21 octobre 2015

Le duc de Séville couronné légitime roi de France par le comte de Paris, ou l'absurdité des querelles dynastiques démontrée par l'exemple

Le comte de Paris dans son bureau parisien

Après notre article sur la vente par la Famille d'Orléans d'un important patrimoine royal, nous avons reçu nombre de réactions et pu constater que les querelles dynastiques étaient loin d'avoir disparues. Curieux, nous avons regardé les dernières déclarations du chef des Orléans. Ceci nous a permis de découvrir que le comte de Paris s'était feint d'un nouveau "communiqué rectificatif" le 24 juillet dernier, de nouveau en réaction à un article de Stéphane Bern paru dans Le Figaro Magazine. Nous avions déjà, en 2014, à l'occasion des 800 ans de la naissance de Saint-Louis, publié un article sur les fâcheuses approximations historiques du prince Henri d'Orléans, utilisées par ce dernier afin de décrédibiliser les prétentions au trône de France avancées par son lointain cousin, le prince Louis, duc d'Anjou. 

Dans son communiqué du 24 juillet, le chef de la Famille d'Orléans reprend les idées qu'il avait déjà si malhabilement exposées dans la déclaration que nous avions commenté il y a un an et demi. Mais il les reprécise et les développe d'une telle façon qu'il était impossible de ne pas céder au plaisir coupable de poursuivre ce développement jusqu'au bout.

En tant que monarchiste napoléonien, par vocation neutre dans ce conflit dynastique qui le dépasse toujours et le sidère souvent, il est extrêmement ludique de montrer l'absurdité des querelles royalistes. Les toujours fâcheuses approximations du comte de Paris nous en offrent une fois encore l'opportunité, y compris celle de poser cette question fondamentale : n'y-a-t-il pas des débats plus essentielles à avoir que le débat dynastique ?

Nous reproduisons ci-après dans son intégralité le communiqué rectificatif publié le 24 juillet 2015 par S.A.R. le prince Henri d'Orléans, comte de Paris, duc de France :
<< Par delà les écrits et les interprétations auxquelles ils donnent lieu, comme nous pouvons le constater dans le texte de Monsieur Stéphane Bern dans le dernier Figaro Magazine, je tiens à apporter certaines précisions pour les lecteurs non avertis.
Une vieille coutume veut que notre branche dynastique, celle des Bourbons-Orléans, ne soit désignée qu par son dernier nom, alors que les autres branches capétiennes, issues d’Henri IV, portent le nom de Bourbon Busset, Parme, Sicile ou Espagne. Cela ne nous empêche pas d’être Bourbon Orléans. La coutume est une chose et la réalité une autre !
Il est, par ailleurs, une fiction apparue en 1987, celle d’une hiérarchie entre les Capétiens. Si l’on accepte cette fiction, il faut alors en assumer toute sa réalité: la branche aînée capétienne existe bien, elle est Française et non Espagnole. Ce sont les Bourbon Busset. Certains les écartent au prétexte que le mariage de l’Évèque à l’époque n’avait pas été reconnu par le Roi Louis XI. Cette branche capétienne a pourtant fait souche.
L’honnêteté voudrait que l’on creuse aussi plus avant la légitimité capétienne des Bourbons d’Espagne. L’Histoire nous dit que depuis le règne des Reines Maria-Luisa et Isabel, le sang capétien ne coule plus dans les veines de leurs successeurs, sauf dans celles du Roi Juan Carlos grâce au mariage de son père avec donà Maria d’Orléans Montpensier. Mais cela importe peu, car en Espagne, depuis la « Pragmatique Sanction » du Roi Carlos VII d’Espagne, la « loi salique » ayant été abrogée, les femmes peuvent régner et transmettre le flambeau dynastique; or ce n’est toujours pas le cas en France et dans la Famille Royale de France.
Enfin il est nécessaire que j’affirme ici avoir demandé à mon père lorsqu’il était encore Chef de la Maison Royale de France et avant mon remariage civil puis religieux avec Micaëla Cousino Quinones de Léon, fille de la Marquise de San Carlos, Grande d’Espagne, de donner à la Duchesse Marie-Thérèse de Würtemberg le titre de Duchesse de Montpensier afin d’honorer la mère des Enfants de France.
Fait à Ascain, le 18 juillet 2015
Henri, Comte de Paris et Duc de France. >>
Par ce communiqué, le comte de Paris cherche d'abord à détruire la prétention d'ainesse dans la branche du duc d'Anjou en réhabilitant la branche de Bourbon-Busset, certes branche aînée sur le plan strictement généalogique mais branche illégitime issue d'un évêque du XVe siècle - fonction difficilement compatible avec l'idée de descendance légitime - et qui, à travers les siècles, fut toujours considérée comme bâtarde et donc non dynaste.

