16 juin 2015

[1815|2015] Bicentenaire de la victoire de Ligny

La bataille de Ligny (16 juin 1815)

Deux jours avant la commémoration du bicentenaire de la défaite de Waterloo et pour ouvrir ce cycle de commémorations 1815|2015 proposé par Renouveau Bonapartiste, il nous appartient, à nous, fidèles napoléoniens, de commémorer une autre bataille que celle du 18 juin, une bataille bien moins connue mais qui mérite pourtant de demeurer célèbre au simple titre qu'elle est la dernière victoire de l'empereur Napoléon : la bataille de Ligny.

Loin des interrogations politiques posées par la figure immense de Napoléon  Bonaparte à notre mémoire, française comme européenne, cette commémoration nous permet surtout de porter la lumière sur une qualité qu'aucune personne sur Terre n'osera jamais discuter à l'Empereur : son génie militaire.

Si Ligny n'est pas une grande victoire, et si cette bataille ne put en rien empêcher la grande défaite de Waterloo, cette ultime victoire remportée par l'Empereur en personne fait écho, puisqu'elle s'impose en conclusion, à toutes celles qui ont précédé, et nous invite à contempler cette épopée de poudre et de sang que furent les guerres menées par le général Bonaparte.

Certes, la guerre est une calamité mais on ne peut regarder l'Histoire avec un jugement si pauvre. La guerre, toute calamité qu'elle est, fut une réalité historique de notre pays. Une réalité dont l'oubli pur et simple ou l'étouffement sous le sceau redoutable du tabou serait une insulte à ces milliers d'hommes et de femmes morts pour la France, pour sa liberté, pour sa gloire.

Napoléon Bonaparte c'est avant tout, pour la mémoire de l'humanité toute entière, le génial vainqueur d'innombrables batailles dont nous citerons ci-après les noms les plus grandioses, en témoignage de respect pour son génie et de fidélité à la mémoire de nos braves tombés au champ d'honneur.

Tant de noms célèbres à travers le monde entier que la République de ce XXIe siècle commençant auraient bien fait d'honorer plutôt que d'avoir honte et de son passé et de ses morts.

Quant à ceux qui ne comprennent pas que l'Histoire n'est pas un tribunal mais un lieu de dialogue(s), de fidélité et d'intelligence, à ceux qui perpétuent la fable mensongère d'une hécatombe provoquée par la seule mégalomanie d'un homme isolé, à ceux qui veulent attribuer tous les morts de ces guerres à l'Empereur comme on attribue, avec plus de raison, les morts d'une autre guerre à une personnalité honnie dont le nom ne sera pas citée par respect due à la proximité du nom de Napoléon, à ceux-ci nous répondons que ces guerres furent entreprises en sauvegarde de la Nation française mais plus encore en défense des idéaux de la Révolution, idéaux que l'Empire fit souffler sur tout le continent, dans une volonté de faire entrer l'univers tout entier dans un siècle nouveau. Ces guerres firent tomber l'Ancien Régime partout en Europe et rendirent impossible sa pure restauration en 1815.

Si ces combats provoquèrent un drame humain colossal, ce devoir de mémoire à l'égard des morts de tous camps ne doit pas nous faire oublier que ces mêmes combats participèrent à l'émancipation et à la rénovation de l'Europe. Evitons toujours de juger avec des yeux d'européens heureux (et ô combien heureux en effet) de ne plus connaître de guerres sur leur sol depuis soixante-dix ans : les guerres napoléoniennes s'inscrivent dans la continuité des rivalités et des réalités du XVIIIe siècle. Mais surtout n'oublions jamais que les victoires de Napoléon sont les victoires de la Révolution comme de l'Empire.

C'est en sacrifiant l'élan d'émancipation révolutionnaire au prix d'une volonté excessive de domination et en transformant le grand rêve d'unité européenne autour de la France en exploitation française du continent que Napoléon finit par se perdre lui-même. Construit sur la domination militaire, le système continental de l'Empereur ne pouvait vivre sans ce mouvement perpétuel de victoires qui forme la colonne vertébrale de la légende. A la moindre faiblesse, à la moindre défaite, il risquait de s'enrayer, voire de s'effondrer. La campagne de 1812 cassa le mouvement puis Leipzig brisa le système. Revenu de son exil sur l'île d'Elbe, l'Empereur avait compris ses erreurs passés : fraichement remonté sur le trône de France, il proposa la paix à l'Europe. Mais malheureusement l'Europe refusa. Une nouvelle guerre s'ouvrit, le mouvement nourricier de la victoire devait être relancé. Ce furent les victoires de Gilly, de Ligny et des Quatre-Bras ; mais ce fut Waterloo.

Mais aujourd'hui, en ce deux-centième anniversaire de la victoire de Ligny, remportée par l'empereur Napoléon le Grand sur l'armée prussienne, ce n'est pas l'homme d'une défaite finale que nous voulons célébrer, mais l'homme, génial, de tant de glorieuses victoires.

Victoires remportées des sables d'Egypte aux neiges de Russie et présentes, deux siècles plus tard, partout en Europe, dans la mémoire des hommes comme dans celle des paysages, consacrés de colonnes commémoratives innombrables pour d'innombrables victoires.

Toulon. 
Arcole. 
Rivoli. 
Pyramides. 
Montebello. 
Marengo. 
Ulm. Austerlitz. 
Iéna. Friedland. 
Eckmühl. Wagram. 
Moskova. Bérézina*. Dresde. 
Champaubert. Montmirail. Château-Thierry. 
Ligny.


* Malgré une réputation tenace, perpétuée à travers l'expression très répandue de "bérézina", appliquée à tout type d'événements, la bataille éponyme est pourtant une victoire française où se distingua une fois encore l'héroïsme de nos soldats.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire