31 octobre 2015

Hommage bonapartiste au fier peuple québécois, nos frères français d'Amérique

Drapeau national du Québec

Hier, vendredi 30 octobre 2015, le Québec se remémorait, vingt ans après, l'incroyable moment historique vécu par tout un peuple à l'occasion du référendum sur la souveraineté québécoise. Il y a vingt ans, en effet, le peuple québécois était appelé aux urnes - pour la seconde fois de son histoire - afin de trancher une question de première importance : le Québec sera-t-il, ou non, un pays indépendant ?

En 1980, lors du premier référendum, la réponse avait été d'une clarté totale : avec 85% de participation, le "Non" à l'indépendance triomphait par 60%. Quinze ans plus tard, la bataille devait être nettement plus serrée et la souveraineté québécoise échoua de peu à réaliser ses vieux rêves. 93,52% de la population se mobilisa, donnant 49,42% au "Oui" et 50,58% au "Non". L'Histoire se joue parfois à bien peu de chose.

Nous avons tous en tête le cri légendaire - et, pour le gouvernement canadien, scandaleux - du Général de Gaulle, le 24 juillet 1967 à Montréal. Près de quatre décennies plus tard et vingt ans après l'échec du dernier référendum sur la souveraineté québécoise, nous pouvons le reprendre à notre compte sans hésiter et, nous associant à la liberté et aux espoirs de notre peuple frère et ami d'Amérique, dire : "Vive le Québec libre !".

Fascinante terre québécoise. Tout français a pour cette vaste et belle province canadienne une sympathie naturelle. Perdue par Louis XV au terme de la Guerre de Sept Ans, en 1763, le Québec vit depuis lors sous domination anglo-saxonne. "Fondé" par Samuel de Champlain au nom du roi Henri IV en 1608, le Québec aura vécu 155 ans au sein de la Nouvelle-France. De ce siècle-et-demi il en garde une langue française à la conservation de laquelle il se montre incontestablement plus sourcilleux encore que nous-mêmes français d'Europe, tout en demeurant ouvert à la parfaite maîtrise de la langue anglaise, nous montrant au passage que la défense des particularités nationales peut - sans problème - s'unir à une sincère ouverture aux autres cultures.

Province britannique pendant 104 ans puis province canadienne depuis 148 ans, le Québec n'a jamais perdu cette langue française qui fait son identité. Le Québec c'est un drapeau magnifique où, sur fond bleu, se détachent quatre fleurs de lys, symboles de la royauté française. Le Québec c'est une fête nationale, chaque 24 juin, jour de la Saint-Jean-Baptiste, patron des canadiens français. Le Québec c'est enfin une devise qui s'avère plus éloquente que mille discours : "Je me souviens". Le peuple québécois n'oublie pas en effet qu'il est une Nation distincte de la Nation canadienne, quand bien même il lui est aujourd'hui associé dans un ensemble politique partagé du nom de Canada. Fier de ses racines, de sa langue, de sa culture et de son identité, le peuple québécois est un modèle de fierté tranquille et pacifique qui vit dans sa propre affirmation et non dans la négation des autres cultures.

Ce modèle québécois devrait être un modèle pour les souverainistes et bonapartistes de France. Deux siècles et demi de domination anglo-saxonne n'auront jamais réussi à effacer un siècle et demi de culture française. Les québécois se souviennent de leur passé et se souviennent de cette leçon que le présent n'est une fatalité que lorsqu'on abandonne la volonté commune de construire l'avenir.

Il ne nous appartient pas de nous ingérer dans les volontés libres et souveraines de la Nation québécoise. Qu'elle veuille devenir un pays indépendant ou continuer à vivre selon les termes actuels de son association au sein du Canada, tant que la situation du Québec résulte de la volonté librement exprimée de son peuple nous n'avons rien à dire. Mais si demain des autorités fédérales refusaient au peuple québécois, désireux de réaliser son indépendance, la jouissance de leurs droits souverains, alors nous serions sans nul doute les premiers à nous dresser aux côtés de nos frères de cette petite France d'Amérique.

Terre trois fois plus vaste que la France métropolitaine, le Québec rassemble plus de huit millions de frères francophones. Terre aux paysages splendides et à la culture irréductible, le Québec est un morceau de France qui résiste aux siècles de l'autre côté de l'Atlantique. La France doit toujours lui conserver amitié et considération. L'amitié franco-québécoise c'est l'axe du souvenir francophone. Tant que francophones d'Amérique et francophones d'Europe se conserveront une même amitié, la France mystique demeurera inoxydable.

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