Mais alors qu'il s'amuse - par un jeu d'esprit assez fin, reconnaissons-le - à défendre les droits d'une branche aînée mais bâtarde, il accuse, dans le même mouvement, et pour les discréditer, les Bourbons d'Espagne d'être eux-mêmes des bâtards, le sang capétien s'étant tari selon lui après Isabelle II.

Que veut-il dire par là ? Il utilise là un argument orléaniste aussi courant qu'insupportable : Isabelle II n'aurait pas consommé son mariage avec François d'Assise, son mari, homosexuel notoire. Mais sur quoi cela se fonde-t-il ? L'état civil reconnaît les enfants d'Isabelle II comme ceux de François d'Assise également. Le comte de Paris veut-il qu'on fasse des prélèvements ADN ? Veut-il s'amuser à agiter le spectre d'un combat dynastique se résumant à la question effrayante de la pureté d'un sang ? Devrait-on lui rappeler que sa propre branche descend d'un homosexuel notoire, Monsieur, frère du Roi ? Que se passerait-il si on découvrait un jour que le Régent était le fils illégitime de la Palatine, elle aussi collectionneuse d'amants comme Isabelle II ?

Mais au-delà du fait que cet argument ne peut avoir aucune valeur légale - je le répète, sur le plan de la légalité, rien ne prouve, sauf la rumeur publique, que les enfants d'Isabelle II ne sont pas ceux de François d'Assise - il se trouve que cet argument insulte au passage une Famille royale régnante.

Le comte de Paris en a bien conscience quand, dans son communiqué rectificatif, après avoir repris l'idée que le sang capétien coule chez Juan Carlos à travers sa mère, la comtesse de Barcelone, une Bourbon-Siciles, il ajoute : "Mais cela importe peu, car en Espagne, depuis la « Pragmatique Sanction » du Roi Carlos VII d’Espagne, la « loi salique » ayant été abrogée, les femmes peuvent régner et transmettre le flambeau dynastique; or ce n’est toujours pas le cas en France et dans la Famille Royale de France."

Nous ne soulignerons pas de nouveau l'incohérence interne de l'argument qui veut rendre par les femmes à Juan Carlos ce que le comte de Paris retire, parce que par les femmes, au duc d'Anjou. Nous avions déjà évoqué ce point il y a un an et demi. Ce qu'il y a de plus incroyable c'est qu'il puisse penser un seul instant que parce que l'Espagne connaît une loi semi-salique qui n'exclut pas les femmes, il suffit qu'un enfant soit issu d'une princesse espagnole pour qu'il soit successible, piétinant la règle la plus élémentaire selon laquelle un enfant illégitime issu d'un adultère ne peut évidemment pas être dynaste ! Se souvient-il du destin des enfants illégitimes de Louis XIV et de la marquise de Montespan auxquels leur père avait voulu confier la qualité de prince dynaste après sa mort ? Il devrait d'autant mieux s'en souvenir que c'est son ancêtre, le Régent, qui cassa cette décision en cassant le testament du Roi-Soleil. Quoi qu'il en soit, sa tentative pour éviter d'insulter la Famille royale d'Espagne ne fait que paradoxalement renforcer son insulte en soulignant une seconde fois l'idée que les rois Juan Carlos et Felipe VI ne seraient que des successibles bâtards.

