10 octobre 2015

[Polémique royale] Faut-il blâmer la famille d'Orléans pour avoir dispersé nombre de trésors du patrimoine royal de la France ?

LL.AA.RR. le prince Henri d'Orléans, actuel comte de Paris, et son épouse
(c) Michel Stoupak



L'événement a eu un très faible écho médiatique. Il nous apparaît pourtant comme un événement d'une extrême importance à plusieurs titres : important sur le plan patrimonial et historique, important sur le plan politique et symbolique.

Au cours de plusieurs sessions, les 29 et 30 septembre derniers, une incroyable collection de précieux objets issus du patrimoine royal de la France a été vendue par les héritiers du prince Henri d'Orléans, comte de Paris et prétendant orléaniste au trône de France de 1940 à 1999, mettant un terme à plusieurs années de tumulte judiciaire engendrées par la succession de ce dernier.

Cette dispersion, peu médiatisée, de près de deux-cent-trente objets hérités de notre Histoire royale, cette "braderie royale", pour reprendre les mots de Stéphane Bern, n'a peut-être pas attiré l'attention des médias - plus occupés à se gargariser d'interminables débats sur le vocabulaire impropre de Mme Morano - mais elle ne peut qu'attirer l'attention, sceptique et déroutée, de nombreuses personnes, qu'elles soient simplement attachées au patrimoine historique de notre pays ou défenseurs du régime monarchique. Alors que les quelques phrases prononcées par l'ex-passionaria sarkozyste sur le plateau de Laurent Ruquier s'effaceront des mémoires en quelques mois et sortiront de l'Histoire sans jamais y être entrer, la vente de l'héritage des Orléans est un événement dont la dimension historique ne fait aucun doute.

Reste à définir l'épaisseur et l'écho de cet événement historique. La question soulevée par cette vente aux enchères est à la fois très simple et très lourde de sens : en vendant le patrimoine de la France royale, la famille d'Orléans n'a-t-elle pas commise une grave faute politique et morale ? Peut-on encore se revendiquer "Famille de France" quand on a vendu aux plus offrants les trésors du passé de la France ?

Pour bien comprendre cette vente, il faut remonter le temps et se confronter à la grande et étonnante personnalité du précédent chef de la Maison d'Orléans, le prince Henri d'Orléans, comte de Paris jusqu'à sa disparition, en 1999, et père de l'actuel comte de Paris, lui aussi prénommé Henri d'Orléans. A la personnalité fascinante de feu le comte de Paris il faut aussi adjoindre le vibrant éclat de la beauté de son épouse, la princesse Isabelle d'Orléans-Bragance. C'est la succession de ce couple, disputé pendant deux décennies par leurs propres enfants, qui trouve sa résolution finale à travers cette vente aux enchères.

S.A.R. Mgr le comte de Paris (1908-1999)

Nous ne retracerons pas l'intégralité de cette très complexe dispute familiale car tel n'est pas notre propos. Nous épargnant la multitude des détails, contentons nous de parcourir brièvement la genèse de cette succession.

Au milieu des années 1970, le comte de Paris décide de créer un organisme destiné à gérer et protéger l'important patrimoine historique et culturel détenu par les Orléans à titre de possessions familiales. En 1974, il fonde la Fondation Saint-Louis, qui existe encore malgré qu'elle ait perdu son combat contre les héritiers de son fondateur. Les biens supervisés par la Fondation sont issues d'une donation réalisée deux ans plus tard, en 1976, par le chef de la Maison de France. C'est cette donation qui a fructueusement été contestée par les enfants du défunt comte de Paris, disparu en 1999.

Dès 2001, ses héritiers (enfants et petits-fils accomplis) entament une longue bataille judiciaire afin de récupérer les biens que leur aïeul avait choisi de placer sous la protection de sa Fondation. En 2003, à la mort de la princesse Isabelle d'Orléans-Bragance, comtesse de Paris, ses héritiers reçoivent pourtant - sans complications judiciaires - une coquette succession estimée à 20 millions d'euros, qu'ils doivent certes partager en autant de parts que d'héritiers mais, tout de même, ne pleurons pas sur un héritage se chiffrant en millions.

