parti. Et vous, que pensez vous faire pour convaincre le peuple que la monarchie constitutionnelle est un meilleurs régime que la république (pas au sens raes publica, hein ?), cette république qui ne peut être qu'un régime soumis à la particratie.

    Cordialement

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Accuser le Peuple de "mauvaise volonté" est un peu fort de café ! Si le Peuple ne soutient pas la monarchie, ce n'est pas là quelque chose qu'on puisse lui reprocher. Tout d'abord, nous appartenons à une Nation foncièrement républicaine où la République a une consistance symbolique forte. Mais surtout, l'argumentaire des partis monarchistes (notamment royaliste) a longtemps été anti-démocratique (pensons à l'Action Française) mais aussi, encore aujourd'hui, anti-Républicain, menant plus un combat historique absolument dérisoire qu'un véritable combat politique. A cela s'ajoute l'absence des Princes des différentes familles du champ médiatique, sauf quand il s'agit de violer le devoir de neutralité qu'ils devraient respecter (pensons au débat sur le mariage gay).

      Bref, si les français préfèrent toujours la République à la Monarchie, on ne va pas leur en faire reproche, ce serait piétiner leur liberté d'opinion et, surtout, s'enfermer dans une logique d'aveuglement. Si le monarchisme est si faible en France, c'est principalement la faute, non des français, mais des monarchistes ! Rénover le discours monarchiste, mettre en place de vraies propositions institutionnelles audacieuses, ne pas vouloir détruire la République mais vouloir la consolider à travers la monarchie, mettre un terme à des querelles historiques ridicules, etc. Voilà tout ce qu'il faut faire pour rénover l'argumentaire monarchiste, et seul un monarchisme modernisé peut (potentiellement) intéresser des français qui, contrairement à la masse des royalistes, n'ont pas de nostalgie de l'Ancien Régime et vivent, pleinement, dans le XXIe siècle.

      Proposer aux français un monarchisme digne du XXIe siècle, tel est notre but.

      Supprimer
    2. M.W

      Bonjour, Renouveau Bonapartiste

      Excusez-moi, il est vrai que j'ai oublié de parler de la bêtise de beaucoup de royalistes néofasciste ou absolutiste, vous m'en voyez désolé. Mais malgré tous, j'ai peur que l'idéal monarchique ne finisse par disparaître, les peuples semble préférer l'élection du chef de l'Etat au nom de l'égalité car ils ne comprennent pas que seul un chef d'Etat héréditaire est au dessus des partis. Car le républicanisme risque de monter même dans les monarchies démocratiques, savez-vous par exemple que le mouvement République au Royaume-Uni a vu ses adhérant doubler ?

      Mais bon il est vrai que je suis un peu pessimiste, j'espère que vous ne m'en voulez pas, Renouveau Bonapartiste

      Cordialement

      Supprimer
    3. Encore M.W

      Au fait j'ai une question : pourquoi chaque fois que je poste un commentaire, un message me demande de prouver que je ne suis pas un robot ?

      Cordialement

      Supprimer
    4. Les contrôles d'identité pour contrer les robots sont généralisés à tout Internet, et Blogger n'y déroge pas. Quant à vos chiffres sur le mouvement République au Royaume-Uni, jusqu'à preuve du contraire la reine Elizabeth II bénéficie d'une popularité de plus de 80%, et la personnalité royale la plus populaire, plus populaire encore que la reine, est le prince William, futur roi. Même le prince Charles, malgré les nombreuses polémiques autour de lui, demeure populaire. Enfin, dans toutes les monarchies, tous les sondages montrent qu'un référendum sur la monarchie mènerait toujours au maintien de celle-ci, y compris, comme nous avons pu le voir en juin 2014, lors de la montée sur le trône espagnol de Felipe VI.

      Supprimer