De surcroît, quelle étonnante idée que de croire que c'est à travers la comtesse de Barcelone que l'actuelle Famille royale d'Espagne tiendrait sa légitimité dynastique : la comtesse de Barcelone n'est que la quatrième enfant du deuxième fils d'un chef de la branche de Bourbon-Siciles, le comte de Caserte. Suivant cette logique, ne serait-ce que l'infant Charles, duc de Calabre, qui vient de nous quitter, aurait été plus légitime au trône d'Espagne que la comtesse de Barcelone. Il n'y a donc pas à tergiverser : Juan-Carlos et Felipe VI tiennent leur légitimité dynastique du mariage d'Isabelle II et François d'Assise. Point. On ne peut retirer la légitimité de cette ascendance au duc d'Anjou sans la retire du même coup au Roi d'Espagne.

On s'interrogera aussi sur ce nom étrange que le comte de Paris prête à la comtesse de Barcelone : Maria d'Orléans-Montpensier. Elle s'appelait en réalité Maria de las Mercedes de Bourbon y Orléans et n'appartenait même pas à la branche d'Orléans-Montpensier, son père étant le comte de Paris, ce petit-fils héritier de Louis-Philippe. Antoine, duc de Montpensier, n'était que le grand-père maternel de la comtesse de Barcelone - en effet issue d'un mariage consanguin.

Au-delà de ses approximations dynastiques, le comte de Paris montre plus généralement encore sa méconnaissance de l'Histoire espagnole puisque l'abolition de la loi salique - en réalité davantage le retour à la loi semi-salique de la tradition espagnole -  n'a pas été le fait de Charles VII mais de Ferdinand VII d'Espagne. D'ailleurs, il n'y a jamais eu de roi "Charles VII" d'Espagne en dehors du prétendant carliste, Charles de Bourbon, qui - ironie délicieuse - s'avère être aussi un prétendant légitimiste au trône de France - le second fils de Jean, comte de Montizon, l'héritier légitimiste du comte de Chambord.

D'ailleurs, pourquoi les orléanistes s'attachent-ils autant à cet argument de l'extinction - par bâtardise des enfants d'Isabelle II - du sang de France chez les Bourbons d'Espagne ? Ne perçoivent-ils pas le danger que cet argument fait courir aux prétentions passées de leur propre parti dynastique ? En effet, non content d'insulter une Famille régnante, ils utilisent un dangereux argument qui invalide les droits des précédents prétendants orléanistes.

Plutôt que de contredire ce qu'avance le comte de Paris, laissons nous aller un instant au jeu - savoureux - de pousser ses arguments jusqu'à leur développement ultime. La démonstration est simple : si la succession légitimiste est invalide du moment où François d'Assise n'a pas d'enfants légitimes alors cela signifie que les prétendants légitimistes antérieurs, Bourbons d'Espagne par une succession masculine incontestable et incontestée, étaient eux des prétendants légitimes. Le comte de Paris ("Philippe VII") et le duc d'Orléans ("Philippe VIII") n'auraient donc jamais été légitimes. Et le duc de Guise ne l'aurait été que de 1936 à 1940, suite à la mort de son lointain cousin espagnol, Alphonse-Charles de Bourbon. Mais aurait-il pu seulement le devenir en 1936 ?

Poussons la logique jusqu'à son terme : la déduction dynastique qui en résulte est absolument fascinante. L'argument du comte de Paris est le suivant : le sang de France disparaît de la branche aînée des Bourbons d'Espagne parce que François d'Assise n'a pas consommé son mariage avec sa femme, la Reine Isabelle II. Admettons. Cela fait-il automatiquement des Orléans la branche légitime pour prétendre au trône de France ? Malheureusement pour eux, non.