En 2008, une première partie de l'héritage patrimonial, reçu en 2003, est vendu chez Christie's afin de transformer cette masse matérielle en numéraire, plus facile à partager. A cette occasion, la Famille d'Orléans se sépare notamment d'un objet à la symbolique extrêmement forte puisqu'il s'agit d'une pochette brodée par la reine Marie-Antoinette durant ses sinistres journées de réclusion à la prison du Temple précédant son exécution. Quelle cohérence y-a-t-il à faire donner des messes chaque mi-octobre - Marie-Antoinette ayant été exécutée le 16 octobre 1793 - tout en vendant au plus offrant un souvenir si chargé d'Histoire et d'émotion ?

En septembre 2013, la bataille judiciaire sur la succession de 1999 s'achève enfin quand le Tribunal de Grande Instance de Paris déclare nulle - sur la base de vices de forme dans la procédure notariale - la donation à la Fondation Saint-Louis de 1976, se refusant cependant à restituer aux héritiers les châteaux d'Amboise et de Bourbon-l'Archambault, la chapelle royale de Dreux et la chapelle expiatoire de Paris, pourtant revendiqués eux aussi par les plaignants ...

Le devenir des archives de la Famille d'Orléans, versées eux aussi aux Archives Nationales par donations et réunies dans le fond 300AP, demeure assez vague.

A la suite de ce jugement, Maître Baratelli, avocat notamment du duc d'Orléans, frère cadet de l'actuel comte de Paris, se réjouit de ce dénouement en se félicitant de voir "un tribunal de la République restituer aux enfants de la Famille de France des biens qui avaient été "offerts" par celui qui pensait pouvoir contourner les lois de la République." On appréciera à sa juste valeur cette ardente évocation de la République au profit de princes entourés de partisans qui exècrent la République, si souvent présentée par eux comme une institution non pas contestable mais tout simplement diabolique.

C'est ainsi que la République rendit aux héritiers des Rois de France, en cassant les donations du précédent comte de Paris, deux cent trente deux oeuvres, dispersées au cours des ventes des 29 et 30 septembre 2015. On ne discutera pas les motivations de la donation initiale du comte de Paris : certains affirment qu'il avait la volonté de détruire sa propre famille, de ne leur laisser "que la haine" selon des propos rapportés, tandis que d'autres mettent en avant une sincère volonté de protéger le patrimoine historique des Orléans d'une dispersion consécutive à sa succession. Quelque soit la motivation initiale du comte de Paris, il s'avère que jusqu'alors la Fondation Saint-Louis était parvenue à réaliser cette dernière intention et que le jugement de septembre 2013 a mené, en effet, à la dispersion de ce patrimoine.

Avant que la vente n'ait lieu, l'Etat a posé son veto sur la sortie du territoire national de trois objets à la valeur historique incommensurable : le portrait de la duchesse d'Orléans par Vigée-Le Brun, estimé à 1,8 millions d'euros, le portrait de Louis XIII par Philippe de Champaigne et le livre de comptes du château d'Amboise. Savoureuse ironie que cette volonté de vendre un tableau de Vigée-Le Brun au plus offrant au même moment où la République - certains orléanistes diraient "la Gueuse" - ouvrait une vaste exposition toute à sa gloire au Grand Palais.

La vente chez Sotheby's - on ne commentera pas le choix d'une société américaine pour disperser un patrimoine français - a rapporté aux héritiers du comte de Paris 6 221 665 €, soit l'équivalent de quatre siècles et cinquante six années de SMIC.

Les trois pièces les mieux vendues sont :
- Un tableau de Louis Carrogis, dit Carmontelle, Les gentilshommes du duc d'Orléans dans l'habit de Saint-Cloud, représentant six hommes de dos, en habits rouges. Estimé entre 250 000 et 350 000 euros il a été vendu 531 000 €.
- Une pièce exceptionnelle ensuite que ce déjeuner royal en porcelaine de  Sèvres, daté de 1840, offert par Louis-Philippe à son épouse, la reine Marie-Amélie, nommé Déjeuner des chasses diverses et composé d'un plateau, une théière, une cafetière, un pot à lait, un pot à sucre et six tasses. Estimé entre 100 000 et 150 000 euros, cet ensemble absolument magnifique a été obtenu par un acheteur au prix de 495 000 €. J'invite tous nos lecteurs à admirer de leurs propres yeux la somptuosité de ce lot.
- Enfin, un tableau assez connu, figurant Henri IV, par Frans Pourbus le Jeune, et vendu à un prix plus de dix fois supérieur à son estimation (entre 20 000 et 30 000 euros) : 399 000 €.