François d'Assise avait un frère, Henri, duc de Séville, qui a fourni une descendance à la Maison capétienne de Bourbon. En 1936, à la mort du prince Alphonse-Charles, c'est donc le neveu de François d'Assise, le fils survivant du duc de Séville, qui doit logiquement devenir prétendant au trône de France. Il s'avère d'ailleurs que celui-ci avait déjà pris le titre de duc d'Anjou et réclamé la succession française - avec, il faut le dire, un peu de précipitation puisqu'il le fit dès la fin du siècle précédent. En 1936, ce serait donc lui, François de Paule de Bourbon ("François III", allons jusqu'au bout !), qui serait devenu héritier du trône de France si on applique avec rigueur les arguments de succession masculine incontestée du comte de Paris.

A la mort de celui-ci, en 1942, lui succède son fils, lui aussi prénommé François de Paule ("François IV"), qui, miracle dynastique, épouse sa cousine germaine, la duchesse de Séville - en Espagne, les titres se transmettent par les femmes et le fils aîné du prince Henri, duc de Séville, n'avait eu que des filles. A la mort de ce duc consort de Séville, en 1952, lui succède jusqu'en 1995 son fils, encore un François de Paule de Bourbon ("François V"), père de celui qui, selon cette mécanique de rigueur masculine, devrait être le prétendant actuel au trône de France : Le Très Excellent Don François de Paule de Bourbon y Escasany, duc de Séville, né en 1943. 

Le duc de Séville serait-il le légitime Roi de France ?

Vu ses propos et les arguments invoqués, le prince Henri d'Orléans n'aura sans doute aucun mal à reconnaître ce lointain cousin espagnol comme le seul roi légitime de France, Sa Majesté le roi François VI. Et voilà que nous venons de fonder, sous le haut-patronage de Son Altesse royale le comte de Paris, un nouveau courant royaliste. Nous le baptisons "légitimisme sévillan" ! Moment historique.

Pourquoi ce long développement quasi uchronique ? La première raison est que cette succession alternative me semble des plus amusantes. Et cet amusement, développement jusqu'à l'absurde des arguments de la querelle dynastique royaliste, irrigue la seconde et principale raison de cet article : démontrer l'inanité des argumentations de pure défense dynastique. Est-ce cela la légitimité ? Une question de pure succession généalogique ? Une question de pureté du sang ?

Face à cette démonstration, les orléanistes auront facile à répondre "Mais tous ces gens ne sont pas successibles au trône de France en vertu des renonciations d'Utrecht !". Argument qui peut être discuté longuement mais qu'il ne nous appartient pas de questionner. Nous l'entendons et nous répondons : "Pourquoi, dans ce cas, vouloir frapper de bâtardise toute une branche des Bourbons qui, de surcroît, inclut la Famille royale d'Espagne ?".

Du moment où la légitimité orléaniste se fonderait, selon ses partisans, sur le traité international d'Utrecht (1713), pourquoi manier des arguments aussi discutables et ubuesques que ceux de la bâtardise des descendants d'Isabelle II ? Pourquoi se perdre en circonvolutions ridicules et en débats interminables à coup d'affirmations qui peuvent si facilement se retourner contre vous et, de surcroit, insultent au passage une Famille régnante qui n'a rien demandé à personne ?

Le comte de Paris voulait par ce communiqué se couronner roi de France et ses arguments, retournés, appliqués à la lettre, envoient la couronne de France reposer sur la tête du duc de Séville. Est-ce à de tels débats que les français aspirent ? Est-ce de telles querelles ubuesques qui permettront aux français de se détourner de la République pour embrasser la cause de la Monarchie ? Les querelles dynastiques entre royalistes des deux camps se trouvent sur tous les sites, sur tous les forums, dans toutes les discussions. Elles sont interminables et tissées d'arguments aussi absurdes que celui que nous venons de développer jusqu'à l'extrême, quand elles ne sont pas ponctuées d'outrances, d'invectives ou d'insultes ad hominem. En même temps, qui peut blâmer les troupes quand on voit que leur meneur, le comte de Paris, s'adonne lui-même à de telles argumentations stériles ?

A vouloir savoir qui du duc d'Anjou ou du comte de Paris doit monter sur le trône, les monarchistes bourboniens oublient un peu trop, à nos yeux, à nous, monarchistes napoléoniens, de défendre cette cause mille fois plus importante que celle de la personne privée d'un prince : celle, commune, de la France et de la Monarchie. Une cause qui pourrait non seulement rassembler légitimistes et orléanistes mais aussi, et nous en témoignons, jusqu'aux bonapartistes dynastiques.

Les arguments du comte de Paris nous permettent de démontrer qu'au milieu de cette querelle dynastique, tous les arguments peuvent être invoqués pour couronner n'importe quel prince issu de la Maison capétienne de Bourbon. Il y a deux camps qui se battent soit pour Henri VII soit pour Louis XX. En mariant les arguments des deux camps - bâtardise de la descendance d'Isabelle II et invalidité d'Utrecht - voilà qu'émerge un troisième prétendant, François VI. N'est-ce pas là une excellente preuve de l'absurdité de cette interminable querelle dynastique qui pourrait sans nul doute couronner le premier prince venu sur la base de quelques arguments irréfléchis ?

Un bref exemple pour illustrer cette dernière affirmation. Admettons - dans cette logique dynastique alternative - que le traité d'Utrecht soit tout aussi valide que les lois fondamentales du Royaume. En d'autres termes, que la montée de Philippe, duc d'Anjou, sur le trône d'Espagne, entraîne effectivement privation des droits de succession à une Couronne de France s'affirmant indisponible. Philippe V, né en 1683, est né successible au trône du Roi-Soleil son grand-père : il ne peut renoncer à cette qualité ni en être déchu. De même de son fils aîné, Louis, né avant la signature du traité d'Utrecht, et qui sera un éphémère roi d'Espagne en 1724. Naître successible, c'est le demeurer toute sa vie : indisponibilité de la Couronne.

Mais qu'en est-il après la "renonciation" d'Utrecht ? Philippe V ne pouvant renoncer ni pour lui ni pour ses descendants à une qualité qui ne lui appartient pas, le traité suspendrait en réalité les droits successoraux des enfants du duc d'Anjou et irait jusqu'à entraîner renoncement automatique d'une qualité non acquise pour eux et leur descendance à ceux qui accéderaient au trône d'Espagne tout en étant né après la signature du traité. Si l'autre fils de Philippe V à ceindre la couronne espagnole, Ferdinand VI, n'a pas de descendance, ce n'est pas le cas du successeur de ce dernier, son frère, Charles III. En vertu conjointement d'Utrecht et de l'indisponibilité de la Couronne, étant issue d'un fils de Philippe V né postérieurement à la signature du traité, la descendance de Charles III est privée de tout droit à la Couronne de France. Le traité d'Utrecht s'applique en respect des lois fondamentales du royaume. CQFD. Où mène cette mécanique ? Tout simplement à la mise en avant du dernier fils de Philippe V qui, lui, ne ceindra pas la couronne d'Espagne et engendrera donc une descendance capable de prétendre au trône de France le moment venu en respect et d'Utrecht et des lois fondamentales :  les Bourbons-Parme. Le légitime prétendant au trône serait ainsi l'actuel duc de Parme. Depuis la mort du comte de Chambord en 1883, ce légitimisme parmesan aurait vu se succéder les rois "Robert III", "Henri VI", "Joseph Ier", "Elie Ier", "Robert IV", "François III", "Charles XI" et aujourd'hui "Charles XII".