A ces trois sommes astronomiques, on peut ajouter un ordre du Saint-Esprit ayant probablement appartenu à Philippe-Egalité (81 000€), un ensemble de boutons de manchettes (938€), les statuts de l'Ordre de Saint-Michel, le plus ancien ordre de chevalerie français (171 000€), une pale liturgique - pièce de tissu qui recouvre le calice - brodé par Marie-Antoinette elle-même (21 250€), un tableau extrêmement rare représentant le futur roi Louis-Philippe au berceau (231 000€), un autre tableau très intéressant représentant la chambre de Marie-Amélie dans son exil (75 000€), deux portraits représentant les frères de Louis-Philippe, décédés prématurément, le duc de Montpensier et le comte de Beaujolais (respectivement 8750€ et 6875€), ainsi que trente-cinq aquarelles du prince de Joinville, vendus pour un total de 514 375€. Nous soulignerons que l'aquarelle ayant été honorée du prix de vente plus élevé est celle représentant le départ des cendres de l'Empereur de Saint-Hélène (42 500€). On ajoutera d'ailleurs qu'un tableau figurant le passage du cortège des cendres de Napoléon place de la Concorde a été adjugé 62 500€.

En parcourant cette liste d'objets dispersés par la vente de fin septembre, on est frappé tout d'abord par l'extraordinaire valeur historique de certaines pièces mais aussi par l'épaisseur symbolique de tous ces objets témoins privilégiés de notre Histoire nationale aussi bien que de l'Histoire familiale des Orléans. En dispersant ces objets, ce sont à la fois des souvenirs de la Nation et des souvenirs de leur Famille que ces princes dispersent aux quatre vents. Qu'il s'agisse du tableau représentant le duc de Chartres au berceau, de cette vue de la chambre de Marie-Amélie ou de ce pale liturgique brodé par Marie-Antoinette, est-ce rendre hommage à ces personnages historiques que de laisser de telles pièces courir le risque de disparaître dans des collections privées ?

Cette tension entre la mission d'une Famille princière et les actes de la Famille d'Orléans traverse notre propos depuis le début de cet article. Certains ne s'y trompent pas, tel Stéphane Bern, spécialiste des actualités royales et proche de certains membres de la Famille d'Orléans, qui a affirmé à l'AFP que "cette nouvelle braderie royale est symboliquement forte et signe assurément la fin d’une histoire qui est aussi la nôtre". Témoignant de sa "grande tristesse", il conclut par cette question fondamentale : "Que restera-t-il ensuite de la Maison de France?". Une question à laquelle, comme l'indique le titre de notre article, nous désirons apporter quelques éléments de réponse.

Nous ne tergiverserons pas, ce n'est pas dans nos habitudes : nous trouvons cette vente aux enchères assez indigne de la Famille d'Orléans qui ayant bradé le "mobilier" de ladite maison ne peut plus guère, à nos yeux, se réclamer Maison de France. Cette dispersion du patrimoine est une nouvelle attristante. Nous préférerions que la Famille d'Orléans nous offre moins de messes et de propos conservateurs - quand ils ne sont pas réactionnaires - et s'investisse plus dans la défense d'un patrimoine qu'ils ont certes reçus en héritage mais avec le devoir de le protéger. Nous pensons que la Famille de France a pour mission de protéger et promouvoir l'Histoire royale et l'esprit capétien d'unité, notamment à travers la défense de notre patrimoine commun, mission bien plus légitime que de prendre position sur l'ouverture du mariage aux personnes de même sexe ou sur l'immigration.

En se séparant, à travers une vente aux enchères pilotée par une société américaine, du patrimoine royal de la France, perçu par eux comme un simple bien de famille, les Orléans se sont eux-mêmes rabaissés du rang de Maison dynastique à celui de Famille privée.

Certes, ils ont le droit de leur côté - et Dieu sait que l'actuel comte de Paris aime avoir recours à la Justice républicaine pour ses combats personnels, qu'il s'agisse de récupérer un héritage ou de contester à son lointain cousin, Louis de Bourbon, le droit d'utiliser les armes fleurdelisées - mais le droit ne fait pas tout. En réalité, paraphrasant une expression célèbre du Président Louis-Napoléon, il est incontestable qu'ils avaient pour eux la légalité, mais avaient-ils le droit ? Moralement, il était de leur devoir de conserver en France, au milieu des français et au service des français, ces trésors inestimables de notre passé royal. Certains diront qu'il faut bien vendre pour dégager des sommes numéraires capables d'être divisées en autant de parts que d'héritiers. Mais est-ce là la dignité de la Maison de France que de regarder le patrimoine national et royal avec les yeux d'austères comptables ?