Incroyable plasticité de la réflexion bassement dynastique : à Henri VII de Bourbon-Orléans et Louis XX de Bourbon-Anjou voilà que nous ajoutons François VI de Bourbon-Séville et Charles XII de Bourbon-Parme ! Mais, surplombant ces démonstrations, un nombre connu de tous pulvérise d'une pichenette tous ces débats inutiles sur la bonne logique dynastique à suivre pour trouver le "Roi légitime". Ce nombre est bien connu des amateurs d'Histoire : 987. En cette année-là, les barons - représentants du peuple franc - choisirent de se passer de la logique successorale pour préférer la désignation du premier roi capétien, Hugues Capet, à l'ascension du successeur légitime, Charles de Lorraine, dont le nouveau roi n'était qu'un cousin germain par les femmes. Avec une querelle dynastique semblable à celle de 2015 en 987, la dynastie capétienne pour l'héritage duquel ces royalistes se battent n'existerait même pas.

Les orléanistes et les légitimistes n'ont qu'à se rassembler autour du duc de Séville et mettre un terme à cette insupportable querelle en prenant pour prétendant un prince de la succession légitimiste désignée sur la base d'arguments orléanistes, et ce en conformité des paroles du comte de Paris. Synthèse formidable - nous leur offrons charitablement à l'extrême fin de cet article les nouvelles armes derrière lesquelles ils devront combattre ... Peut-être qu'une fois tous convertis au légitimisme sévillan ils commenceront enfin à s'occuper davantage de la Monarchie que du Monarque. 

Et les monarques virtuels et putatifs feraient bien de se décider un jour à donner eux-mêmes l'exemple. Telle est la leçon de cette démonstration : n'est-il pas temps de cesser de se battre si âprement pour monter sur un trône qui n'existe pas ? Trône qui ne risque pas d'exister un jour si le monarchisme continue à se résumer aux absurdes invectives du pugilat dynastique.

Armes du duc de Séville

8 commentaires:

  1. Cher renouveau bonapartiste,
    Qu'en est il du Prince Napoléon, veut il s'engager pour devenir empereur ? Le veut il réellement, préfère t-il le flou ou pire encore ne voudrait pas du trône ?
    Ce n'est pas une critique de ma part mais je voulais avoir une lumière, sur le sujet.
    Merci d'avance,
    Signé,
    Un bonapartiste

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    1. Comme vous le savez, notre Famille impériale a toujours été très discrète ; et notre Prince s'inscrit parfaitement dans cette tradition familiale. Il est donc difficile de répondre à votre question. Mais, il y a eu, en 2006, une série, diffusée sur France 3, produite et présentée par Stéphane Bern, consacrée aux héritiers des dynasties souveraines. Un numéro était consacré à la Famille impériale de France, avec de nombreuses interventions de la Princesse Alix de Foresta, de son fils le Prince Charles et de l'actuel chef de famille, le Prince Napoléon. Je vous cite quelques paroles qui arrivent à la fin du documentaire :

      << Louis-Napoléon Bonaparte-Wyse (descendant de Lucien Bonaparte à travers sa fille, Laetitia, tige de la branche des Bonaparte-Wyse) : Je pense qu'il ne peut pas être question de prendre le pouvoir sans l'assentiment du peuple français. Si un jour le peuple français éprouvait le besoin d'un changement de régime, les Bonaparte, dans la mesure où ils accepteraient de faire de la politique, sont bien sûr au service de la France.

      S.A.I. le Prince Charles Bonaparte : Mon père, par son comportement durant la guerre, et par la plus grande partie de ses opinions, était un républicain. Néanmoins, quand on lui posait la question "Pensez-vous qu'un jour vous pourriez accéder au trône ?", il ne disait pas "non", et donc il maintenait une certaine démocratie.

      S.A.I. le Prince Napoléon : Nous vivons dans une démocratie mais si un jour le Peuple me demande d'avoir cette fonction, je l'accepterai s'il m'a donné son soutien au suffrage universel. >>

      J'imagine que voici des propos certes âgés de dix ans mais qui doivent vous apporter la lumière que vous me demandiez ! J'en profite d'ailleurs pour citer les paroles finales de la Princesse Napoléon dans ce documentaire, je les trouve très justes et très belles - et tous les bonapartistes portent une grande affection à la Princesse :

      << Le nom de Napoléon suscite, pas forcément toujours une sympathie, mais toujours un intérêt. Les gens s'interrogent toujours : "Quoi ? Qu'est-ce que Napoléon ? Qui est-ce ? Et comment peut-il y avoir encore une descendance ?" >> Cette interrogation soulignée par la Princesse Napoléon est sans doute celle à laquelle les bonapartistes dynastiques sont appelés à répondre avec détermination.

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    2. Pour mieux connaître les positions de Renouveau Bonapartiste concernant le Prince, je vous invite à lire cet article : http://renouveaubonapartiste.blogspot.fr/2015/07/hommage-notre-prince-anniversaire-du.html

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    3. ERRATUM. Dans mon premier message, il faut bien sûr apporter une correction au verbatim des propos du Prince Charles qui ne dit pas "une certaine démocratie" mais "une certaine ambiguïté. Je reproduis les propos corrigés :

      << S.A.I. le Prince Charles Bonaparte : Mon père, par son comportement durant la guerre, et par la plus grande partie de ses opinions, était un républicain. Néanmoins, quand on lui posait la question "Pensez-vous qu'un jour vous pourriez accéder au trône ?", il ne disait pas "non", et donc il maintenait une certaine ambiguïté. >>

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  2. Habíamos conocido al actual Duque de Sevilla (Paco Borbón) como antiguo empleado de banca y ahora nos los encontramos como "le seul roi legitime de la France". ¡Vivir para ver!

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  3. Pour déterminer une loi nationale applicable à un contrat, en dernier ressort (quand on a épuisé les règles de rattachement à une loi en application d'un traité international), on se fonde sur la loi du pays avec laquelle le contrat présente des liens les plus étroits.

    Pourquoi ne pas l'appliquer en matière dynastique ?

    Comme vous le mentionnez, il existe des débats interminables en la matière qui ne seront tranchés définitivement qu'en cas de restauration. Par exemple, aucun Espagnol ne remet en cause la légitimité de Jean-Charles Ier ou de Philippe VI. Or, "Louis XX" pourrait prétendre légitimement au trône d'Espagne puisqu'il appartient à la branche aînée. Il ne le fait pas a priori pour éviter le ridicule ... Il n'y a pas à ma connaissance de débat sur ce sujet en Espagne. "Louis XX" n'est pas dynaste là-bas et personne y compris lui ne remet cette décision de Franco en cause. Jean-Charles I a été couronné Roi d'Espagne et de facto, cela supprime toute légitimité à "Louis XX". Point final au débat en Espagne. Voila pourquoi Don Luis Alfonso tente sa chance ailleurs ...

    En France, cette querelle dynastique artificielle n'a surgi qu'en raison de la déception de royalistes face au comportement et prises de position politiques d'Henri VI. Certains royalistes ont été rechercher dans des placard une branche non dynaste espagnole en soutenant qu'elle pourrait être légitime en France ... alors qu'un royaliste ne peut choisir son Roi (sinon, il est républicain ...).

    Henri V, à sa succession, avait bien entendu reconnu la légitimité de la branche d'Orléans sur le trône de France, permettant la fusion des courant légitimistes et orléanistes. Par cette décision, il restait fidèle aux positions de Louis XIV et Philippe V d'Espagne et à l'histoire : la branche espagnole n'a vocation qu'à régner sur l'Espagne pour la simple raison qu'il est juste impossible qu'un Roi soit à la fois Roi de France et Roi d'Espagne. Dans une telle alternative, que faire ? Quel pays passe en premier ? L'Espagne devrait-elle céder sa place ? Pourquoi ?