Et peut-on, en ces temps de crise aiguë, pleurer sur le sort d'une famille aristocratique qui s'est déjà partagée plusieurs millions ? Ne serait-ce pas une insulte à toutes les souffrances d'aujourd'hui que de dire qu'ils n'avaient pas le choix ? Ils avaient le choix et ils pouvaient - avec une volonté sincère de défendre le patrimoine royal - faire fructifier, y compris sur le plan numéraire, cet incroyable patrimoine, tout en le conservant au service des français. Mais pour cela il aurait fallu deux choses qui manquent, semble-t-il, à cette Famille d'Orléans qui se dit Maison de France : la conscience de sa mission et la digne unité d'une famille princière.

A cette charge véhémente, nous apporterons une nuance en soulignant l'attitude, nettement plus princière, de l'héritier dynastique de la Famille d'Orléans : le prince Jean, duc de Vendôme.

S.A.R. le prince Jean, duc de Vendôme

En rachetant, lors d'une transaction privée, selon les informations - fiables - de Point de Vue, le collier du Saint-Esprit porté lors du dernier sacre d'un roi de France par son ancêtre, le roi Louis-Philippe, et la croix, du même Louis-Philippe, combinant insignes du Saint-Esprit et de Saint-Michel, extraordinaire synthèse royale, il se pose en défenseur du patrimoine royal et, plus encore, en défenseur des plus précieux symboles de la monarchie française. Anecdotiquement, cette transaction nous indique aussi a priori que les Orléans ne manquent pas de moyens financiers.

Nous saluons ce geste très princier du duc de Vendôme, prince avec lequel nous avons nos désaccords, nombreux, mais pour lequel nous n'avons jamais cessé de témoigner une très sincère affection et un respect mérité. Avec son association Gens de France et sa volonté personnelle de promouvoir le patrimoine et l'Histoire royale de notre pays, le prince Jean semble plus conscient que ses autres parents des missions inhérentes à une Famille qui se veut Maison de France.

Laissons nous aller un instant à un peu de fiction. Les royalistes les plus fervents trouveront sans nul doute notre position trop dure voire scandaleuse (nos positions ont déjà été caricaturées et combattues par l'outrance, nous y sommes habitués). Mais nous les invitions très fraternellement à ce petit exercice : que ce serait-il passé si la Famille d'Orléans, agissant pleinement en sa qualité de Maison de France, avait préféré protéger son héritage et donner au peuple français la jouissance de ces innombrables trésors ? Un accord aurait sans doute pu être passé afin qu'il y ait un dédommagement, voire un contrat de partage - sur une durée limitée - des revenus de certains lieux, ou je ne sais quel autre arrangement. Bref, nous pouvons tout imaginer et croire que l'Etat, sans nul doute aidé par la Famille d'Orléans, aurait trouvé une solution profitable à tous.

Cette donation vraiment royale aurait connu à coup sûr une médiatisation plus large - et plus glorieuse - que cette attristante dispersion chez Sotheby's. Les princes d'Orléans, que ce soit le comte de Paris ou son fils, le duc de Vendôme, voire les autres membres de cette vaste fratrie, auraient pu être invités dans différentes émissions, de télévision ou de radio, répondre à des interviews écrites, se féliciter de quelques papiers de la presse tout à la gloire de ce geste qui aurait rappelé au peuple français les vertus princières de sa Famille royale, inconnue d'ailleurs à tant de nos compatriotes qui auraient pu découvrir, à l'occasion de ce moment heureux, l'existence de ces héritiers de leurs Rois de France. Quand on voit le succès des émissions de Stéphane Bern ou de Franck  Ferrand, la fascination toujours maintenue des français pour leur Histoire, la fréquentation de Versailles ou d'autres grands lieux, le succès en librairie du livre de Lorànt Deutsch, qui peut douter qu'une telle donation n'aurait pas eu un bel écho dans la Nation ? Les Orléans auraient d'ailleurs pu s'investir pour nourrir cet écho et revenir dans le regard, si ce n'est dans le coeur, de leurs concitoyens.