    Afin de trancher le débat, pourquoi ne pas se fonder sur le critère de la dynastie qui a les liens les plus étroits avec la France ? Un Roi de France a en effet vocation à incarner la France ... il doit donc être en communion avec elle et les Français.

    Sur la base de ce critère pragmatique, c'est bien évidemment la branche des Orléans qui présente indiscutablement les liens les plus étroits avec la France, la branche espagnole ayant cesser d'être française depuis plus de 300 ans ...
    "Louis XX" a pour langue maternelle l'espagnol. Il vit en Espagne ou au Vénézuela. Quelle connaissance a-t-il de la France ? Quelle légitimité aux yeux des français pour incarner la France ? Henri VI, Henri VII et le futur Jean IV remplissent ces critères haut la main et sont les seuls prétendants réalistes pour le trône de France. L'histoire des Orléans est liée à celle de la France, pour le meilleur et pour le pire.

    Bien sûr, si Jean-Christophe Napoléon manifeste son intérêt pour une restauration impériale, les débats ci-dessus n'auraient plus d'intérêts pour moi ...

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    1. Monsieur,

      Je risque de vous contredire mais hélas vous avez tort sur la légitimité du roi Jean-Charles Ier. Si, des monarchistes espagnols remettent en cause sa légitimité : ce sont les carlistes et les carloctavistes, ces deux courants existent encore, certes, ils sont minoritaires chez les monarchistes espagnols mais ils existent quand même. Ensuite, oui, il y a des royalistes espagnols qui soutiennent Louis-Alphonse, certains carlistes le reconnaissent roi d'Espagne sous le nom de Louis II même s'ils sont un courant minoritaire chez les carlistes.

      PS : Renouveau Bonapartiste, pour votre uchronie que vous avez publié cet été, vous pouvez dire ce que vous avez imaginé pour l'Italie, a Hongrie et la Russie s'il vous plaît ? Cela m'amuserez de connaître ces détails de cette uchronie intéressante.

      Cordialement

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    2. Réponse au premier commentaire, celui du 22 octobre. Je partage entièrement vos analyses, sauf à prendre parti pour une branche royaliste quelconque, étant un soutien du Prince Napoléon. Je vous rejoins sinon en tous points, et notamment en ce qui concerne votre dernière phrase.

      Réponse au second commentaire, celui du 24 octobre. De nouveau, vous avez raison de souligner l'existence de quelques courants monarchistes minoritaires en Espagne qui reconnaissent d'autres prétendants au trône que Felipe VI. Mais reconnaissez aussi que ce sont plus que des minorités : des quantités absolument négligeables ! Felipe VI est légitime parce qu'il est le fils du précédent roi, parce qu'il appartient à la dynastie historique, et parce qu'il est incroyablement populaire. Les espagnols aiment cette monarchie avec ce roi, ils ne veulent pas en changer. Les espagnols vivant en monarchie ils ont la chance de ne pas avoir à se battre pour un "prince" mais à soutenir - ou non - un trône. Mais dans la plus pure théorie vous avez totalement raison en rappelant l'existence des carlistes et des carlo-octavistes (même si c'est vraiment très très faible numériquement et souvent folklorique ...). Concernant l'uchronie du mois d'août, je suis désolé de vous décevoir mais je n'ai - je crois - rien imaginé de plus pour l'Italie, la Hongrie et la Russie que ce qui est affirmé dans le texte publié. Mais si vous êtes intéressé, envoyez donc un mail à renouveaubonapartiste@gmx.fr et je vous enverrai le brouillon de cette uchronie où j'avais - en bazar - amassé les détails sur cet univers alternatif, vous y trouverez sans doute quelques informations supplémentaires.

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