Naturellement, nous achèverons ces réflexions en rappelant quelle fut l'action de notre Famille impériale lorsqu'elle affronta elle aussi la périlleuse question d'un patrimoine si vaste reçu en succession privée. Le Prince Victor, successeur dynastique du Prince Impérial, avait consacré sa vie toute entière à la défense du patrimoine napoléonien et du souvenir associé à ce dernier. Accumulant tout au long de son existence de nombreuses pièces et ayant reçu familialement, notamment par l'héritage touché à la mort de l'Impératrice  Eugénie, un fabuleux trésor patrimonial, ses enfants demeurèrent fidèles à l'esprit de ce prince aussi discret que sincère et généreux. Le Prince Victor disparut en 1926 et sa veuve, la princesse Clémentine de Belgique, le rejoignit en 1955. Ils laissaient deux enfants : un fils, le Prince Louis, Prince Napoléon et Chef de la Maison impériale de France, et une fille, la Princesse Marie-Clotilde, comtesse de Witt par son mariage, en 1938 avec le comte Serge de Witt. De 1939 à 1957 naquirent les douze petits-enfants de Victor et Clémentine. La perspective d'une scission du patrimoine napoléonien s'épaississait. Le patrimoine de la Famille impériale devait finir tort ou tort par s'atomiser en autant de parts que d'héritiers du Prince Victor et de la Princesse Clémentine.

Prévenant une telle extrémité, le Prince Napoléon et son épouse, la Princesse Alix de Foresta, ainsi que sa soeur, la Princesse Marie-Clotilde, choisirent en 1979 de faire don à l'Etat d'un incroyable trésor patrimonial composé de meubles, de bijoux, de souvenirs et d'archives - aujourd'hui conservées aux Archives Nationales au sein du vaste fond 400AP. Déjà depuis 1968, la Famille impériale, à travers son chef, le Prince Napoléon, prêtait aux musées de Bois-Préau et de Compiègne de nombreux objets napoléoniens. Avec la donation de 1979 et l'arrivée de tant de trésors incroyables, les musées napoléoniens furent réorganisés et ce don partagé entre Fontainebleau - où on put ouvrir en 1986 le musée consacré à l'Empereur et sa Famille -, Compiègne et Malmaison. Pour esquisser la valeur de ces trésors nous ne citerons que deux pièces fascinantes qui furent données par la Famille impériale à la France et à son Peuple lors de cette donation : l'épée du Sacre de Napoléon et le berceau du Roi de Rome.

Si seulement la Famille d'Orléans avait pu se comporter avec autant de dignité et de conscience de sa mission historique qu'avait réussi à le faire la Maison impériale de France. Cette dispersion de nos trésors royaux nous attriste. Elle touche non seulement notre patrimoine, vendu au plus offrant, mais plus encore elle nous atteint dans la symbolique attachée à une Famille se voulant de France mais n'en défendant par ses actes ni le passé ni l'avenir.

Au milieu de cette braderie, un prince se détache et nous rendons hommage à Son Altesse royale le prince Jean, duc de Vendôme, qui se pose une fois encore comme le vrai continuateur des missions attachées à la Famille d'Orléans. Réussira-t-il à redorer le blason de cette Famille ? Réussira-t-il à redonner la jouissance à la Famille d'Orléans des dignités de Maison de France ? L'avenir nous le dira. Nous lui souhaitons bonne chance. Quelque soit notre opinion, quelque soit notre fidélité dynastique, sa mission, au regard de notre patrimoine et de notre Histoire, est essentielle et nous désirons sincèrement sa réussite.

L'attristante dispersion du patrimoine royal en cette fin septembre 2015 rend cette dernière tout à la fois plus difficile et plus nécessaire que jamais.

2 commentaires:

  1. Je trouve dommage qu'ils aient effectués cette vente. Je pense qu'il aurait pu créer un musée s'ils voulaient de l'argent et même louer ou vendre à des musées français pour qu'au moins ça reste en France.
    Heureusement que le duc de Vendôme est pu racheter le collier et la croix du Saint-Esprit.
    Triste nouvelle.

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    1. Tout à fait, la création d'un musée familial aurait pu être une excellente façon pour la Famille d'Orléans de s'investir dans la promotion de son patrimoine royal !

      Mais n'est pas le duc d'Aumale qui veut.

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